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Refonte judiciaire : Yitzhak Yosef appelle au dialogue mais…

Le grand rabbin séfarade d’Israël a qualifié la situation "d'inquiétante et très douloureuse", mais insiste sur le fait que la Cour devrait s'abstenir de statuer sur la religion

Le grand rabbin séfarade d'Israël, Yitzhak Yosef, s'exprimant lors d'une cérémonie, à Jérusalem, le 22 septembre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Le grand rabbin séfarade d'Israël, Yitzhak Yosef, s'exprimant lors d'une cérémonie, à Jérusalem, le 22 septembre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le grand rabbin séfarade d’Israël Yitzhak Yosef a appelé samedi à un dialogue sur la réforme du système judiciaire proposée par le gouvernement, estimant qu’il était nécessaire pour prévenir l’éventualité d’une guerre civile.

« Toute cette discorde et cette atmosphère de guerre civile sont inquiétantes et très douloureuses », a déclaré Yosef dans son sermon hebdomadaire.

« Il doit y avoir un dialogue afin d’éviter une guerre civile ; nous faisons tous parti du peuple d’Israël, nous sommes tous frères », a-t-il ajouté.

Tout en assurant qu’il ne s’impliquerait pas dans la politique de la reforme largement controversée qui déchire la société israélienne, Yosef a néanmoins déclaré que la Haute Cour de justice devrait s’abstenir de statuer sur des questions ayant trait à la religion, pour lesquelles il existe le tribunal du Grand-Rabbinat.

A LIRE : La Knesset avance un projet de loi étendant le pouvoir des tribunaux rabbiniques

Yosef a cité l’autorisation de consommer du hametz – des aliment à base de levain – dans les hôpitaux à l’occasion de Pessah et la reconnaissance de la conversion au judaïsme des non-orthodoxes comme des exemples du type de questions pour lesquelles la Cour « laïque » devrait se tenir à l’écart.

« Je ne m’immisce pas dans la réforme du système judiciaire et vous devez expliquer [aux juges de la Haute Cour] que vous ne vous immiscerez pas dans les questions religieuses. »

« La Haute Cour n’est ‘pas au-dessus’ du tribunal rabbinique », a-t-il jugé.

Lors des négociations de coalition pour la formation du gouvernement en novembre dernier, Yosef avait déclaré qu’il soutenait la réforme du système judiciaire, que les partis ultra-orthodoxes avaient considéré comme une condition sine qua non pour entrer au gouvernement.

Le rabbin avait déclaré que la clause dite « dérogatoire » était « une occasion de modifier la loi qui statue de qui est juif ».

« Vous devez adopter la clause dite ‘dérogatoire’ pour surmonter ces décisions de la Haute Cour », avait-il déclaré à l’époque.

Yosef est le fils du rabbin Ovadia Yosef, le défunt sage séfarade qui a fondé le parti haredi, le Shas – un partenaire clé de la coalition du parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu, le Likud.

Les principaux éléments de la réforme du système judiciaire qui doivent être présentés cette semaine comprennent un projet de loi qui permettrait au chef du Shas Aryeh Deri de reprendre ses fonctions ministérielles malgré une décision de la Haute Cour lui interdisant de le faire en raison de ses condamnations pour corruption.

Le chef du parti Shas, Aryeh Deri, dirige une réunion de faction à la Knesset à Jérusalem, le 13 février 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La coalition de Netanyahu, composée de partis de droite, d’extrême droite et d’ultra-orthodoxes, a mis en place une législation visant à affaiblir la Cour suprême d’Israël et à lui donner le contrôle de la nomination des juges du pays. Elle affirme qu’il s’agit d’une mesure attendue depuis longtemps pour limiter ce qu’elle considère comme une influence démesurée de la part de juges non élus.

Mais les critiques affirment que ce plan détruira le fragile système israélien d’équilibre des pouvoirs en concentrant le pouvoir entre les mains de Netanyahu et de sa majorité parlementaire. Ils estiment également qu’il s’agit d’une tentative de la part de Netanyahu, qui fait l’objet d’un procès pour corruption, d’échapper à la justice.

Des centaines de milliers d’Israéliens sont descendus dans la rue au cours des deux derniers mois pour protester contre cette réforme radicale.

Des leaders de la high-tech, des économistes lauréats du Prix Nobel et d’éminents responsables de la sécurité se sont exprimés contre ce projet, des réservistes ne se présentent plus au travail et même certains des plus proches alliés d’Israël, dont les États-Unis, ont exhorté Netanyahu à geler le processus. Les efforts répétés de Herzog pour parvenir à un compromis n’ont pas porté leurs fruits.

Benjamin Netanyahu, alors Premier ministre, avec le grand rabbin séfarade Yitzhak Yosef, le 2 juin 2016. (Crédit : Yaakov Cohen/Flash90).

La semaine dernière, la commission des Lois de la Knesset a approuvé en première lecture un projet de loi controversé permettant aux administrateurs d’hôpitaux publics d’interdire l’entrée d’aliments à base de levain dans l’enceinte de l’hôpital pendant Pessah.

Le projet de loi soutenu par le gouvernement a rencontré une résistance importante, notamment de la part de certains groupes religieux et de députés de l’opposition religieuse, qui considèrent qu’il est plus susceptible d’opposer les Israéliens juifs à la religion que de les rapprocher d’elle.

Le bureau de la procureure générale s’y est également opposé, estimant que, dans sa forme actuelle, la loi allait trop loin et qu’il serait difficile de la défendre devant les tribunaux. La Knesset devrait se prononcer sur ce projet de loi cette semaine.

Pendant des années, les hôpitaux et d’autres institutions publiques ont interdit le hametz pendant la semaine de la fête de Pessah – au cours de laquelle les Juifs s’abstiennent traditionnellement de manger des produits au levain – et certains ont même demandé aux gardes de fouiller les sacs des gens à la recherche d’aliments interdits à la porte. Mais en 2020, la Haute Cour de justice a déclaré que les hôpitaux ne pouvaient pas procéder à des fouilles aussi invasives – après des années de pression sur le gouvernement pour qu’il trouve un compromis ou adopte une loi sur la question – et l’année dernière, la cour a rendu une décision similaire concernant les bases militaires.

A LIRE : Qui écrit la loi pour l’Etat d’Israël ? Le cas d’Elad

En outre, l’année dernière, la Haute Cour a statué que les personnes qui se convertissent au judaïsme en Israël par l’intermédiaire des mouvements réformé et massorti (conservateur) doivent être reconnues comme juives aux fins de la Loi du retour et ont donc droit à la citoyenneté israélienne.

Cette décision spectaculaire, qui a brisé le monopole orthodoxe de longue date sur les conversions officiellement reconnues en Israël, est l’aboutissement d’une procédure d’appel entamée il y a plus de 15 ans, concernant 12 personnes du pays qui s’étaient converties au judaïsme par l’intermédiaire de dénominations non-orthodoxes. Les juges avaient précisé qu’ils s’étaient précédemment abstenus de rendre une décision pour permettre à l’État de traiter l’affaire, mais que l’État ne l’avait pas fait.

Les dirigeants haredim, ainsi que de nombreuses personnalités sionistes religieuses israéliennes, ne considèrent pas le mouvement réformé comme une forme authentique de judaïsme et ne reconnaissent pas leurs rabbins.

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