Les Palestiniens suspendent les négociations de sécurité avec Israël
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Les Palestiniens suspendent les négociations de sécurité avec Israël

Un haut responsable du Fatah, Saeb Erekat, déclare que l'Autorité palestinienne, va maintenant se prononcer sur la nature future des relations avec Israël

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas (à droite) et le responsable des négociations pour la paix, Saeb Erekat, signent une candidature pour intégrer les organismes de l'ONU, à Ramallah, en Cisjordanie, le mardi 1er avril 2014. (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)
Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas (à droite) et le responsable des négociations pour la paix, Saeb Erekat, signent une candidature pour intégrer les organismes de l'ONU, à Ramallah, en Cisjordanie, le mardi 1er avril 2014. (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)

Le négociateur en chef palestinien, Saeb Erekat, a déclaré mardi que les réunions de sécurité bilatérales entre Israël et les Palestiniens ont été suspendues et que la nature des relations futures avec Israël sera réexaminée.

Le Comité exécutif de l’OLP se réunira mercredi pour discuter de « la nature des relations futures avec Israël », a déclaré Erekat, selon un rapport publié par l’agence d’informations palestinienne Maan.

L’Autorité palestinienne a menacé pendant des mois de mettre fin à la coopération sécuritaire avec Israël sur la poursuite de l’activité des forces de sécurité israéliennes en Cisjordanie.

Plus tôt dans la journée, Erekat, ancien négociateur en chef des pourparlers de paix avec Israël, a déclaré à une station de radio du gouvernement palestinien que la suspension des réunions bilatérales entre les responsables de la sécurité palestiniens et israéliens était intervenue « après que les Palestiniens ont reçu un message clair qu’Israël ne respecterait pas les accords déjà signés, mais plutôt qu’il allait continuer à piller les territoires palestiniens ».

Un autre facteur dans la décision récente a été le rejet par Israël d’une initiative de paix française pour relancer les pourparlers de paix, a déclaré Erekat.

Erekat a également dit que le comité central du mouvement du Fatah s’était réuni la veille et qu’il soumettrait des recommandations « importantes » au comité exécutif qui « seraient rendues public si approuvées ».

Ses commentaires ont été prononcés alors que la Dixième chaîne rapportait que l’armée israélienne avait considérablement réduit ses activités dans les villes palestiniennes de la zone A et que les relations de sécurité avec la mise en place de la sécurité palestinienne étaient toujours bonnes.

Le rapport indique que, alors que par le passé, l’armée israélienne effectuait 90 % des arrestations des suspects de terrorisme dans les villes palestiniennes, ce chiffre est maintenant tombé à 60 %, les services de sécurité palestiniens prenant en charge le reste. Selon le rapport, les incursions de Tsahal en Cisjordanie ont récemment chuté à des dizaines par mois, contre des centaines il y a encore peu.

Israël et l’Autorité palestinienne ont négocié ces derniers mois sur un changement de statu quo pour la zone A – régions de la Cisjordanie qui sont sous le contrôle de l’Autorité palestinienne mais où l’armée israélienne continue de d’intervenir lorsque cela est jugé nécessaire.

L’armée israélienne a commencé à y opérer durant l’opération Rempart en 2002 – une campagne militaire israélienne massive visant à étouffer le terrorisme pendant la Seconde Intifada – et a continué à le faire depuis.

La majorité des Palestiniens vivent dans la zone A, principalement dans les centres urbains qui sont sous administration complète de l’AP, tel qu’énoncé par les accords d’Oslo de 1993.

Alors que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a rejeté l’idée que l’armée israélienne cesserait complètement ses activités dans la zone A – une idée qui a également été contestée par le Shin Bet – il reste possible que l’armée israélienne continuerait à limiter ses opérations dans les zones essentiellement palestiniennes.

Benjamin Netanyahu et Naftali Bennett à la Knesset (Crédit : Flash 90)
Benjamin Netanyahu et Naftali Bennett à la Knesset (Crédit : Flash 90)

Le ministre de l’Éducation Naftali Bennett, du HaBayit HaYehudi, s’est fermement opposé à toute limitation des opérations de Tsahal en Cisjordanie, provoquant une fracture nette avec Netanyahu, qui a récemment menacé de le congédier dans un différend sur la question.

Le Premier ministre a précisé, néanmoins, que les forces de sécurité continueraient d’intervenir chaque fois que nécessaire en Cisjordanie pour empêcher le terrorisme.

Les liens de sécurité avec les Palestiniens ont été salués par plusieurs personnes de l’establishment de la sécurité israélienne, alors qu’Israël lutte pour arrêter une vague de terreur qui a commencé il y a sept mois et a déjà coûté la vie à 29 Israéliens et quatre ressortissants étrangers.

Près de 200 Palestiniens ont également été tués dans cette période, les deux tiers d’entre eux alors qu’ils effectuaient des attaques et le reste lors d’affrontements avec les troupes.

Le dernier incident est survenu mardi soir, quand Ahmed Riad Shehadeh, 36 ans, a lancé une attaque à la voiture-bélier contre trois soldats de Tsahal sur une route près de la colonie de Dolev en Cisjordanie. Un des soldats a été sérieusement blessé, un autre modérément, et le troisième légèrement.

Shehadeh a été abattu par les forces de sécurité.

Une ambulance sur la scène d'une possible attaque à la voiture-bélier à Dolev, le 3 mai 2016 (Crédit : Magen David Adom)
Une ambulance sur la scène d’une possible attaque à la voiture-bélier à Dolev, le 3 mai 2016 (Crédit : Magen David Adom)

L’équipe du Times of Israel, l’AFP et l’AP ont contribué à cet article

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