Une députée de Tikva Hadasha attaque le fils de Netanyahu pour diffamation
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Une députée de Tikva Hadasha attaque le fils de Netanyahu pour diffamation

Yifat Shasha-Biton réclame 500 000 NIS de dommages et intérêts à Yair Netanyahu pour avoir affirmé dans une interview que "des gens sont morts à cause de ses décisions populistes"

La députée Yifat Shasha-Biton. (Crédit : Miriam Alster / Flash90)
La députée Yifat Shasha-Biton. (Crédit : Miriam Alster / Flash90)

La députée Yifat Shasha-Biton (Tikva Hadasha), et sans doute prochaine ministre de l’Education au sein de la coalition qui s’apprête à renverser le Premier ministre Benjamin Netanyahu, a déposé mercredi une plainte pour diffamation d’un montant de 500 000 NIS contre le fils du Premier ministre, Yair, pour des commentaires à son sujet émis en décembre.

Mme Shasha-Biton est devenue membre du Likud de Benjamin Netanyahu après que le parti Koulanou de Moshe Kahlon, aujourd’hui disparu, a fusionné avec lui. Lors de la pandémie de COVID-19, en tant que présidente de la commission Corona de la Knesset, elle a provoqué la colère des alliés du Premier ministre en annulant plusieurs décrets adoptés par le cabinet.

Elle a critiqué ce qu’elle considérait à l’époque comme des mesures injustifiées qui maintenaient fermés certains espaces publics, notamment les salles de gym, alors que d’autres secteurs de l’économie rouvraient leurs portes après la première vague de COVID-19. Elle a utilisé ses pouvoirs pour annuler cette décision et plusieurs autres avant que Netanyahu ne démantèle sa commission et lui retire son autorité pour inverser les résolutions du cabinet.

En décembre 2020, Mme Shasha-Biton a quitté le Likud et a rejoint le rival du Premier ministre, Gideon Saar, dans son tout nouveau parti Tikva Hadasha. La liste de droite a été formée en vertu d’une promesse fondamentale de ne pas rejoindre un gouvernement dirigé par Netanyahu, et elle a respecté ce vœu, en choisissant de former un gouvernement dit du changement avec des partis de droite, centristes, de gauche et islamiste, qui doit prêté serment dimanche.

Trois jours après son départ du Likud, Yair Netanyahu l’a critiquée dans une interview accordée à la station de radio Galey Israël, affirmant qu’elle était responsable de nombreux décès liés au COVID-19.

« Des gens sont morts à cause de ses décisions populistes, il y a des gens dans leurs tombes qui sont morts lors de la deuxième vague [d’infections] », a déclaré Yair Netanyahu. « À cause d’elle, la deuxième vague a été plus grave, car elle a insisté pour que tout soit ouvert. C’est sa seule réussite dans toute sa vie publique. »

Il a également affirmé que le Likud avait confié à Shasha-Biton le poste de présidente de la commission Corona, tel un « acte de charité, parce qu’ils avaient pitié d’elle et voulaient qu’elle se sente bien dans sa peau ».

« Ils n’avaient aucune raison de l’inclure sur la liste du Likud, elle n’est pas un atout électoral et n’a pas ajouté de voix au Likud. Je ne crois pas que sa famille ait voté pour le Likud », a-t-il ajouté.

Yair Netanyahu, fils du Premier ministre Benjamin Netanyahu, arrive à une audience du tribunal à la cour des magistrats de Tel Aviv, le 10 mars 2021. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

En avril, Shasha-Biton a envoyé à Netanyahu une lettre exigeant qu’il retire publiquement ses remarques dans l’interview, sous peine d’avoir affaire à un procès, a rapporté la Douzième chaîne mercredi.

Le fils du Premier ministre a ignoré la lettre.

« Même la liberté d’expression doit avoir des limites raisonnables », indique la plainte, déposée par les avocats Efrat Azoulay Akel et Amir Tytunovich. Ils ont noté que Netanyahu est connu pour son « absence de limites et de bon goût ».

Les avocats ont déclaré que les remarques de Netanyahu s’étaient rapidement répandues sur les médias sociaux : « Beaucoup dans le public croient encore que les remarques choquantes publiées par l’accusé reflètent la réalité. »

Ils ont fait valoir que les commentaires ont porté atteinte à la réputation de Shasha-Biton, qu’ils ont suscité de nombreuses réactions négatives, voire des incitations à la haine et des menaces, et qu’elle « a eu du mal à regarder les gens dans les yeux, y compris ses associés, ses amis et ses proches. »

L’action en justice demande une compensation d’un montant total de
500 000 NIS et une correction publique de la remarque de Netanyahu.

Yair Netanyahu a pris l’habitude de publier des messages incendiaires sur les réseaux sociaux, et il tweete rapidement et fréquemment contre ceux qui, selon lui, lui ont fait du tort, à lui et à sa famille; ce qui lui vaut un grand nombre de procès en diffamation et de menaces juridiques.

La semaine dernière, plusieurs grands sites de réseaux sociaux, dont Facebook, Twitter et Instagram, l’ont temporairement bloqué après qu’il a publié l’adresse du député Yamina Nir Orbach, dans le cadre d’une série de manifestations devant son domicile visant à faire pression sur lui pour qu’il ne rejoigne pas le nouveau gouvernement. Orbach l’avait soutenu même s’il n’est pas d’accord avec lui.

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