Sarah Halimi : La Cour a « manqué de courage », dénonce le président de la LICRA
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Sarah Halimi : La Cour a « manqué de courage », dénonce le président de la LICRA

Le responsable associatif affirme que la Cour de cassation a fait "un mauvais choix, rendant une décision incompréhensible"

Mario Stasi, nouveau président de la LICRA, devant les militants de l'association réunis au Havre pour ses Universités d'Automne, en octobre 2017. (Crédit : autorisation Le Droit de Vivre - LICRA)
Mario Stasi, nouveau président de la LICRA, devant les militants de l'association réunis au Havre pour ses Universités d'Automne, en octobre 2017. (Crédit : autorisation Le Droit de Vivre - LICRA)

Mario Stasi, président de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA) et avocat, a dénoncé dans une interview donnée au journal L’Opinion le récent jugement de la Cour de cassation venant confirmer l’irresponsabilité pénale du meurtrier de Sarah Halimi.

« À partir du moment où un des experts psychiatres, comme ce fut le cas du docteur Zagury dans le dossier Halimi, conclut non pas à l’abolition mais à l’altération du discernement, la question de la responsabilité pénale doit faire l’objet d’une audience publique. Telle doit être la modification du Code de procédure pénale », a-t-il estimé.

Il affirme que la Cour de cassation a ainsi fait « un mauvais choix, rendant une décision incompréhensible ».

Selon lui, la justice fait parfois d’une certaine « opacité et résistance » pour reconnaître le caractère antisémite d’un crime, et rappelle que « de tels débats avaient aussi entouré l’affaire dite du ‘gang des barbares’ », en référence à l’affaire Ilan Halimi en 2006.

Le 13 février 2006, en contrebas d’une voie de chemin de fer, Ilan Halimi, 23 ans, avait été retrouvé après avoir été torturé et séquestré par le « gang des barbares ». Il était mort lors de son transfert à l’hôpital. Employé dans un magasin de téléphonie à Paris, il avait été piégé puis séquestré à Bagneux par le « gang des Barbares », qui espérait une rançon, avant d’être tué par Youssouf Fofana, qui purge depuis 2009 une peine de réclusion à perpétuité.

Daniel Zagury (Crédit : capture d’écran YouTube/Public Sénat)

Il a aussi abordé dans l’interview la polémique sur la subvention à la mosquée de Strasbourg et la controverse suscitée par les « excuses » de la marque d’eau Evian après un tweet jugé islamophobe (une pub pour l’eau au premier jour du ramadan).

« L’antisionisme devient trop souvent le paravent de l’antisémitisme », a-t-il expliqué. « Il est utilisé soit par ignorance, soit par des personnes qui ont des visées politiques condamnables. Dans cet antisionisme à dose variable, on retrouve la députée (LFI) Danièle Obono, dans son combat politique, et la maire de Strasbourg (EELV) Jeanne Barseghian, dans ses décisions pour le moins ambiguës… »

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