Rafi Peretz : « Nous n’accepterons pas » l’État palestinien du plan de paix Trump
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Rafi Peretz : « Nous n’accepterons pas » l’État palestinien du plan de paix Trump

Le ministre des Affaires de Jérusalem "s'oppose à toute mention" d'un État en Cisjordanie, sur fond d'opposition croissante au plan américain, alors qu'Israël va vers l'annexion

Le ministre de l'Education Rafi Peretz s'exprime lors d'une conférence de presse au bureau du Premier ministre à Jérusalem le 12 mars 2020.  (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Le ministre de l'Education Rafi Peretz s'exprime lors d'une conférence de presse au bureau du Premier ministre à Jérusalem le 12 mars 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le ministre des Affaires de Jérusalem et du Patrimoine, Rafi Peretz, a déclaré vendredi qu’il s’opposerait à certaines parties du plan de paix israélo-palestinien de l’administration Trump, au milieu d’un chœur croissant d’opposition de la droite à l’État palestinien décrit dans le plan.

La déclaration de M. Peretz est intervenue un jour après qu’un membre important du parti Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu, le ministre de l’Energie Yuval Steinitz, a déclaré que le gouvernement israélien n’avait pas entièrement adopté le plan, indiquant que Jérusalem pourrait envisager de n’accepter que les parties qui lui sont favorables.

Les États-Unis ont indiqué que leur reconnaissance de l’annexion unilatérale de la Cisjordanie est subordonnée à la condition qu’Israël agisse dans le cadre de ce plan. Les Palestiniens ont catégoriquement rejeté ce plan.

Peretz, qui dirige la faction de droite HaBayit HaYehudi, a déclaré dans un post sur Facebook qu’il n’accepterait pas la création d’un État palestinien, qui est incluse dans l’ébauche.

« Nous sommes situés à un carrefour historique, l’affaire du siècle nous offre une grande opportunité – celle d’appliquer notre souveraineté en Judée et en Samarie », a écrit Peretz, en faisant référence à la Cisjordanie par ses noms bibliques.

« Le président Trump est un véritable ami de l’État d’Israël et je suis sûr que ses intentions étaient de favoriser Israël. Cela a été prouvé par sa reconnaissance du Golan, et par le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, » a écrit Peretz.

« Mais il y a des sections du plan que nous n’accepterons pas. Nous n’accepterons pas la création d’un État palestinien dans mon pays. Je m’opposerai à toute mention d’un État palestinien dans la législation à venir », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il n’accepterait pas un gel de la construction dans les implantations.

« C’est une occasion en or dont nous devons profiter, mais nous ne devons pas prendre de décisions qui causeront des problèmes à long terme à l’État d’Israël et à nos valeurs », a-t-il déclaré. « Nous nous opposerons aux mesures qui feront progresser la création d’un État supplémentaire entre le Jourdain et la mer ».

L’accord de coalition de Peretz avec Netanyahu stipule qu’il doit soutenir toute position du Premier ministre, directement ou indirectement, sur l’application de la souveraineté.

Peretz a quitté ses alliés de droite de l’alliance Yamina pour rejoindre la coalition gouvernementale de Netanyahu le mois dernier.

Steinitz a déclaré jeudi à la radio de l’armée : « Nous n’avons pas annoncé que nous adoptions le plan Trump, mais plutôt des parties de celui-ci, y compris celle qui nous permet d’étendre le droit israélien aux implantations israéliennes et à la vallée du Jourdain ».

« C’est le meilleur plan de paix pour nous que les États-Unis aient jamais mis sur la table », a-t-il déclaré en réponse aux plaintes croissantes de la droite contre la création d’un État palestinien.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’entretient avec le ministre de l’Energie Yuval Steinitz lors d’une réunion du Likoud à la Knesset le 29 mai 2017. (Yonatan Sindel / Flash90)

« Pour nous, dire que nous ne voulons pas prendre la souveraineté parce qu’elle ne nous donne pas tout est une folie. Dire que Trump n’est pas l’ami d’Israël est doublement stupide. C’est très imprudent et cela pourrait conduire au gaspillage d’une opportunité historique », a déclaré M. Steinitz.

« Bien sûr, tant que les Palestiniens n’acceptent pas le plan et ne veulent même pas négocier sur sa base, nous ne l’approuverons certainement pas à l’avance – pas toutes ses parties », a déclaré M. Steinitz.

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