Israël en guerre - Jour 195

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Des scènes de chaos lors d’un rassemblement anti-Netanyahu à Tel Aviv, près de la Place des Otages

La police s'est heurtée aux protestataires lors d'une manifestation qui a rappelé les agitations civiles entraînées par le projet de refonte du système judiciaire, avant le 7 octobre ; il y a eu 21 arrestations

La police a utilisé des canons à eau contre les manifestants qui s’opposaient au gouvernement lors d’affrontements à Tel Aviv, dans la soirée de samedi. Au même moment, d’autres protestataires, qui s’étaient regroupés à proximité pour réclamer le retour des otages actuellement détenus à Gaza, faisaient part, de leur côté, d’un optimisme rare suite aux progrès réalisés dans des négociations portant sur un accord avec le Hamas – accord qui ouvrirait la porte au retour des captifs.

Ces affrontements, qui ont été les plus violents depuis le début de la guerre, le 7 octobre, ont entraîné 21 arrestations, samedi soir, rue Kaplan, en face du quartier-général de la Kyria, le siège de l’establishment de la Défense israélien. Plusieurs personnes ont été blessées.

Les personnes qui se trouvaient sur la Place de la Démocratie adjacente – à l’intersection de la rue Kaplan et de la route Begin – ont affronté les officiers qui étaient chargés de les empêcher de bloquer l’autoroute Ayalon, a expliqué un porte-parole de la police. Les bousculades et les canons à eau ont aussi atteint les manifestants qui étaient réunis pour un mouvement de protestation anti-gouvernemental qui, pour sa part, avait été approuvé au préalable par la police.

Parmi les personnes qui ont été arrêtées, les leaders du mouvement de protestation contre le gouvernement, selon le porte-parole d’un ensemble assez vaste de groupes qui s’est exprimé sur une chaîne WhatsApp qui s’appelle « Mouvement de protestation pro-démocratie israélien ». Plusieurs personnes ont été prises en charge par les secours après une intervention musclée des policiers à cheval qui ont renversé au sol une dizaine de manifestants alors qu’ils tentaient de repousser la foule.

Des images montrent un agent sur sa monture utilisant ses rênes pour frapper à la tête un protestataire.

L’individu tombe au sol, les mains derrière la tête.

D’autres participants viennent au secours de l’homme et l’aident à se tenir debout tandis qu’un agent de police vient lui demander s’il va bien. On ignore s’il a finalement été pris en charge par les services d’urgence.

« Les violences policières de ce soir, des violences qui ont été commises à l’encontre de manifestants qui comptaient parmi eux des familles d’otages, sont dangereuses, elles ne sont pas démocratiques et elles ne peuvent pas continuer », a commenté le chef de l’opposition, Yair Lapid. « Le droit à manifester est un droit fondamental qui ne saurait être retiré à coups de matraque et de jet de canons à eau ».

Un communiqué émis par la police sur les arrestations a noté que les protestataires avaient pris part « à un rassemblement illégal » dans la rue et qu’ils avaient perturbé l’ordre public.

« Aujourd’hui, malheureusement, nous avons vu un certain nombre d’individus qui sont venus avec le désir de se confronter aux forces de police et qui ne désiraient nullement prendre simplement part à une manifestation légitime », a accusé le communiqué.

Lors du mouvement de protestation approuvé par les forces de l’ordre, aucun mot d’ordre n’a été clairement établi – certains intervenants ont ainsi appelé à la conclusion d’un accord qui permettrait aux otages détenus par le groupe terroriste du Hamas d’être relâchés ; d’autres ont réclamé des élections anticipées, le renvoi du Premier ministre Benjamin Netanyahu ou une solution diplomatique au conflit israélo-palestinien. D’autres encore s’insurgent contre des initiatives prises par le gouvernement, en particulier contre un projet de loi qui exempterait de service militaire obligatoire les étudiants des yeshivot, dans la communauté ultra-orthodoxe.

De plus petites manifestations qui ont réuni des milliers de personnes ont aussi été organisées sur tout le territoire, samedi soir, notamment à Kfar Saba et à Césarée, à proximité de la résidence privée de Netanyahu où les protestataires ont brièvement bloqué une artère majeure de circulation.

Un intervenant qui a pris la parole à Tel Aviv, le lieutenant réserviste Or Scheinberg de la 7e Brigade des Blindés qui a été grièvement blessé pendant la guerre actuellement en cours – une guerre déclenchée par l’assaut meurtrier commis par le Hamas sur le sol israélien, le 7 octobre – a interpellé pendant son discours « le gouvernement le plus incapable de toute l’Histoire : Partez ».

