Le secrétaire d’Etat John Kerry a exposé la bombe massive anti-bunker américaine de 13 600 kg contre le programme nucléaire iranien dans une interview diffusée cette semaine, pour rassurer les Israéliens : l’Amérique a les moyens d’affronter Téhéran, même si cela impliquait une action militaire préventive.

Les Israéliens doivent avoir une certaine confiance en une « administration qui a conçu et déployé une arme ayant la capacité de contrer le programme nucléaire iranien », a déclaré Kerry à la Dixième chaîne israélienne, ajoutant qu’il s’agit d’ « une administration, d’un gouvernement, d’un pays qui soutiendra Israël à l’avenir ».

L’arme à laquelle il faisait allusion est la Massive Ordnance Penetrator, ou MOP, une bombe de 13 600 kg devenue opérationnelle en 2011, et qui a récemment été repensée en termes d’orientation et de pénétration. L’arme massive n’a pas été proposée à l’achat à Israël.

Le département américain de la Défense a investi 330 millions de dollars pour développer 20 de ces bombes, et demandé 82 nouveaux millions de dollars pour améliorer leur efficacité, indiquait le Wall Street Journal en 2012.

En avril, le Journal a rapporté que la bombe améliorée a été testée à la mi-janvier, quand elle a été larguée depuis un bombardier B-2 qui a décollé de la base aérienne Whiteman au Missouri.

Le test a montré avec succès une énorme bombe, qui se guide aussi bien que de petites armes de précision, et améliorée par des contre-mesures électroniques dans le cas d’un conflit avec l’Iran.

Des responsables américains, qui n’auraient pas fait partie des négociations avec l’Iran, ont déclaré au Wall Street Journal que les bombes, si elles étaient utilisées, auraient un effet dévastateur inédit pour une arme non-nucléaire.

Les bombes sont conçues pour être larguées par deux, la première se frayant un chemin à travers les couches de roche et d’acier qui protègent les installations nucléaires souterraines, comme celle de Fordo, en Iran, et la seconde la suivant de près pour détruire la cible.

Le Journal a rapporté que des responsables du Pentagone ont partagé des informations sur la bombe avec leurs homologues israéliens, et « leur ont montré des vidéos de l’arme frappant une cible au cours des essais ».

Les vidéos auraient montré un profond bunker totalement détruit par une bombe à guidage de précision.

« Le Pentagone », a déclaré un responsable au Journal, « se consacre toujours à fournir des options militaires contre l’Iran si nécessaire […] Si vous dites que toutes les options sont sur la table, il faut que quelque chose de crédible soit sur la table. »

Dans l’interview, Kerry semblait indiquer que la menace d’une action militaire américaine plane encore sur les négociations, pour empêcher d’éventuelles violations iraniennes de tout accord.

Israël, fustigé pour son action préventive contre le réacteur nucléaire de Saddam Hussein en 1981, et qui a observé la réticence américaine à agir en Corée du Nord et en Syrie, reste peu convaincu que l’accord empêchera le programme nucléaire iranien, même si Kerry « garantit » le contraire.

« Il y a ceux qui disent que l’accord-cadre de Lausanne renforcera la sécurité d’Israël », a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans un message vidéo à l’Institut de Washington pour la politique au Proche-Orient vendredi.

« En tant que Premier ministre d’Israël, je peux vous dire catégoriquement que cet accord mettra en danger Israël – et gravement. »