Ouverture d’une enquête de police sur les accusations visant Meshi-Zahav
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Ouverture d’une enquête de police sur les accusations visant Meshi-Zahav

Cette décision survient 18 mois après que la police a reçu une lettre décrivant les agissements du fondateur de ZAKA mais qu'elle avait enquêté contre son auteur pour diffamation

Le dirigeant de ZAKA, Yehuda Meshi-Zahav. (Yaakov Naumi/Flash90)
Le dirigeant de ZAKA, Yehuda Meshi-Zahav. (Yaakov Naumi/Flash90)

La police a annoncé dimanche l’ouverture d’une enquête sur les accusations d’abus sexuels contre Yehuda Meshi-Zahav, le cofondateur du service d’urgence bénévole ZAKA.

Meshi-Zahav a été initialement accusé jeudi d’agression sexuelle, viol et abus sur six personnes. Ces accusations ont été révélées dans un reportage d’investigation du journal Haaretz. Plus d’une dizaine d’autres témoignages ont fait surface depuis, mais on ignore combien d’affaires sont concernées par le délai de prescription.

Plusieurs heures après l’annonce, Meshi-Zahav a fait savoir qu’il démissionnait de son poste au sein de l’organisation et qu’il rendait le Prix d’Israël qu’il devait recevoir cette année.

Vendredi, la police a commencé à examiner les témoignages des victimes présumées tirés des rapports des médias, ce qui a finalement conduit à la décision de dimanche d’ouvrir officiellement une enquête. Cependant, aucune plainte n’a été officiellement déposée depuis le reportage, a souligné la Douzième chaîne.

La police patrouille dans le quartier ultra-orthodoxe de Mea Shearim, à Jérusalem, le 5 juillet 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Il y a plusieurs années, une femme avait fait part d’allégations d’abus sexuels à l’encontre de Meshi-Zahav, avant de refuser de témoigner contre le puissant chef de ZAKA, ce qui a entraîné la clôture de l’enquête initiale à son encontre. La police s’efforce maintenant de convaincre la femme de témoigner à nouveau, selon la Douzième chaîne. Une victime masculine dans le délai de prescription a également été identifiée et la police s’efforce de l’amener à témoigner, selon la chaîne 13.

L’association Magen, qui s’efforce de soutenir les victimes d’abus sexuels et a contribué à la révélation de l’histoire, a déclaré à la chaîne que la police n’avait pas encore pris contact avec eux afin de rassembler des preuves. Cependant, elle a déclaré être prête à transmettre toutes les informations dont elle dispose contre Meshi-Zahav.

Des responsables de la police ont déclaré à la Douzième chaîne qu’il y avait un décalage important entre les témoignages donnés aux journalistes et ce qui a été recueilli par les enquêteurs jusqu’à présent. Par conséquent, l’enquête risque de prendre un certain temps.

Dans un autre reportage choquant, la Treizième chaîne a déclaré qu’un plaignant anonyme avait écrit une lettre au chef de police intérimaire de l’époque, Motti Cohen, il y a un an et demi, l’alertant sur le passé dangereux de Meshi-Zahav, alors que la police s’apprêtait à participer à un événement majeur célébrant les 30 ans de la fondation de ZAKA.

« Nous savons que des officiers de police sont invités à des événements en sa compagnie et qu’il déploie ses plumes de paon, alors que derrière eux se cache un homme dangereux doté d’un pouvoir sans égal, qui n’a pas encore fait l’objet d’une enquête approfondie pour avoir porté atteinte à des femmes », peut-on lire dans la lettre.

La lettre a donné lieu à une enquête, mais pas sur Meshi-Zahav ; plutôt sur les plaignantes pour avoir calomnié le personnage public. Des suspects ont même été interrogés sous caution, mais l’enquête n’a jamais progressé, rapporte la Treizième chaîne.

Le site d’information a également déclaré que Meshi-Zahav avait depuis longtemps des contacts étroits avec de hauts responsables de la police et qu’il était même payé pour faire des présentations lors de cours de formation sur le travail de ZAKA.

L’équipe de ZAKA sur les lieux de l’attaque au couteau au domicile des Salomon, le 22 juillet 2017 (Crédit : ZAKA)

L’enquête a débuté dimanche, alors que de nouvelles informations ont été apportées sur les allégations selon lesquelles le comportement de Meshi-Zahav était connu depuis des années au sein de la communauté ultra-orthodoxe, mais qu’un code de silence était maintenu.

Shana Aaronson, directrice générale de Magen, a déclaré dimanche à la radio de l’armée que son organisation avait entendu pour la première fois des rumeurs sur Meshi-Zahav il y a quelques années, mais « personne n’était prêt à parler de ce qui s’était passé. Il y a seulement quelques mois, nous avons commencé à recevoir des témoignages précis. »

Sur les six allégations rapportées par Haaretz, la plus ancienne date de 1983, et la plus récente de 2011. Le rapport ajoute que de nombreux résidents de plusieurs quartiers ultra-orthodoxes de Jérusalem étaient au courant des agissements de Meshi-Zahav mais n’ont rien dit ou ne l’ont pas signalé aux autorités.

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