« Alors que nous, les réservistes, nous portons ce pays sur nos épaules, ce gouvernement criminel reste bien à l’abri, derrière nous. Et j’appelle donc tous les réservistes qui pourraient se sentir mal à l’aise à l’idée de manifester en période de guerre à venir nous rejoindre », a-t-il ajouté.

La police arrête un manifestant anti-gouvernement rue Kaplan à Tel Aviv, le 24 février 2024. (Crédit : Roi Boshi/Israeli Pro-Democracy Protest Movement)

Prenant la parole lors du mouvement des opposants au gouvernement, l’ancien ministre de la Défense Moshe Yaalon s’en est pris à Netanyahu qui, a-t-il noté, se refuse à assumer ses responsabilités concernant l’attaque meurtrière du 7 octobre.

« La responsabilité des chefs de l’establishment de la Défense est clairement établie et ces derniers ont pris leurs responsabilités – et en conséquence, nous allons maintenant les laisser combattre avec une conscience soulagée. Mais vous, Netanyahu, vous étiez le chef et vous êtes donc coupable », a fait valoir Yaalon, utilisant un slogan employé par les manifestants anti-Netanyahu depuis le 7 octobre, date à laquelle environ 3000 terroristes du Hamas avaient assassiné environ 1200 personnes en Israël et kidnappé 253 personnes, prises en otage dans la bande de Gaza.

130 otages sont encore détenus à Gaza – 30 d’entre eux seraient morts – après la libération de 105 civils au cours d’une trêve qui a duré une semaine, à la fin du mois de novembre. Quatre otages avaient été relâchées avant cette pause. Trois ont été secourus par les soldats et les corps sans vie de onze captifs ont aussi été rapatriés, notamment ceux des trois Israéliens qui, étant parvenus à échapper à leurs ravisseurs, ont été accidentellement tués par les soldats israéliens. L’armée a bien confirmé la mort de 30 otages qui se trouvent encore dans la bande, citant de nouveaux renseignements et d’autres informations obtenues par les troupes, sur le terrain. Par ailleurs, une personne est encore considérée comme portée disparue depuis le 7 octobre, et son sort reste inconnu.

Le retour des otages est au cœur de pourparlers, à Paris, entre Israël, les États-Unis, l’Égypte et le Qatar. Les médias israéliens ont signalé, samedi, que des progrès avaient été réalisés dans les négociations – qui portent sur une trêve de six semaines et sur la libération de prisonniers palestiniens incarcérés au sein de l’État juif pour atteinte à la sécurité nationale en échange de la remise en liberté d’une quarantaine de captifs israéliens. Netanyahu a indiqué qu’il présenterait le dossier au vote dimanche, devant le cabinet de guerre. Ce dernier a décidé, samedi soir, d’envoyer une délégation au Qatar pour continuer à travailler sur cette proposition.

Les atrocités du Hamas ont entraîné une offensive terrestre contre le groupe terroriste de Gaza et des hostilités croissantes avec le Hezbollah, au Liban. Les combats ont largement marginalisé le conflit politique qui fait rage depuis le mois de janvier 2023 et qui oppose le gouvernement de droite de Netanyahu et ses partisans à un mouvement de protestation déterminé issu de l’opposition de très nombreux Israéliens à un plan de refonte radicale du système judiciaire qui avait été avancé par la coalition au pouvoir.

Malgré tout, ces dernières semaines, les rassemblements ont gagné en volume et en intensité, une intensité qui a atteint son paroxysme lors des heurts survenus dans la soirée de samedi.

Einav Zangauker, dont le fils Matan serait retenu en otage à Gaza, a pris part au rassemblement des opposants au gouvernement de Tel Aviv, rappelant, par haut-parleur, l’absolue nécessité d’obtenir la libération des captifs. Elle et la petite amie de Matan, Ilana Gritzewsky, qui avait été enlevée par le Hamas et qui est restée dans les geôles du groupe terroriste pendant 55 jours avant sa libération, fin novembre, ont été blessées par le jet d’un canon à eau pendant la manifestation, a dit le site d’information Ynet.

Matan Zangauker, à droite, et Ilana Gritzewsky ont été enlevés du kibboutz Nir Oz par des terroristes du Hamas alors qu’ils étaient dans leur maison, le 7 octobre 2023. (Autorisation)

Selon le site, les deux femmes ont été piégées dans les affrontements entre les policiers et les protestataires alors qu’elles se trouvaient sur l’itinéraire qui avait été pourtant approuvé pour la manifestation. Les forces de l’ordre ont alors employé les canons à eau.

S’exprimant auprès de Ynet, Zangauker a expliqué qu’elles avaient, en compagnie d’autres participants, « bloqué les voies de circulation rue Begin et pris part à une marche aux flambeaux, encerclant le siège de la Kirya avec l’autorisation de la police ».

