« Rien de nouveau » pour l’Armée de l’Air d’Israël en Syrie malgré les missiles russes
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« Rien de nouveau » pour l’Armée de l’Air d’Israël en Syrie malgré les missiles russes

Un officier déclare qu’Israël peut frapper des cibles "sans avertissement", mais souligne la coordination constante avec Moscou

Un F-16 israélien se prépare au décollage, en juin 2010 (Crédit : Ofer Zidon/Flash90)
Un F-16 israélien se prépare au décollage, en juin 2010 (Crédit : Ofer Zidon/Flash90)

Malgré le déploiement d’un système avancé de missiles de défense en Syrie, l’Armée de l’Air israélienne continuera à opérer à la normale, grâce à la coordination constante entre Tel Aviv et Moscou, a déclaré un militaire de haut rang jeudi.

Dans le sillage d’un exercice aérien intensif et dans tout le pays, qui a inclus des milliers de sorties de plusieurs bases et impliqué à la fois des avions et des hélicoptères d’attaque, l’officier s’est félicité, à la fois, que « nous n’informons personne à l’avance » des frappes israéliennes, tout en soulignant le fait qu’il y a des mécanismes en place pour éviter un conflit avec la Russie.

En outre, la marine israélienne a fait sa propre démonstration de force jeudi, en testant avec succès son nouveau système de défense « Barak 8 », qui opère à une plus petite distance que le S-400 récemment déployé, mais peut être installé sur des navires de guerre ou au sol.

Israël marche sur une corde raide avec la Russie en Syrie.

Alors qu’Israël a clairement expliqué qu’il effectuera des frappes contre le Hezbollah et l’armée syrienne afin de défendre la souveraineté israélienne, l’Armée de l’Air d’Israël doit agir avec prudence pour ne pas frapper des troupes russes ou être trop agressifs dans ses frappes contre les forces syriennes, qui sont soutenues par Moscou.

« Nous savons comment nous assurer que nous n’allons même pas nous rapprocher. Il y a juste à décrocher le téléphone et à parler ».

L’officier de l’Armée de l’Air israélienne a déclaré aux journalistes sur le base de Tel Nof à Rehovot que l’incident comme celui entre le Turquie et la Russie, dans lequel un avion russe Su-24M a été abattu alors qu’il aurait survolé l’espace aérien turque, ne se produirait pas avec Israël du fait de la coordination proche entre les pays. L’accord a eu lieu en septembre dernier au plus haut niveau militaire, lorsque le chef de l’Armée d’Israël Gadi Eisenkot a rencontré son homologue à Moscou.

En réponse à l’incident avec la Turquie, le président russe Vladimir Poutine a déployé le système de défense S-400, capable de détecter et d’abattre un appareil jusqu’à 400 kilomètres de distance. Cette distance inclut toute la Syrie, Chypre, le Liban et presque la moitié d’Israël.

Si le S-400 avait été mis en place une semaine plus tôt, l’armée russe aurait pu suivre la majorité des avions de l’Armée de l’Air israélienne prenant part à l’exercice. Seuls les avions opérant au sud de Jérusalem auraient été hors de portée du système de radar.

« La facilité avec laquelle nous pouvions voler dans le ciel ennemi s’est compliquée. Nous pouvons gérer relativement bien ce dont nous connaissons la présence, la question se pose pour ce dont nous ignorons la présence », a admis l’officier de l’armée de l’air.

« Les Russes sont ici. Ils jouent un rôle central qui ne peut pas être ignoré, a déclaré l’officier jeudi. Nous voulons principalement être dans une situation de « vivre et laisser vivre ». La Russie n’est pas l’ennemi, bien au contraire. Nos avions essaient d’éviter les frictions avec les Russes, et ils essaient d’éviter les frictions avec nous. Pour de ne pas amener les pilotes de deux côtés dans des situations délicates, nous gardons simplement nos distances ».

Il a pourtant déclaré : « Nous nous assurons de faire notre travail ».

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