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Mécontent de la riposte à Gaza, Otzma Yehudit boycotte la Knesset

Des fractures apparaissent au sein du gouvernement Netanyahu, qui doit faire face à une pression interne croissante sur sa politique intérieure et au conflit avec les Palestiniens

Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir en tournée, à Lod, le 17 avril 2023. (Crédit : Flash90)
Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir en tournée, à Lod, le 17 avril 2023. (Crédit : Flash90)

Citant la « faible » réponse de leur propre gouvernement à la salve de roquettes tirée la veille en provenance de la bande de Gaza, les membres du parti d’extrême-droite Otzma Yehudit ont annoncé mercredi matin qu’ils boycotteraient les votes de la Knesset qui se dérouleront tout au long de la journée.

Il s’agit de la dernière d’une série de fractures au sein du gouvernement de droite radicale du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui est confronté à une pression interne croissante en raison de ses projets de réforme du système judiciaire, de l’augmentation du coût de la vie et de l’aggravation du conflit avec les Palestiniens.

« À la lumière de la faible réaction de la nuit, la faction Otzma Yehudit a décidé de ne pas participer aux votes de la Knesset aujourd’hui et tiendra une réunion spéciale dans la ville de Sderot [près de la frontière avec Gaza] », a déclaré le parti dans un bref communiqué.

Le boycott d’Otzma Yehudit laissera la coalition avec 58 voix, soit plus que les 56 voix de l’opposition, ce qui signifie que l’annonce n’aurait que peu de répercussions sur le terrain.

Cette décision survient alors que le chef du parti d’extrême-droite, le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, est soumis à une pression accrue en raison de l’augmentation des attaques terroristes et de la forte hausse du nombre de meurtres depuis son entrée en fonction en décembre, alors qu’il s’était engagé à assurer une plus grande sécurité aux citoyens.

Quelques heures avant l’annonce d’Otzma Yehudit, Israël et les groupes terroristes de Gaza se sont mis d’accord sur un cessez-le-feu après une journée de violence déclenchée par la mort d’un membre important du groupe terroriste du Jihad islamique palestinien, Khader Adnan, qui faisait une grève de la faim dans une prison israélienne, ont rapporté Al Jazeera et Reuters, citant des sources palestiniennes.

Les forces de sécurité israéliennes inspectant une voiture endommagée par une roquette tirée depuis Gaza, à Sdérot, le 2 mai 2023. (Crédit : Gil Cohen-Magen/AFP)

Tsahal a déclaré que des terroristes palestiniens avaient lancé 104 projectiles depuis Gaza, dont un qui a touché un chantier de construction à Sderot et blessé trois ressortissants étrangers – un modérément et deux légèrement.

Le système de défense aérienne Dôme de fer a intercepté 24 des projectiles, marquant un taux d’interception de 90 % des roquettes se dirigeant vers des zones peuplées, a déclaré le porte-parole de Tsahal, le contre-amiral Daniel Hagari. 48 autres projectiles ont atterri dans des zones ouvertes du sud d’Israël, 14 n’ont pas atteint la bande de Gaza, 11 ont atterri en mer et 7 n’ont pas encore été retrouvés.

Tout au long de la journée de mardi, le gouvernement a fait l’objet d’intenses pressions pour qu’il réponde avec force aux tirs de roquettes, de nombreuses demandes émanant de la coalition Netanyahu.

Flammes et fumée lors d’une attaque aérienne israélienne en réponse à des tirs de roquettes, à Gaza, le 3 mai 2023 (Crédit : Atia Mohammed/Flash90)

Le bloc de Netanyahu (droite, religieux et extrême-droite) est arrivé au pouvoir il y a quatre mois, porté par des promesses de rétablissement de la sécurité, mais sa cote de popularité a depuis sombré en raison des retombées de ses projets controversés de réforme du système judiciaire et d’une vague incessante d’attaques terroristes palestiniennes.

En réponse aux tirs de roquettes en provenance de Gaza, Tsahal a frappé 16 cibles appartenant aux groupes terroristes du Jihad islamique palestinien et du Hamas dans la bande de Gaza au cours de la nuit, selon Hagari.

Parmi ces cibles, un camp d’entraînement des combattants ; un site où se trouvait un atelier de fabrication d’armes, une usine de production en béton, un site hébergeant les commandos navals de l’organisation et un tunnel utilisé par le groupe terroriste, dans le sud de Gaza.

Le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l’autorité du Hamas, a fait savoir qu’un homme de 58 ans, Hashel Mubarak, avait été tué lors d’une frappe israélienne commise aux abords de Gaza City. Cinq personnes ont aussi été blessées.

Cette réponse n’a pas satisfait les membres les plus radicaux du gouvernement de Netanyahu.

Mercredi matin, la ministre des Missions nationales, Orit Strouk, membre du parti d’extrême-droite HaTzionout HaDatit, a accusé ses partenaires de coalition de « poursuivre les politiques du gouvernement précédent ».

« Gaza ne paie pas le prix du terrorisme du Hamas… La réponse de Tsahal au cours de la nuit ne peut être qualifiée de proportionnelle. Nous aurions dû nous réveiller [ce matin avec des scènes] de plusieurs tours détruites à Gaza et de plusieurs archi-terroristes rejoignant leur camarade [Adnan] mort en prison », a-t-elle déclaré à la radio publique israélienne Kan.

La députée Orit Strouk s’exprimant lors d’une visite des membres du parti HaTzionout HaDatit dans le quartier de Netiv Haavot, dans le Gush Etzion, en Cisjordanie, le 26 octobre 2022. (Crédit : Gershon Elinson/Flash90)

Le député Danny Danon (Likud) s’est fait l’écho de Strouk en déclarant à Kan qu’en ne réagissant pas durement, Israël « invitait à la prochaine série » de violences.

L’ancien Premier ministre Naftali Bennett a fait remarquer qu’il y avait eu plus de roquettes tirées sur Israël mardi que le nombre de roquettes lancées sur l’État juif pendant son mandat d’un an en tant que Premier ministre, qui avait été qualifié de faible par le bloc de Netanyahu (droite, religieux et extrême-droite).

« Le gouvernement Netanyahu a ‘endigué’ les roquettes en provenance du Liban, de la Syrie et de Gaza, il n’est donc pas étonnant que l’ennemi continue à tirer », a-t-il tweeté.

Le maire de Sderot, Alon Davidi, s’est joint aux partenaires de la coalition d’extrême-droite de Netanyahu dans leurs protestations. « Je suis gêné et je ne comprends pas mon gouvernement, qui adopte une politique d’immunité pour les terroristes et qui fait l’autruche. Netanyahu commet une grave erreur », a-t-il déclaré à la radio 103FM.

Alon Davidi, maire de la ville de Sderot, dans le sud d’Israël, lors d’une conférence de presse, à Jérusalem, le 27 mars 2017. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

La décision d’Otzma Yehudit de boycotter les votes de mercredi à la Knesset vient s’ajouter alors que le gouvernement est déjà confronté à un conflit interne croissant sur ses politiques intérieures.

Mardi, les politiciens ultra-orthodoxes de la coalition ont intensifié leur rhétorique contre Netanyahu, un ministre déclarant que le Premier ministre devrait quitter son poste s’il ne peut pas tenir ses promesses d’adopter une loi exemptant la communauté ultra-orthodoxe du service militaire, et un député laissant entendre que son parti pourrait ne pas voter le budget de l’État, ce qui aurait pour effet de renverser la coalition.

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