Un responsable du Likud fustige un Barak “pathétique” après ses critiques contre Netanyahu
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Un responsable du Likud fustige un Barak “pathétique” après ses critiques contre Netanyahu

Selon ce cadre, l’ancien dirigeant est “le plus grand échec comme Premier ministre de l’histoire d’Israël”

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et son ministre de la Défense d'alors, Ehud Barak, pendant une conférence de presse au bureau du Premier ministre, le 21 novembre 2012. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et son ministre de la Défense d'alors, Ehud Barak, pendant une conférence de presse au bureau du Premier ministre, le 21 novembre 2012. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le Likud, le parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a répliqué samedi après les critiques d’Ehud Barak sur Netanyahu, affirmant que l’ancien Premier ministre était le pire des 69 ans d’histoire d’Israël.

« [Il est] le plus grand échec comme Premier ministre de l’histoire d’Israël, qui a été honteusement jeté dehors par le peuple après seulement un an et demi », a dit un responsable anonyme du parti selon des médias israéliens.

« Il est devenu pathétique », a dit le responsable, ajoutant que les critiques de Netanyahu par Barak étaient un complot « pour lécher quelques miettes d’attention médiatique ».

Samedi, Barak avait accusé Netanyahu de subir de lourdes pressions de son extrême-droite en termes d’affaires d’état et de politique, ajoutant que le Likud avait été « repris » par le mouvement des implantations.

Il a prévenu que Netanyahu risquait de rater une opportunité qui ne se présente « qu’une fois par génération » de faire progresser les relations entre Israël et le monde arabe. Netanyahu reconnait les intérêts communs d’Israël et de nombreux états arabes, « et il en parle », a dit Barak, mais le Premier ministre ne prend pas les mesures nécessaires pour réaliser cette « opportunité unique ».

L'ancien Premier ministre et ministre de la Défense Ehud Barak à la Conférence de Herzliya, le 16 juin 2016. (Crédit : Adi Cohen Zedek)
L’ancien Premier ministre et ministre de la Défense Ehud Barak à la Conférence de Herzliya, le 16 juin 2016. (Crédit : Adi Cohen Zedek)

Le « projet régional » ne peut pas progresser sans « avancée significative » avec les Palestiniens, et Netanyahu ne se montre pas suffisamment prêt à approuver cela, a accusé Barak.

« Je n’aime pas le discours changeant de Netanyahu », a dit Barak pendant un évènement à Tel Aviv.

« Ces dernières années, il a été dans un état d’esprit qui est ancré dans les [croyances] de ses parents, et ceci a été exacerbé par le fait que la droite alignée sur les habitants des implantations a repris le Likud. »

Barak a de plus affirmé que la nature sombre du Premier ministre l’empêchait de gérer correctement les affaires du pays.

Netanyahu « est pessimiste, passif, très anxieux et a le sentiment d’être une victime », a dit l’ancien dirigeant israélien.

« Ce n’est pas une bonne recette pur les décisions stratégiques, et cela mène à la paralysie, et aux prophéties pessimistes auto-réalisatrices, parce que rien n’est fait pour les empêcher », a conclu Barak.

Ehud Barak, ancien Premier ministre, avec Isaac Herzog, chef de l'opposition et de l'Union sioniste, pendant une conférence de presse du Parti travailliste à Tel Aviv, le 29 janvier 2017. (Crédit : Flash90)
Ehud Barak, ancien Premier ministre, avec Isaac Herzog, chef de l’opposition et de l’Union sioniste, pendant une conférence de presse du Parti travailliste à Tel Aviv, le 29 janvier 2017. (Crédit : Flash90)

Barak a été rejoint dans ses critiques par le chef de l’opposition, Isaac Herzog, qui a attaqué le gouvernement Netanyahu sur ses attaques à la liberté d’expression en Israël.

« La brutalité du gouvernement Netanyahu contre toute liberté artistique, leurs tentatives de supprimer quiconque exprime une opinion différente, c’est un grand désastre pour la démocratie israélienne », a dit Herzog samedi, après les récentes menaces de Miri Regev, ministre de la Culture, de cesser de financer le festival d’Israël car de la nudité y est présente.

« Tous les jours, Miri Regev cherche quelqu’un à combattre. Vous ne pouvez pas toujours, même sous le masque de changer le monde, nuire à la liberté de créativité, de pensée et d’expression », a dit Herzog, qui dirige actuellement l’Union sioniste, coalition de partis de centre gauche qui comprend le Parti travailliste (Havoda) et Hatnua de Tzipi Livni.

Le mois dernier, Barak aurait accepté de concourir à la tête du parti travailliste, mais ce projet a échoué quand d’autres candidats ont refusé sa demande de renoncer à l’élection.

L’ancien Premier ministre a cependant publiquement démenti tout retour à la politique, et il n’est pas candidat pour les élections du mois prochain à la tête du parti.

Pendant la dernière année, Barak, 75 ans et récemment barbu, est devenu un fervent critique de Netanyahu, qui s’épanche sur le Premier ministre et sa coalition sur Twitter, à la radio, et à la télévision.

Barak a été le chef d’Etat-major de l’armée israélienne à être resté en poste le plus longtemps, et le soldat le plus décoré du pays, avant de devenir Premier ministre en 1999 en battant Netanyahu.

Après sa défaite en 2001 contre Ariel Sharon, Barak s’était temporairement retiré de la vie politique, mais était revenu au Parti travailliste en 2005. Entre 2007 et 2013, il a été ministre de la Défense, notamment pour Netanyahu entre 2009 et 2013.

En 2011, il a quitté le Parti travailliste avec quatre autres députés pour rester dans la coalition de Netanyahu malgré l’opposition des autres travaillistes.

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