Nouvelle exposition de Yad Vashem à l’occasion des 60 ans du procès Eichmann
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Nouvelle exposition de Yad Vashem à l’occasion des 60 ans du procès Eichmann

Le mémorial a ouvert une nouvelle exposition en ligne, "Le procès Eichmann, ‘À mes côtés se tiennent six millions d’accusateurs’"

Le criminel de guerre nazi Adolph Eichmann dans une cabine de verre protectrice, entouré par la police israélienne, lors de son procès le 22 juin 1961 à Jérusalem. (Crédit : GPO)
Le criminel de guerre nazi Adolph Eichmann dans une cabine de verre protectrice, entouré par la police israélienne, lors de son procès le 22 juin 1961 à Jérusalem. (Crédit : GPO)

Le mémorial de Yad Vashem, à Jérusalem, marquera ce mercredi soir la cérémonie officielle d’ouverture de Yom HaShoah, en présence du président d’Israël, du Premier ministre, d’officiels et de rescapés de la Shoah. Le thème central de cette année sera « Jusqu’au dernier Juif : Il y a 80 ans, débutait l’extermination de masse ».

Autre évènement de Yad Vashem : à l’occasion du soixantième anniversaire de l’ouverture du procès Eichmann, le 11 avril, le mémorial a ouvert une nouvelle exposition en ligne, « Le procès Eichmann, ‘À mes côtés se tiennent six millions d’accusateurs’ ».

Débuté le 11 avril 1961, le procès de ce criminel nazi, personnage pivot dans l’extermination des Juifs, a eu un impact considérable pour la prise de conscience de la Shoah. Organisé à la Maison du peuple (Bet Ha’am) de Jérusalem, reconvertie en tribunal d’instance, l’événement a été suivi dans le monde entier.

« Tout au long de sa carrière, il restera un subalterne de la machine de guerre du Reich, mais saura s’adapter à l’évolution de la politique anti-juive et la mener à bien avec dévouement », écrit Yad Vashem. « Cet homme soucieux de son statut, avide de monter en grade, frustré par la mauvaise appréciation dont il fait l’objet au sein de l’appareil nazi en raison de son éducation limitée, aura été l’administrateur et l’organisateur en chef de toute la logistique requise pour mener à bien la ‘Solution finale’. Après la guerre, localisé en Argentine, Eichmann est ramené en Israël par le Mossad en mai 1960. La nouvelle prend de court l’opinion publique. »

Reconnu coupable de la quasi-totalité des chefs d’accusation, Eichmann est le seul homme à avoir été condamné à mort et exécuté en Israël.

« Au moment du verdict, le monde troque son scepticisme pour une admiration sincère. On salue un procès exemplaire : Israël a su juger un criminel de guerre nazi en toute impartialité. Mais au-delà de ses mérites juridiques, le jeune État place, enfin, les rescapés sur le devant de la scène. Pour la première fois, quinze ans après la Shoah, des témoins directs se pressent à la barre et racontent, publiquement, les horreurs endurées pendant la Seconde Guerre mondiale. Une libération de la parole salutaire pour la jeunesse israélienne qui peut alors renouer avec ce passé qu’elle ne pouvait entendre jusque-là. En matière de devoir de mémoire et de transmission de la Shoah, il y a eu un avant et un après Eichmann. »

À partir de documents et photographies extraits des Archives de Yad Vashem, l’exposition revient sur la chronologie des événements : la traque d’Eichmann, sa capture, les préparatifs de son procès, le choix des témoins et l’impact des audiences sur la prise de conscience de la Shoah, en Israël et dans le monde.

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