Quand la foule a rejoint la rue Kaplan, où un important rassemblement anti-gouvernemental était en train de tourner au chaos, avec des policiers à cheval venus pour disperser les protestataires qui cherchaient à bloquer la circulation, l’officier qui les accompagnait était parti et elles ont été blessées par les jets du canon à eau, a-t-elle expliqué, ajoutant que les forces de l’ordre ne s’étaient pas coordonnées de manière à empêcher les choses de dégénérer.

« Je suis la mère d’un otage ; Ilana est restée en captivité pendant 55 jours et elle est venue pour crier son désespoir pour son conjoint, et c’est ainsi que nous sommes traitées ? », a déploré Einav.

L’ancienne otage Ilana Grisewsky, au centre, lors d’une manifestation appelant le gouvernement à faire libérer les otages encore détenus par le Hamas à Gaza, le 24 février 2024. (Crédit : AP Photo/Ohad Zwigenberg)

Pas très loin de là, sur la Place des Otages, sur le Boulevard Shaul Hamelech, ce sont des milliers de personnes qui ont participé au 20e Rassemblement hebdomadaire consécutif réclamant le rapatriement des captifs. Les progrès réalisés à Paris ont fait naître un espoir rare chez les manifestants qui se sont regroupés sous la houlette du Forum des Familles d’otages et de portés-disparus.

Évoquant ces avancées, Eyal Eshel, dont la fille Roni a été tuée par des terroristes du Hamas, le 7 octobre, sur la base militaire Nahal Oz, a estimé que le rassemblement était « un moment d’optimisme ».

Le Forum – qui déclare être apolitique – a mis l’accent, lors de ses précédentes manifestations, sur la situation critique des familles d’otages, laissant la parole à de nombreux intervenants qui critiquaient âprement le gouvernement et appelaient à la démission de ses membres. Certains d’entre eux avaient accusé Netanyahu de saboter le processus de négociations sur la libération des otages pour prolonger la guerre et éviter ainsi des élections.

En contraste, le regroupement de samedi a été l’occasion de multiples paroles d’espoir et Netanyahu a été salué.

« Nous vous donnons toute notre force à vous, qui êtes notre Premier ministre, de manière à ce que vous puissiez continuer à avancer sur la voie courageuse que vous avez empruntée », a commenté dans son discours Anat Angrest, dont le fils Matan est actuellement retenu en captivité, ajoutant que « c’est là l’image de la victoire que veulent voir les Israéliens : Des otages qui reviennent chez eux, des soldats qui reviennent auprès de leur mère ».

« Nous ressentons de l’optimisme face à nos responsables militaires et diplomatiques », a-t-elle poursuivi.

Matan Angrest, pris en otage le 7 octobre 2023 dans son unité de Blindés de la base militaire de Nahal Oz. (Autorisation)

Angrest a critiqué les « radicaux » – c’est le terme qu’elle a employé – qui, selon elle, pourraient s’opposer à l’accord. Une référence manifeste aux politiciens d’extrême-droite comme le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, et le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, qui ont indiqué qu’ils bloqueraient tout accord qui pourrait « compromettre » la sécurité d’Israël ou s’apparenter à une « reddition » face au Hamas.

« Arrêtez de lancer des appels irréfléchis », a continué Angrest, reprenant le terme qu’avait utilisé Ben Gvir pour qualifier un accord qui serait inacceptable à ses yeux. « Arrêtez de présenter un accord sur les otages en évoquant un compromis trouvé au détriment de la sécurité. Arrêtez d’utiliser cyniquement les familles en deuil. Arrêtez vos élections et vos campagnes », a-t-elle supplié.

Samedi dans la journée, le Forum Tikvah, des familles d’otages qui s’opposent à toutes les concessions consenties par ailleurs par les intervenants de la Place des Otages, a mis en garde dans un communiqué contre la finalisation « d’un accord irréfléchi » avec le groupe terroriste. Un bon accord, a établi le communiqué, « implique de renforcer la pression militaire et de stopper l’acheminement des aides humanitaires qui ne font que renforcer le Hamas ».

Amiram Levin s’exprime sur la place des Otages, le 24 février 2024. (Crédit : Forum des familles d’otages et de portés-disparus)

Amiram Levin, général à la retraite, a dit, dans son discours prononcé sur la Place des Otages, qu’à moins que tous les captifs ne soient libérés – ce qui serait « une victoire morale » – les troupes israéliennes cesseraient de risquer leur vie sur le champ de bataille.

