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Retour sur le colloque « Les Juifs et le droit en Tunisie du protectorat à l’indépendance »

L’évènement s’est tenu "dans d’excellentes conditions", malgré "des pressions et des menaces exercées à l’encontre de plusieurs universitaires tunisiens qui y participaient"

Des Juifs en Tunisie, 1880. (Crédit : Domaine public)
Des Juifs en Tunisie, 1880. (Crédit : Domaine public)

Les 16 au 17 avril, la Société d’histoire des Juifs de Tunisie a organisé un colloque sur « les Juifs et le droit en Tunisie du protectorat à l’indépendance ».

L’évènement s’est tenu « dans d’excellentes conditions et devant un public nombreux comprenant notamment des spécialistes de l’histoire du Maghreb et des étudiants », malgré « des pressions et des menaces exercées à l’encontre de plusieurs universitaires tunisiens qui y participaient », a rapporté l’association.

Les universitaires venus de Tunisie, des États-Unis, d’Israël et d’Italie ont pu échanger aux côtés de leurs collègues français tout au long de ces trois journées « en parfaite sérénité dans un esprit universaliste et sans aucune implication politique ».

Les 23 communications présentées ont mis en évidence les difficultés d’un changement de statut juridique et le passage d’une soumission au droit mosaïque appliqué par des rabbins à une juridiction civile laïque française afin de gérer la vie familiale après avoir vécu pendant des siècles dans un pays régi par les règles de l’Islam et avoir été soumis au statut de Dhimmi.

Pendant la période coloniale, la tentation d’obtenir la nationalité française était justifiée pour les Juifs tunisiens par une adhésion forte à la France et ses valeurs laïques. Malgré des relents d’antisémitisme cet attachement à la France s’est manifesté par l’adoption de sa langue, l’adhésion passionnée à sa culture, l’évolution des mœurs et des modes de vie, et par l’engagement dans les armées françaises durant les deux guerres mondiales.

Face à cet attrait de la législation française, « il n’a pas été omis le fait que certains traditionalistes juifs tunisiens entendaient conserver leur statut personnel de droit mosaïque notamment en matière d’héritage et de mariage ».

Après l’indépendance de la Tunisie en 1956, la volonté d’Habib Bourguiba de construire un État moderne, s’est traduite sur le plan juridique par l’introduction d’une nouvelle législation de statut personnel commune à tous les nationaux tunisiens musulmans et juifs. Une législation inspirée du droit français mettant fin aux juridictions des muftis et des rabbins et donnant notamment tous les droits civils aux femmes de l’ensemble du pays.

Au cours du colloque, le Prix Paul Sebag destiné à récompenser un travail de recherche sur l’histoire des Juifs de Tunisie a été attribué à Marie-Anne Guez de l’Université Panthéon-Sorbonne pour sa thèse sur « les Juifs de Tunisie dans l’armée française durant les deux guerres mondiales ». Une mention spéciale a été décernée à Meriem Ben Mansour de l’Université de Tunis pour son étude sur le roman de Michel Valensi, l’Empreinte, une Histoire séfarade d’exil.

Ce colloque international était placé sous le patronage de Sylvie Retailleau, ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.

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