La reconnaissance d’un Etat palestinien, « un danger pour les Français juifs », selon le Consistoire
"Faire du 7 octobre un acte fondateur, c’est offrir un 14 Juillet au Hamas !", a dénoncé le président du FSJU ; Elie Korchia dénonce une décision "à contre-temps du sens de l'Histoire"

Le Consistoire central de France a jugé vendredi « prématurée » une éventuelle reconnaissance d’un État palestinien, qui reviendrait selon lui à « affaiblir les modérés, encourager les extrémistes et accroître le danger pour les Français juifs ».
Dans un communiqué, le consistoire estime que la décision, annoncée par le président de la République jeudi, d’une reconnaissance en septembre d’un État palestinien serait « prématurée, contraire à la réalité du terrain et lourde de conséquences pour la sécurité des Juifs, en Israël comme en France », si elle n’était pas assortie de conditions préalables.
A savoir: « la libération immédiate de tous les otages israéliens, le désarmement total du Hamas, l’engagement des pays voisins à former une force de sécurité dans ces territoires et la reconnaissance de l’État d’Israël par tous ses voisins dans la suite des Accords d’Abraham ».
Le président du consistoire, Elie Korchia, et le grand rabbin de France, Haïm Korsia, « rappellent en outre que la paix ne saurait être imposée de l’extérieur ».
Pour le consistoire, une reconnaissance unilatérale aurait aussi des « répercussions graves » en France, où « le contexte actuel d’antisémitisme accru et d’antisionisme forcené risquerait donc d’exposer encore davantage la communauté juive à la haine et aux agressions ».
Le Conseil représentatif des institutions juives de France a dénoncé jeudi sur X une « faute morale ».
L’annonce faite par le président de la République d’une reconnaissance d’un Etat palestinien « sans conditions préalables est une faute morale, une erreur diplomatique et un danger politique », écrit le CRIF.
Cette décision sera « brandie par le Hamas comme une victoire symbolique » et une « récompense du terrorisme du 7 octobre », déplore l’organisation.
Le pogrom a fait plus de 50 victimes françaises, ce qui en fait le pays étranger le plus touché, devant la Thaïlande et les États‑Unis.
« En accordant aux Palestiniens en début de processus ce qu’ils doivent obtenir à la fin, cette reconnaissance prématurée incitera la partie palestinienne à ne plus faire aucun compromis, favorisant l’échec de futures négociations », juge le Crif.
En France, l’annonce de cette reconnaissance « galvanisera LFI qui a fait de Gaza un slogan électoral et tous les agitateurs antisémites qui dévoient la cause palestinienne pour justifier de s’en prendre aux Français juifs », ajoute-t-il.
« Exiger que les conditions minimales soient réunies pour sa reconnaissance, ce n’est pas rejeter un Etat palestinien, c’est favoriser le jour venu une paix juste et durable », conclut-il.
Ariel Goldmann, avocat et président du Fonds social juif unifié (FSJU), a vivement réagi à l’annonce présidentielle, accusant le chef de l’État de renier ses propres engagements.
En reconnaissant un État palestinien sans exiger ni désarmement du #Hamas,ni retour des #otages,ni reconnaissance d’#Israël, #Macron trahit ses propres principes.
Faire du #7Octobre un acte fondateur, c’est offrir un 14 juillet au #Hamas !#7octobre #Diplomatie #Antisémitisme pic.twitter.com/K3BDxlm6Jz— Ariel Goldmann (@GOLDMANNAriel) July 24, 2025
« En reconnaissant un État palestinien sans exiger ni désarmement du Hamas, ni retour des otages, ni reconnaissance d’Israël, Emmanuel Macron trahit ses propres principes », a-t-il écrit sur X.
Il a dénoncé une décision symbolique lourde de conséquences et un signal catastrophique envoyé à l’organisation islamiste.
« Faire du 7 octobre un acte fondateur, c’est offrir un 14 Juillet au Hamas ! » a-t-il ajouté, en référence à l’attaque meurtrière perpétrée par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.
Pour Goldmann, cette reconnaissance intervient dans un vide diplomatique et moral, sans contrepartie ni exigence, et risque d’aggraver les tensions au lieu de les apaiser : « Cette démarche ne renforce ni la paix, ni la justice, mais légitime la violence comme levier politique. »
Invité vendredi matin sur Europe 1/CNEWS au lendemain de l’annonce d’Emmanuel Macron, le président du Consistoire central israélite de France Élie Korchia a exprimé une réaction de colère et d’incompréhension.
Il a estimé que cette décision dépasse largement la communauté juive et plonge de nombreux Français dans la stupeur
Reconnaissance de l'État de Palestine : «On est à contretemps du sens de l’histoire», juge Élie Korchia dans #HDPros pic.twitter.com/xbqrjayrW4
— CNEWS (@CNEWS) July 25, 2025
« Écoutez je crois que depuis hier soir il y a effectivement pour beaucoup de Français pas seulement pour les Français juifs une réelle incompréhension » a-t-il déclaré.
Il a rappelé que les actes antisémites ont explosé depuis le 7 octobre et que les Juifs en France sont pris à partie pour un conflit qui se joue à 4000 kilomètres de là. Cette reconnaissance unilatérale de la Palestine crée, selon Korchia, une résonance directe en France et aggrave les tensions
Revenant sur les précédents engagements d’Emmanuel Macron, Élie Korchia a pointé ce qu’il considère comme un revirement brutal.
« Le président de la République avait dit il y a trois mois que la reconnaissance d’un État palestinien ne pourrait avoir lieu que sous certaines conditions Parmi celles-ci il y avait la démilitarisation du Hamas et la reconnaissance d’Israël Rien de tout cela n’a été fait »
Le président du Consistoire a souligné l’incohérence entre cette annonce et la position solennelle qu’avait adoptée la France en février dernier.
« C’est la France qui a été le premier pays à organiser une cérémonie nationale le 7 février 2024 en hommage aux victimes françaises du pogrom du 7 octobre Et aujourd’hui c’est aussi la France qui choisit de reconnaître un État palestinien alors que le Hamas est encore au pouvoir que les otages ne sont pas libérés et que du sang français reste sur les mains de cette organisation terroriste ».
Pour Korchia, cette décision est d’autant plus choquante qu’elle a été saluée par le Hamas lui-même.
« Voir le Hamas féliciter le président de la République c’est glaçant. Cela devrait tous nous interpeller »







