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Rima Hassan accusée de censure lors de sa conférence à l’université Paris-Dauphine

La candidate LFI aux élections européennes a refusé de donner la parole à un étudiant qui l'interrogeait, et a jeté en pâture le président de l'UEJF

L'activiste Rima Hassan, septième de liste du parti La France insoumise pour les élections européennes de juin, lors d'une manifestation anti-Israël, à Paris, le 27 mai 2024. (Crédit : Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP)
L'activiste Rima Hassan, septième de liste du parti La France insoumise pour les élections européennes de juin, lors d'une manifestation anti-Israël, à Paris, le 27 mai 2024. (Crédit : Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP)

L’activiste Rima Hassan, septième de liste du parti La France insoumise pour les élections européennes de juin, largement accusée de soutien au Hamas et récemment convoquée par la police pour « apologie du terrorisme », a provoqué une nouvelle polémique cette semaine.

Intervenant dans une conférence organisée par le Comité Palestine Dauphine, elle a refusé de répondre à un étudiant qui l’interrogeait sur le Hamas, et a été accusée de censure dans la foulée. L’évènement s’est tenu sous tension, encadré par les forces de l’ordre. La conférence était initialement prévue le 6 mai et avait été interdite pour « risque de troubles à l’ordre public », avant que la justice administrative ne lève cette interdiction.

Dans des vidéos publiées sur les réseaux sociaux et filmées par des participants de la conférence, un étudiant se lève, micro à la main, pour interroger Rima Hassan. « Vous refusez de qualifier le Hamas de groupe terroriste », dit-il, avant d’être interrompu par les huées de la salle. Et poursuit : « On vous a entendu parler pendant vingt minutes, si je peux juste poser ma question avant que vous me coupiez, ce serait super. »

Des soutiens de la militante anti-Israël lui lancent alors : « Dehors ! » Rima Hassan rétorque ensuite : « Vous allez aller sur Google, parce que Google est votre ami. Et vous allez taper ‘Rima Hassan’ et puis vous allez lire tous les articles qui sont sortis. Et ensuite vous pourrez faire une synthèse et je serais ravie de lire votre synthèse. »

« Est-ce que je peux poser ma question ? », relance l’homme. Ce à quoi elle répond d’un catégorique : « Non. » Face à ce refus, quelques voix d’étudiants s’élèvent : « Censure ! »

L’Union des étudiants juifs de France, qui a partagé la séquence, a réagi sur X : « Sur la qualification de terroriste du Hamas, elle refuse de répondre. Sur sa vision complotiste du Crif elle ‘persiste et signe’. Bravo aux militants de l’UEJF, qui, ce soir à Paris-Dauphine ont permis de montrer le vrai visage de Rima Hassan. »

En réponse, la candidate a posté un émoticône qui pleure de rire.

Lors de ce même évènement, Rima Hassan a aussi été accusée de harcèlement en dénonçant la présence de Samuel Lejoyeux, président de l’Union des étudiants juifs de France, seul, devant l’université Paris-Dauphine, peu avant la conférence, le jetant en pâture à ses abonnés.

Abonnée des polémiques Rima Hassan avait, la semaine dernière, insinué qu’une déclaration du ministre des Affaires étrangères français à l’égard d’Israël était dictée par le CRIF. Reprenant la vieille théorie antisémite selon laquelle le pouvoir politique serait contrôlé par les Juifs, elle a été accusée d’antisémitisme dans la foulée.

Rima Hassan a participé le 10 mai dernier à Tunis à une conférence en présence de responsables du Hamas, qui a mené les massacres du 7 octobre 2023 dans le sud d’Israël, du Jihad islamique et du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), dont des membres ont participé aux mêmes attaques. Les trois groupes sont reconnus comme terroristes notamment par les États-Unis et l’Union européenne. Leurs délégations ont justifié les massacres du 7 octobre lors de ce Forum auquel participait Rima Hassan.

Celle-ci, 31 ans, activiste française d’origine palestinienne qui a grandi dans le camp de réfugiés palestiniens de Neyrab, en Syrie, a profité de la guerre actuelle pour se faire connaitre du grand public, multipliant ces derniers mois les polémiques et les prises de position pour le moins extrêmes.

En novembre, elle avait notamment donné une interview controversée au média Le Crayon, dans laquelle on entend trois questions : « Le Hamas mène-t-il une action légitime ? L’État d’Israël a-t-il un droit de défense ? La solution à deux États est-elle possible ? ». « Vrai, faux, faux », répond-elle.

Le parti La France insoumise, depuis longtemps accusé d’antisémitisme et d’apologie du terrorisme, qui compte actuellement six sièges au Parlement européen, pourrait peut-être en remporter six ou sept lors de ces élections le 9 juin, selon un récent sondage.

Rima Hassan se trouve ainsi en position éligible, à la limite, ce qui laisse à penser que LFI a voulu, dans le cadre de sa campagne pour les élections européennes, profiter de sa large notoriété dans les milieux anti-Israël, sans pour autant lui garantir à 100 % un siège de députée.

Une telle nomination semble poursuivre la stratégie de « bordélisation » du parti : si elle est élue, il est à craindre que l’hémicycle européen ne subisse lui aussi un certain chaos, comme à l’Assemblée nationale française, où les débats n’ont jamais été aussi houleux et véhéments, voire même violents, avec des polémiques quasi hebdomadaires provoquées par LFI.

Si Rima Hassan a condamné « les crimes de guerre du Hamas », elle a aussi dénoncé « l’impunité d’Israël » et le « génocide » des Palestiniens. « From the river to the sea. On veut libérer TOUS les palestiniens. Ceux des camps, ceux de Gaza, ceux de Jérusalem, ceux de la Cisjordanie, ceux d’Israël et tout ceux de la diaspora », avait-elle notamment écrit sur X, provoquant la polémique et mettant dans une situation délicate L’Oréal qui l’engageait en tant que « membre experte du conseil global pour la diversité et l’inclusion » et qui l’a depuis suspendue.

« From the river to the sea » est un slogan interprété comme antisémite, car il rejette le droit à toute présence juive entre le fleuve Jourdain et la mer Méditerranée, là où se trouve l’État d’Israël.

Rima Hassan a fondé le collectif Action Palestine France et l’ONG Observatoire des camps de réfugiés et a été par le passé rapporteure à la Cour nationale du droit d’asile (CNDA).

Parfois présentée comme « pro-Hamas » en raison de ses positions extrêmes, elle a été classée parmi les quarante femmes « d’exception » du magazine américain Forbes en 2023 – ce qui a là aussi déclenché une polémique. Dans ce cadre, l’animateur Arthur l’a accusée sur Instagram de faire « l’apologie du terrorisme du Hamas », et la qualifiant « d’antisémite ».

L’AFP a participé à cet article.

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