Washington approuve officiellement la vente de chasseurs F-35 aux Emirats
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Washington approuve officiellement la vente de chasseurs F-35 aux Emirats

La vente de 50 chasseurs furtifs est évaluée à 23 milliards de dollars ; Le Qatar et l'Arabie Saoudite ont notamment exprimé de l'intérêt pour cet avion furtif

Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo quitte une réunion avec des membres du Conseil de sécurité de l'ONU au sujet du non-respect présumé de l'accord nucléaire par l'Iran, à New York, le 20 août 2020. (Crédit : MIKE SEGAR / POOL / AFP)
Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo quitte une réunion avec des membres du Conseil de sécurité de l'ONU au sujet du non-respect présumé de l'accord nucléaire par l'Iran, à New York, le 20 août 2020. (Crédit : MIKE SEGAR / POOL / AFP)

Les Etats-Unis ont approuvé officiellement la vente aux Emirats arabes unis d’armement de dernière génération, notamment 50 chasseurs furtifs F-35, pour un total de 23 milliards de dollars, a annoncé mardi le chef de la diplomatie Mike Pompeo.

« Aujourd’hui, j’ai ordonné au département d’Etat de notifier formellement au Congrès de notre intention d’autoriser la vente de plusieurs équipements avancés d’une valeur de 23,37 milliards de dollars », a indiqué M. Pompeo dans un communiqué.

La transaction annoncée mardi porte sur 50 F-35, pour 10,4 milliards de dollars, 18 drones armés MQ-9B, pour 2,97 milliards, et des munitions air-air et air-sol évaluées à 10 milliards.

La transaction, « conforme » selon lui à l’engagement américain de « maintenir la suprématie militaire d’Israël » dans la région, comprend également 18 drones tueurs MQ-9 « Reaper », a précisé la secrétaire d’Etat américain dans un communiqué.

« La décision historique des Emirats arabes unis de normaliser leurs relations avec Israël dans le cadre des Accords Abraham offre une occasion unique de transformer positivement le paysage stratégique de la région », a souligné M. Pompeo.

« Nos adversaires, notamment en Iran, le savent et ne reculeront devant rien pour empêcher ce succès partagé », a-t-il ajouté.

Selon la procédure habituelle aux Etats-Unis, le ministère des Affaires étrangères doit informer le Congrès de toute vente importante d’armement américain à des pays étrangers et les élus ont 30 jours pour s’y opposer.

Le ministre américain de la Défense Mark Esper, limogé sans ménagement lundi sur Twitter par le président Donald Trump, avait mené le 30 octobre une série de rencontres en Israël pour assurer la « supériorité militaire » de l’Etat hébreu au Moyen-Orient dans la foulée d’accords de normalisation des relations avec plusieurs pays arabes.

Le chef du Pentagone avait été accueilli par son homologue israélien Benny Gantz à son arrivée à l’aéroport Ben Gourion de Tel Aviv, où il avait assisté à une présentation du bouclier anti-missile israélien « Dôme de fer » dont les Etats-Unis ont acheté deux batteries.

Lundi, la puissante commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset s’est réunie pour discuter du projet de vente de l’avion de combat F-35 par les États-Unis aux Émirats arabes unis. Bien que des représentants du cabinet du Premier ministre, du ministère de la Défense et du ministère des Affaires étrangères aient pris la parole devant la commission, ils n’ont fourni que peu d’informations au-delà de celles contenues dans les déclarations officielles déjà publiées par leurs cabinets ministériels.

Le projet de vente des avions de chasse furtifs de cinquième génération aux Émirats arabes unis, qui a été révélé pour la première fois par le journal Yedioth Ahronoth peu après l’annonce de l’accord de normalisation en août, a été un choc en Israël, en particulier pour les services de sécurité du pays, qui avaient été exclus des négociations avec Abou Dhabi par Netanyahu.

Le Premier ministre a nié à plusieurs reprises que l’approbation par Israël de la vente des F-35, ainsi que des drones avancés et d’autres armes, faisait partie de l’accord avec les Émirats arabes unis ou qu’il y avait des négociations secrètes à cet effet. Cela a été publiquement remis en question par le ministre de la Défense Benny Gantz et carrément contesté par les membres des partis d’opposition, y compris lors de la réunion de la commission.

Le principal conseiller en politique étrangère de Joe Biden a déclaré le 28 octobre que ce dernier était préoccupé par le projet de l’administration Trump de vendre des avions de chasse F-35 aux Émirats arabes unis.

« L’administration Obama-Biden a fait en sorte que notre avion de combat le plus avancé soit mis à la disposition d’Israël, mais seulement pour Israël au Moyen-Orient, parce que nous voulions nous assurer qu’Israël soit en mesure de préserver son avantage militaire qualitatif, [QME – Qualitative Military Edge], et nous avons prévu la vente d’un certain nombre de F-35 pendant notre administration », avait déclaré M. Blinken, qui a été conseiller adjoint à la sécurité nationale sous l’ancien président Barack Obama.

« Et donc les informations selon lesquelles l’administration s’est engagée à fournir ces avions aux Émirats arabes unis sont quelque chose que nous allons examiner très, très attentivement, et nous assurer que le QME est préservé et aussi que le Congrès joue un rôle très important, » avait-il ajouté.

Des élus démocrates avaient fait savoir le mois dernier que l’administration du président Donald Trump s’apprêtait à approuver la vente de F-35, s’inquiétant des risques de « prolifération d’armement » au Proche-Orient.

Le Qatar et l’Arabie Saoudite ont notamment exprimé de l’intérêt pour cet avion furtif, difficilement détectable par les radars.

Depuis les années 1960, les Etats-Unis maintiennent une politique dite du « Qualitative military edge » (QME) ou « avantage militaire qualitatif », selon laquelle Washington s’assure qu’Israël dispose du meilleur équipement militaire dans sa région – une politique pourtant ancrée dans la loi.

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