Selon l’armée israélienne, ce sont 577 soldats qui sont morts dans la guerre qui avait été déclenchée par l’assaut meurtrier du 7 octobre. 238 sont tombés sur le champ d’honneur pendant l’incursion terrestre à Gaza. 339 avaient perdu la vie le 7 octobre, un grand nombre d’entre eux en luttant contre les terroristes qui étaient entrés sur le territoire israélien et qui ont été tués dans leur majorité.

Plus de 29 000 Palestiniens sont morts à Gaza, après le 7 octobre, en raison de la guerre, selon les statistiques transmises par le ministère de la Santé placé sous l’autorité du Hamas. Des chiffres qui ne font pas la différence entre civils et terroristes – l’armée israélienne affirme, de son côté, avoir tué plus de 12000 hommes armés à Gaza en plus d’un millier en Israël, le 7 octobre.

« Nous aurons besoin d’une armée forte et de milliers de combattants qui voudront risquer leur vie sur le champ de bataille », a déclaré Levin, ancien commandant du Commandement du nord et ancien directeur-adjoint du Mossad. « Mais sans victoire morale, cela n’arrivera pas ».

Des manifestants brandissent des panneaux avec les visages et les noms des otages détenus par le Hamas, le 24 février 2024. (Crédit : Charlie Summers/Times of Israel)

Le Forum des Familles d’otages et de portés-disparus a aussi organisé un rassemblement à Jérusalem, samedi soir, qui a réuni des centaines de participants. Parmi les intervenants, Yael Adar dont le fils Tamir avait été pris en otage par le Hamas – il s’est finalement avéré qu’il avait été tué et que les terroristes s’étaient emparés de son corps sans vie. Elle a supplié le gouvernement de faire rapatrier sa dépouille pour être en mesure de lui offrir des funérailles dignes. « Vous devez faire revenir mon fils assassiné ainsi que tous ceux qui ont été tués et vous devez nous permettre à nous, les familles dévastées, de nous reconstruire », a-t-elle demandé au gouvernement.

Elle a aussi accusé ce dernier d’utiliser les résidents des communautés frontalières de Gaza comme « des boucliers humains ».

« Nous pensions que vous [les membres du gouvernement], vous nous protégiez mais vous nous avez tous transformés en boucliers humains », a-t-elle affirmé. « Alors qu’ils construisaient des tunnels, vous espériez que tout irait bien et vous nous disiez que nous étions protégés, mais la vérité est que vous nous avez abandonnés ».

« Vous avez commencé cette guerre pour les otages alors pourquoi est-ce que vous ne voulez pas l’arrêter pour leur permettre de revenir ? », a-t-elle interrogé.

Mai Alvini, petit-fils de Haim Peri, otage du Hamas, s’exprime lors du rassemblement pour les otages de Jérusalem, le 24 février 2024. (Crédit : Charlie Summers/Times of Israel)

Mai Alvini, le petit-fils de Chaim Peri, 79 ans, a accusé Smotrich d’abandonner des otages et de « blâmer les familles » des captifs.

« Je suis désolé qu’ils aient kidnappé mon grand-père », a-t-il déclaré avec amertume. « C’est pas de ma faute et cela ne se reproduira pas ».

Il s’en est pris à Smotrich qui, selon lui, accorde la priorité à la construction « de milliers de nouveaux logements à Maale Adumim, Efrat et à Kedar avant de reconstruire les kibboutzim de l’enveloppe de Gaza », faisant référence au projet qui a été annoncé par le ministre d’extrême-droite après un attentat à l’arme à feu meurtrier qui a eu lieu jeudi.

Devorah Leshem, la grand-mère de Romi Gonen, 23 ans, qui avait été enlevée lors de la rave-party Supernova, le 7 octobre, a lancé un appel à Netanyahu dans son discours, réclamant le retour des otages après 141 jours de captivité.

« Ma petite-fille prévoyait de voyager dans le monde pendant quatre ans, elle ne prévoyait pas de voyager à Gaza », a-t-elle dit.

Les organisateurs ont lu les noms de tous les otages encore détenus au sein de l’enclave côtière, jurant de ne pas les abandonner.

Michael Rapaport sur la Place des Otages de Tel Aviv, le 24 février 2024. (Crédit : Forum des Familles d’otages et de portés-disparus)

Pendant ce temps-là, sur la Place des Otages de Tel Aviv, l’un des derniers intervenants, lors du rassemblement, a été Michael Rapaport, un acteur juif américain originaire de New York, qui a pris part à de nombreuses manifestations de ce type et qui défend avec force la cause des otages aux États-Unis.

« Cela me rend malade de voir que vous devez supplier ceux dont le travail est de faire revenir les otages », a-t-il déclaré devant la foule. « Cela me rend malade de voir que les Nations unies, la Croix rouge, La Haye vous ont abandonnés. Tous devraient avoir honte. Vous méritez mieux. Tous. »

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