Sanctions anti-Hezbollah : un responsable du Trésor US rencontre Saad Hariri
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Sanctions anti-Hezbollah : un responsable du Trésor US rencontre Saad Hariri

L’ambassade a déclaré que le secrétaire adjoint au financement du terrorisme exhortera le gouvernement de Beyrouth à se dissocier du groupe terroriste soutenu par l’Iran

le secrétaire adjoint au Trésor américain Marshall Billingslea rencontre le Premier ministre libanais Saad Hariri, à Beyrouth, le 23 septembre 2019. (Crédit : AP/ Hussein Malla)
le secrétaire adjoint au Trésor américain Marshall Billingslea rencontre le Premier ministre libanais Saad Hariri, à Beyrouth, le 23 septembre 2019. (Crédit : AP/ Hussein Malla)

Les Etats-Unis sanctionneront toute entité fournissant une aide « matérielle » au groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, a prévenu lundi le secrétaire adjoint au Trésor américain pour la lutte contre le financement du terrorisme, selon une source libanaise proche du dossier.

Marshall Billingslea s’exprimait lors d’une rencontre à Beyrouth avec le Premier ministre libanais Saad Hariri et le chef du Parlement Nabih Berri, proche du Hezbollah et des responsables de l’Association des banques du Liban ainsi que le gouverneur de la banque centrale.

Le responsable américain a assuré que les sanctions viseraient « toute partie fournissant un soutien matériel au Hezbollah, qu’il s’agisse d’armes ou d’argent (…) sans cibler les entités liées uniquement politiquement au Hezbollah ».

Le gouverneur de la banque centrale Riad Salameh a minimisé les informations rapportées par les médias qui ont annoncé que les Etats-Unis imposeront des sanctions supplémentaires contre le système bancaire libanais en crise, affirmant que Billingsea « n’est pas venu pour essorer le Liban ».

Dans un communiqué publié dimanche, l’ambassade américaine à Beyrouth a indiqué que M. Billingslea avait pour objectif « d’encourager le Liban à prendre les mesures nécessaires pour se tenir à distance du Hezbollah et des autres acteurs (…) cherchant à déstabiliser le Liban et ses institutions ».

Les partisans du Hezbollah pendant une procession religieuse de deuil au dernier jour lunaire de Muharram, qui marque Achoura, à Baalbek, le 10 septembre 2019 (Crédit : Stringer/AFP)

Ennemi juré d’Israël et des Etats-Unis, l’organisation est classée groupe terroriste par Washington depuis 1997 et plusieurs de ses députés et responsables sont la cible de sanctions américaines.

Poids lourd de la vie politique libanaise, représenté au gouvernement et au Parlement, le Hezbollah est impliqué militairement dans le conflit en Syrie, aux côtés du régime de Damas et de l’Iran. Sa force armée est de facto plus puissante que l’armée libanaise.

Le mois dernier, le gouvernement américain avait annoncé sanctionner une banque libanaise, Jammal Trust, accusée de fournir des services bancaires au groupe terroriste chiite.

Une succursale de la Jammal Trust Bank à Beyrouth, le 29 août 2019. (Crédit : ANWAR AMRO / AFP)

L’établissement bancaire est accusé d’avoir laissé le Hezbollah utiliser des comptes pour payer ses membres et parfois les familles des auteurs d’attentats suicides. Il est aussi mis en cause pour avoir « activement dissimulé ses relations bancaires avec de nombreuses organisations affiliées à la Fondation des Martyrs », a ajouté le Trésor.

La banque a rejeté les accusations américaines et nié avoir « sciemment facilité les activités bancaires » des opérations du Hezbollah, et l’Association des banques libanaises avait assuré que les sanctions américaines n’affecteraient pas le secteur bancaire du pays.

Mais moins d’un mois après l’annonce des mesures, la Jammal Trust Bank  a obtenu son auto-liquidation.

Selon la National News Agency affiliée au gouvernement libanais, Salameh avait déclaré la semaine dernière que les actifs de la banque et la contribution de l’instance nationale de garantie des dépôts suffisait, « en principe », à rembourser l’intégralité des dépôts et des obligations financières de la banque.

Jammal Trust est l’une des rares banques libanaises détenues par des hommes d’affaires issus de la communauté chiite. Elle s’est spécialisée dans les micro-crédits, proposés surtout dans les zones reculées du sud du Liban, région majoritairement chiite qui représente un bastion du groupe terroriste libanais.

En juillet, les Etats-Unis ont visé un responsable de la sécurité du Hezbollah et deux membres du Parlement libanais soupçonnés d’utiliser leurs positions pour promouvoir les objectifs de l’organisation terroriste soutenue par l’Iran et pour « renforcer les activités perverses de l’Iran ».

En 2011, le département du Trésor a accusé la Banque libano-canadienne de blanchir de l’argent provenant de la drogue et d’autres opérations pour des clients liés au Hezbollah.

Deux ans plus tard, la banque a accepté de payer 102 millions de dollars aux autorités américaines pour régler les accusations. La plupart des actifs de la banque libano-canadienne ont ensuite été acquis par la filiale libanaise de la Société générale française.

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