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Nachman Ash : la durée des gardes des internes sera progressivement réduite

Le directeur du ministère de la Santé dit comprendre que les internes attendaient davantage des négociations, mais qu'il est impossible de procéder à des changement radicaux

Des internes en médecine manifestent pour de meilleures conditions de travail devant le ministère de la Santé à Tel Aviv, le 7 octobre 2021. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Des internes en médecine manifestent pour de meilleures conditions de travail devant le ministère de la Santé à Tel Aviv, le 7 octobre 2021. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Après que plus de 2 500 internes en médecine ont démissionné en masse jeudi pour protester contre les gardes de 26 heures qu’ils sont obligés de faire, le directeur général du ministère de la Santé, Nachman Ash, a déclaré que la diminution de leurs heures de travail prendrait plusieurs années.

« Le plan est le début d’un chemin important et significatif », a déclaré Ash au radiodiffuseur public Kan, promettant de mettre en œuvre la proposition de réduire à terme la durée des gardes à 18 heures.

« Il faudra quelques années pour que nous n’échouions pas dans cette voie. Malheureusement, les internes ne l’acceptent toujours pas. Je comprends qu’il y avait de plus grandes attentes, et je crois que nous allons nous asseoir ultérieurement et parvenir à des accords », a-t-il ajouté.

Les 2 590 médecins en formation ont signé leurs lettres de démission qui ont été remises au bureau de santé du district de Tel Aviv par le Dr Ray Bitton, chef de l’organisation Mirsham, qui regroupe les internes en médecine.

« À mon grand regret, nous sommes réunis ici en ce triste jour qui s’est abattu sur Israël, où nous sommes douloureusement contraints de prendre une mesure drastique et de présenter les lettres de démission de plus de
2 500 internes », a déclaré la Dr Bitton devant le bureau.

Ces démissions interviennent après que les internes ont rejeté une proposition du gouvernement visant à réduire progressivement les 26 heures de travail à 18 heures d’ici 2026, mais seulement dans 10 hôpitaux situés dans des zones périphériques.

« Je demande aux internes de comprendre que c’est le début d’un chemin très important, et il est important de le faire de manière responsable. Si nous l’élargissons, il y a des choses que nous ne pouvons pas mettre en œuvre », a déclaré Ash à la chaîne Kan, laissant entendre que le mouvement serait encore limité.

Le directeur-général du ministère de la Santé Nachman Ash lors d’une conférence de presse à Jérusalem, le 29 août 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

« Nous avons étudié les choses en profondeur. Nous sommes déterminés à mettre en œuvre la diminution de la durée des gardes pour tout le monde, mais de manière responsable et progressive. Dès que possible », a-t-il ajouté.

Vendredi, Bitton a accusé le ministère de la Santé de ne pas mener de « véritable dialogue » avec le groupe des internes en médecine.

« Il n’y a pas de mise en page, mais un plan pour 2022 et ensuite de vagues promesses pendant cinq ans sans promesse budgétaire, donc chaque année nous devrons nous battre à nouveau. Si nous voulons un véritable changement, nous avons besoin d’une proposition sérieuse et bien structurée », a déclaré Bitton à Kan.

Dr. Ray Bitton, directrice de Mirsham, une organisation qui représente les internes en médecine, le 21 janvier 2021. (Crédit : capture d’écran Globes)

Le gouvernement avait promis qu’après le programme pilote dans les 10 hôpitaux périphériques, le plan serait étendu à tous les hôpitaux plus tard, mais seulement si le budget nécessaire pouvait être trouvé et si la commission chargée d’examiner la question constate qu’il n’y a pas eu de détérioration du niveau des soins médicaux.

Les démissions de jeudi ne prendraient effet que dans deux semaines, selon les médias israéliens, qui ne précisent pas si elles sont révocables par la suite.

La lettre, adressée au ministre de la Santé Nitzan Horowitz (Meretz), indique qu’ils ne sont pas motivés par un intérêt personnel et qu’il devrait être une priorité nationale que les personnes qui arrivent dans les hôpitaux soient traitées par des médecins « qui ne sont pas épuisés, fatigués, déconcentrés et sans empathie en raison des conditions inhumaines. »

Les internes ont écrit qu’il est devenu clair pour eux qu’ils ont été « abandonnés » et ont accusé Horowitz de ne pas avoir respecté ses promesses de diminution de la durée des gardes pour tous les internes.

Le ministre de la Santé Nitzan Horowitz s’exprime lors d’un point de presse le 21 juillet 2021. (Capture d’écran : Facebook)

Horowitz a insisté jeudi sur le fait que la proposition du gouvernement était « un changement historique, une révolution ». Il a déclaré que la question des gardes des internes était « une question difficile et complexe. Il y a beaucoup d’opinions, d’intérêts, de limitations budgétaires, et surtout une pénurie de main-d’œuvre après des décennies de négligence ».

Le ministre a affirmé que la plupart des réactions qu’il avait obtenues des internes et des médecins avaient été positives, même s’il a admis que certains étaient déçus et souhaitaient un changement plus radical. « Moi aussi, je voudrais que [le changement] se fasse d’un seul coup dans tout le pays, mais ce n’est pas possible, car il n’y a tout simplement pas assez de médecins pour assurer les gardes manquantes », a-t-il déclaré.

« Notre plan n’est pas parfait, mais c’est le début d’un changement historique ».

Des internes en médecine manifestent pour de meilleures conditions de travail à Tel Aviv, le 4 octobre 2021. (Tomer Neuberg/Flash90)

Jusqu’en 2000, les internes faisaient des gardes de 36 heures, et parfois même plus. Cette année-là, un accord avait été signé pour réduire les gardes à 26 heures, avec une pause de deux heures, selon le quotidien économique The Marker.

En 2012, à la suite d’appels à une nouvelle réduction des horaires, le gouvernement a modifié le permis de travail irrégulier afin de limiter les internes à deux quarts de travail par semaine et de leur interdire de travailler plus de 71,5 heures par semaine, selon le même site d’information économique.

Malgré cette nouvelle réglementation, la plupart des hôpitaux ne l’ont pas appliquée.

Selon un sondage de 2016 publié sur le site d’actualités économiques, 72 % des internes ont travaillé plus de 26 heures d’affilée au moins une fois par mois, 42 % n’ont pas dormi pendant leur schift et 27 % ont travaillé plus de 71,5 heures par semaine.

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