Pologne : un musée pour les Justes qui ont aidé les prisonniers d’Auschwitz
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Pologne : un musée pour les Justes qui ont aidé les prisonniers d’Auschwitz

Ce musée, dédié aux personnes ayant aidé les prisonniers du camp d'extermination nazi, sera installé dans un ancien bâtiment qui servait aux SS

L'entrée du camp d'extermination nazi d'Auschwitz-Birkenau avec le tristement célèbre mot d'ordre "Arbeit macht frei" (Le travail libère). (Crédit : Joël Saget/AFP)
L'entrée du camp d'extermination nazi d'Auschwitz-Birkenau avec le tristement célèbre mot d'ordre "Arbeit macht frei" (Le travail libère). (Crédit : Joël Saget/AFP)

Un nouveau musée, dédié aux Justes polonais qui vivaient près du camp nazi d’Auschwitz-Birkenau, va être installé à l’extérieur de l’enceinte par les autorités polonaises qui veulent ainsi donner « la véritable image de l’époque ».

La création du nouvel établissement, dont le nom provisoire est « le musée des Justes autour d’Auschwitz », a été actée mercredi par le ministre polonais de la Culture Piotr Glinski et les autorités locales d’Oswiecim.

Ce musée dédié aux personnes ayant porté de l’aide aux prisonniers du camp de concentration et d’extermination nazi allemand sera installé dans un ancien bâtiment qui servait aux SS.

« Cette initiative a pour but de compléter la narration liée au camp de concentration et d’extermination par un panorama large, sans lequel il est impossible de comprendre la véritable image de cette époque », a déclaré Glinski à la presse lors de la cérémonie de signature de la lettre d’intention.

Beata Szydlo, Premier ministre de Pologne, vice-présidente du parti conservateur Droit et Justice (PiS), à Varsovie, le 9 novembre 2015. (Crédit : Janek Skarzynski/AFP)
Beata Szydlo, Premier ministre de Pologne, vice-présidente du parti conservateur Droit et Justice (PiS), à Varsovie, le 9 novembre 2015. (Crédit : Janek Skarzynski/AFP)

La Première ministre polonaise Beata Szydlo a elle avancé que ce musée « témoignera des héros, des gens bien et honnêtes ».

« C’est à nous de rappeler au monde qui était le bourreau et qui la victime, qui était le tortionnaire et qui était le héros », a déclaré Szydlo, qui assistait aux commémorations du 77e anniversaire du premier transport des prisonniers polonais dans le camp d’Auschwitz.

Selon l’Institut polonais de la mémoire IPN, chargé de poursuivre les crimes nazis et communistes, et cité par l’agence PAP, plus de 600 Polonais qui vivaient près de l’ancien camp nazi ont été victimes de répression de la part de l’occupant allemand pour avoir aidé les prisonniers.

La Pologne lutte avec véhémence contre l’utilisation par des médias et hommes politiques étrangers de l’expression « camps polonais » à propos des camps de concentration et de la mort installés par l’Allemagne nazie en Pologne occupée, et ses autorités demandent systématiquement qu’elle soit rectifiée.

Le gouvernement conservateur nationaliste projette une loi introduisant une peine allant jusqu’à trois ans de prison pour l’utilisation de cette expression.

Un premier musée dédié au Polonais ayant sauvé des Juifs pendant la Shoah a été inauguré en mars 2016 à Markowa, village du sud-est du pays où une famille fut exécutée par les nazis pour avoir caché une famille juive.

Ce musée était apparu comme un contrechamp à la parution en 2000 du livre de l’historien américain Jan Tomasz Gross Les voisins, qui révélait qu’à Jedwabne, dans le nord-est de la Pologne, des Juifs avaient été brûlés vifs dans une grange par leurs voisins polonais en 1941.

Certains aspects de l’Holocauste demeurent un sujet difficile en Pologne, où des cas d’assassinat ou de dénonciation de Juifs par des Polonais ont été révélés relativement récemment.

Entre 1940 et début 1945, l’Allemagne nazie a exterminé à Auschwitz-Birkenau environ 1,1 million de personnes, dont un million de *juifs de différents pays européens. Ce camp, où quelque 80 000 Polonais non juifs, 25 000 Roms et 20 000 soldats soviétiques ont également trouvé la mort, a été libéré par l’Armée Rouge en janvier 1945.

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