Moshe Vardi : les robots pourront occuper des ’emplois humains’ d’ici 30 ans
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Moshe Vardi : les robots pourront occuper des ’emplois humains’ d’ici 30 ans

Le chercheur affirme que la société fait face à son plus grand défi : trouver un sens dans une vie essentiellement gérée par des machines

Entourés d'officiels israéliens et chinois, Zvi Shiller et Zhang Jin (centre gauche) signent un accord pour ouvrir un nouveau centre de recherche et développement robotiques en Israël. (Crédit : Autorisation)
Entourés d'officiels israéliens et chinois, Zvi Shiller et Zhang Jin (centre gauche) signent un accord pour ouvrir un nouveau centre de recherche et développement robotiques en Israël. (Crédit : Autorisation)

Un professeur israélien de renom dans le domaine de l’informatique a affirmé que les robots pourraient prendre en charge la plupart des emplois que les humains occupent au cours des 30 prochaines années, ce qui laissera l’humanité avec beaucoup de temps libre et peu à faire.

Moshe Vardi, de l’université Rice à Houston au Texas a déclaré lors de la réunion annuelle de l’Association américaine pour l’avancement des sciences à Washington samedi que le défi majeur de la société dans les décennies à venir sera de trouver un sens dans une vie qui sera essentiellement automatisée.

« Nous nous approchons d’un moment où les machines seront en mesure de surpasser les humains dans presque toutes les tâches », a déclaré Vardi.

« Les robots occupent de plus en plus d’emplois que les gens avaient l’habitude de faire. Les pharmaciens, les gardiens de prison, le désossage de poulet, le poste de barman, et de plus d’emplois encore, nous sommes en mesure de les mécaniser ».

Avec des robots qui éliminent de nombreux emplois de la classe moyenne, selon Vardi, le chômage pourrait augmenter au-delà de 50 %.

« Je crois que la société doit faire face à cette question avant que nous y soyons confrontés : si les machines sont capables de faire presque tous les travaux que les êtres humains peuvent faire, qu’est-ce que les humains pourront faire ? … La question que je veux faire valoir est : ‘est-ce que la technologie que nous développons finalement est au profit de l’humanité ?’ ».

La mise en garde de Vardi a rapidement fait les Unes des médias internationaux samedi.

Alors que beaucoup de personnes pourraient apprécier l’idée d’une existence avec quelques heures de travail et une grande quantité de temps libre, Vardi a expliqué qu’il n’était pas du tout certain que cela serait sain pour la race humaine.

Moshe Vardi, un professeur d'informatique à l'université Rice, à Houston au Texas (Crédit : Capture d'écran YouTube)
Moshe Vardi, un professeur d’informatique à l’université Rice, à Houston au Texas (Crédit : Capture d’écran YouTube)

« L’une des réponses typiques est de dire que si les machines peuvent faire tout notre travail, nous aurions plus de temps pour des loisirs », a-t-il souligné.

« Je ne trouve pas que cela soit un avenir prometteur, je ne trouve pas que la perspective d’une vie dominée par les loisirs soit une vie attrayante. Cela me semble être une dystopie. Je crois que le travail est essentiel au bien-être de l’être humain ».

« L’humanité est sur le point de faire face à ce qui est peut-être son plus grand défi qu’elle ait jamais connu, ce qui est de trouver un sens à sa vie après la fin du : ‘c’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain’… Nous devons nous montrer à la hauteur et relever ce défi quand le travail humain deviendra obsolète ».

Vardi a remporté trois IBM Outstanding Innovation Awards ainsi que le Prix Gödel pour des articles remarquables dans le domaine de l’informatique théorique.

Il a présidé le département d’informatique de l’université de Rice entre 1994 et 2002. Il est l’auteur de plus de 400 articles techniques de son domaine.

En décembre, le Times of Israel a indiqué que la Chine allait investir 20 millions de dollars dans la technologie robotique israélienne, dans l’espoir que ce que la technologie qu’Israël développera l’aidera à propulser son économie.

L’Association israélienne de la Robotique a signé un accord avec un groupe d’investisseurs chinois et la ville de Guangzhou, l’un des plus grands centres industriels de la Chine, pour construire un centre de recherche et dévéloppement dans le domaine de la robotique en Israël dédié au développement de la technologie robotique que la Chine utilisera pour automatiser et moderniser sa base industrielle.

Zvi Shiller, un professeur au département du génie mécanique et mécatronique de la faculté d’ingéniérie de l’université Ariel et le président de l’Association israélienne de robotique, a déclaré qu’Israël est l’un des pays les plus avancés dans le monde dans le développement des robots et de la recherche, « mais nous n’avons pas beaucoup l’opportunité de déployer cette technologie parce que notre économie est trop petite ».

« La Chine est une opportunité majeure pour nous et les industriels de Chine sont très motivés pour profiter de notre technologie. Il y a des milliers d’usines qui sont intéressés par la technologie développée à l’Institut. C’est comme une seconde révolution industrielle – et la technologie israélienne est au centre de celle-ci ».

Les économistes et les décideurs sont de plus en plus conscients des problèmes posés par les progrès de l’intelligence artificielle, qui rendent les humains obsolètes dans de nombreux domaines.

Les scientifiques et les experts en technologie – dont le professeur Stephen Hawking, l’entrepreneur Elon Musk et le co-fondateur d’Apple, Steve Wozniak – ont mis en garde contre les dangers des robots autonomes sur le champ de bataille.

David Shamah a contribué à cet article.

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