Yair Golan : le parti travailliste snobe Meretz
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Yair Golan : le parti travailliste snobe Meretz

« Nous siégerons avec n'importe quel gouvernement » afin de restaurer le pays à « ses valeurs humaines fondamentales », affirme le député

Le député du Meretz Yair Golan prend la parole lors d'une session plénière à la Knesset, à Jérusalem, le 24 août 2020. (Crédit : Oren Ben Hakoon / POOL)
Le député du Meretz Yair Golan prend la parole lors d'une session plénière à la Knesset, à Jérusalem, le 24 août 2020. (Crédit : Oren Ben Hakoon / POOL)

Le député d’opposition Yair Golan (Meretz) a affirmé jeudi que son parti de gauche serait prêt à soutenir le challenger de droite Gideon Saar comme Premier ministre aux prochaines élections si cela permet d’évincer Benjamin Netanyahu.

Saar, ancien membre du Likud de Netanyahu, a créé en décembre son propre parti de droite, Tikva Hadasha, afin de faire campagne directement pour le poste de Premier ministre.

À la radio publique Kan, Golan a répondu à une question concernant la possibilité que Meretz soutienne la formation d’un gouvernement dirigé par Saar, considéré comme résolument à droite sur de nombreuses questions, notamment les implantations israéliennes en Cisjordanie, auxquelles Meretz est résolument opposé.

« Oui », a-t-il répondu à l’idée de soutenir un gouvernement dirigé par Saar. « Oui, sans équivoque. La priorité est d’éradiquer la corruption parmi nous. La corruption détruit le pays, et Netanyahu est sans aucun doute un personnage fondamentalement corrompu. »

Netanyahu est jugé dans trois affaires de corruption qui impliquent des accusations de corruption, de fraude et d’abus de confiance. Le Premier ministre nie tout acte répréhensible.

A LIRE – Etat d’Israël vs. Netanyahu : détails de l’acte d’accusation du Premier ministre

La liste de Tikva Hadasha, soumise aux responsables électoraux mercredi, est remplie d’anciens députés du Likud.

« Nous siégerons avec n’importe quel gouvernement », a déclaré Golan, afin de restaurer le pays à « ses valeurs humaines fondamentales ».

Gideon Saar au siège du parti à Tel Aviv, Israël, le 14 janvier 2021. (AP Photo / Sebastian Scheiner)

Golan était plus mitigé quant à la suggestion d’un gouvernement dirigé soit par le député Naftali Bennett, qui dirige le parti nationaliste religieux Yamina, soit par le député Avigdor Liberman, chef du parti laïc mais belliciste Yisrael Beytenu.

Bien que les trois partis aient de profondes divergences sur certaines questions, ils partagent un objectif commun déclaré de vaincre Netanyahu aux élections du 23 mars.

« Nous devons avant tout lutter contre la corruption et préserver la démocratie », a déclaré Golan. « Après cela, nous serons heureux de promouvoir le reste de nos valeurs. »

Il a également écarté l’idée d’un Meretz fonctionnant sur une liste commune avec le parti travailliste, affirmant que depuis que sa nouvelle chef, Merav Michaeli, a pris la relève, le parti a snobé le Meretz.

« Les unions devraient être discutées après les élections, pas avant les élections », a déclaré Golan, qui est convaincu que le Meretz obtiendra le nombre de voix nécessaires pour siéger à la Knesset.

Après cette interview, une source haut placée du Meretz a déclaré à Haaretz que le parti ne recommanderait ni Netanyahu, ni Saar, ni Bennett comme Premier ministre et que Golan n’exprimait qu’une hypothèse. Cette source faisait référence au processus formel après une élection, au cours duquel les dirigeants de chaque parti siégeant à la Knesset transmettent au président leur recommandation sur le député à qui donner la charge de constituer un gouvernement et de devenir Premier ministre.

Selon le reportage, le parti travailliste et le Meretz prévoient de mener des campagnes assez divergentes pour éviter de rivaliser auprès des mêmes électeurs.

Meretz, dirigé par le député Nitzan Horowitz, fera campagne à l’extrême-gauche sur des questions de religion et d’État, dans le but de recruter des électeurs notamment parmi la population arabe israélienne, comme lors des dernières élections.

Le parti travailliste visera davantage le centre-gauche de la carte politique, selon le reportage.

Au total, 18 partis ont présenté leur liste de candidats mercredi, alors qu’un certain nombre de grands partis ont renoncé à fusionner, et que plusieurs petits partis ont quitté la course.

Les listes peuvent être soumises à la commission centrale électorale jusqu’à jeudi minuit. Tout parti qui a soumis sa liste ne peut plus la modifier.

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