Rechercher

Liberman ne siègera pas avec le Likud tant qu’il est dirigé par Netanyahu

Le ministre des Finances sortant refuse d'envisager un partenariat avec les partis ultra-orthodoxes ; selon lui, les États-Unis exerceront une "pression" sur la future coalition

Le ministre des Finances Avigdor Liberman s'adressant aux militants de son parti Yisrael Beytenu lors de l'annonce des résultats des élections israéliennes, au siège de campagne du parti, à Modiin, le 1er novembre 2022. (Crédit : Flash90)
Le ministre des Finances Avigdor Liberman s'adressant aux militants de son parti Yisrael Beytenu lors de l'annonce des résultats des élections israéliennes, au siège de campagne du parti, à Modiin, le 1er novembre 2022. (Crédit : Flash90)

L’ancien ministre des Finances, Avigdor Liberman, a déclaré vendredi qu’il avait rejeté une invitation du Likud à rejoindre la future coalition du bloc de Netanyahu (droite, religieux et extrême-droite).

Le ministre sortant a déclaré au site d’information Ynet qu’un membre du Likud l’avait approché après le vote du 1er novembre, lui demandant s’il était prêt à rejoindre un gouvernement dirigé par le parti victorieux de Netanyahu.

Liberman a répondu qu’il n’avait « aucun problème » à rejoindre un gouvernement aux côtés du Likud, mais seulement après le départ à la retraite de Netanyahu.

Mais Netanyahu n’est pas le seul obstacle à son entrée dans le futur gouvernement. Liberman a déclaré qu’ « il n’y avait rien à ajouter » en ce qui concerne un gouvernement aux côtés des partis ultra-orthodoxes Shas et Yahadout HaTorah.

Bien qu’il ait commencé sa carrière en tant qu’allié de Netanyahu, Liberman, président du parti nationaliste et laïc Yisrael Beytenu, a, ces dernières années, catégoriquement refusé de rejoindre un gouvernement dirigé par le leader du Likud et des partis ultra-orthodoxes. Les alliés de Netanyahu ont accusé Liberman d’antisémitisme pour ses remarques considérées comme nuisibles à la communauté ultra-orthodoxe.

Les résultats définitifs des élections du 1er novembre ont donné aux partis fidèles à Netanyahu 64 sièges à la Knesset, contre 51 pour la coalition actuelle.

Avigdor Liberman, alors ministre de la Défense, et Benjamin Netanyahu, alors Premier ministre, à la Knesset, le 23 octobre 2017. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Le Likud de Netanyahu sera le plus grand parti de la Knesset, mais le principal succès des élections a été la montée en puissance de la faction d’extrême-droite, HaTzionout HaDatit, alliée de Netanyahu, qui comprend le parti Otzma Yehudit d’Itamar Ben Gvir – que Tsahal a refusé d’enrôler en raison de ses activités et positions extrémistes – et le parti Noam d’Avi Maoz, notoirement anti-LGBT.

Selon Liberman, Netanyahu souhaite introduire une force modératrice au sein du gouvernement, car il a conscience qu’il sera confronté à des difficultés dans une coalition avec l’extrême-droite. Le ministre des Finances a notamment prédit que l’administration Biden exercerait une « pression importante » sur le gouvernement.

Le parti de centre-droit HaMahane HaMamlahti, dirigé par Benny Gantz, Gideon Saar et Gadi Eisenkot, a également exclu de former une coalition avec Netanyahu et le parti HaTzionout HaDatit.

Un jour seulement après les élections, un article d’Axios indiquait que l’administration Biden était susceptible de boycotter Ben Gvir s’il était nommé à un poste ministériel comme cela est prévu.

Liberman aurait également rencontré des hauts fonctionnaires du Trésor au lendemain des élections législatives, leur disant de se préparer à régler leurs horloges « 2000 ans en arrière, parce que c’est ce que cette coalition engendrera », suggérant que le bloc de Netanyahu (droite, religieux et extrême-droite) imposera des politiques archaïques au ministère des Finances.

« Netanyahu doit être un kamikaze chiite pour donner aux ultra-orthodoxes le ministère des Finances et le Trésor à Smotrich », a-t-il déclaré. Il a également affirmé que le chef du parti HaTzionout HaDatit ignorerait Netanyahu et ferait ce qu’il voudra une fois qu’il sera nommé.

Liberman a mené une série de réformes, au sein du ministère des Finances, qui ont souvent été considérées comme visant directement les subventions accordées aux communautés ultra-orthodoxes.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...