Le Hamas s’oppose à l’implication onusienne dans la reconstruction de la bande de Gaza suite à l’opération Bordure protectrice et demande à ce que le gouvernement d’unité, plutôt qu’une organisation internationale, soit en charge du projet de reconstruction, indique un fonctionnaire du Hamas dimanche.

La dirigeant-adjoint du bureau politique, Moussa Abu Marzuk, affirme que le Hamas n’a jamais vu le « plan Serry », nommé ainsi d’après le Rapporteur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, Robert Serry. Il insiste pour que les travaux de reconstruction, estimés à des milliards de dollars, restent entre les mains des Palestiniens.

« Un bon nombre de fonctionnaires affirment qu’Abu Marzuk a accepté le plan, ce qui est un mensonge éhonté ; de ce fait j’affirme ce qui suit : lors des négociations indirectes au Caire, nous avons rejeté l’ONU en tant que partie reconnue à la reconstruction », a écrit Abu Marzuk sur sa page Facebook.

Il fait référence aux pourparlers pour négocier un cessez-le-feu qui ont eu lieu en août, sous l’égide de l’Egypte, entre Israël et le Hamas. « Tout le monde insiste sur le fait que l’Autorité palestinienne, par la voie du gouvernement d’unité, est responsable de la reconstruction ».

« Le plan de l’envoyé international ne nous a jamais été présenté », ajoute-t-il.

Les Etats donateurs ont promis 5,4 milliards de dollars le 12 octobre pour la reconstruction de Gaza et l’accroissement du budget du gouvernement palestinien.

Selon une fiche détaillée publiée par le bureau de Serry, le gouvernement palestinien est responsable de la réparation des maisons endommagées et des projets privés et publics à grande échelle.

L’ONU continuera à construire des écoles, des cliniques et « à soutenir l’approvisionnement des services de base » comme elle le faisait déjà avant l’opération israélienne. Le matériel de construction nécessaire doit être consigné par le ministère palestinien des Affaires civiles pour obtenir l’approbation d’Israël.

Des fonctionnaires palestiniens ont indiqué au Times of Israel que l’ONU avait quasiment achevé son mécanisme de contrôle sur les matériaux qui entrent dans le bande de Gaza. Ce mécanisme lui permettra d’employer des centaines de travailleurs locaux et étrangers, mais aussi d’employer des compagnies étrangères pour les aider à superviser la reconstruction.

L’Autorité palestinienne, pour sa part, a préparé une liste d’une dizaine de contractants de Gaza autorisés à recevoir ces matériaux. Des caméras ont été installées dans leurs locaux pour que l’on puisse suivre étroitement toutes les transactions.

« Si cela est mis en place de façon honnête, ce mécanisme représente une étape importante vers la levée des bouclages restants et il est un signal d’espoir pour le peuple de Gaza », affirme le document.

Mais vu l’opposition du Hamas à l’implication de l’ONU, l’honnêteté semble improbable.

Le mouvement islamiste a plusieurs fois critiqué les activités de l’ONU dans la bande de Gaza, condamnant l’UNRWA (l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient) pour son programme sur les droits de l’Homme dans les écoles dirigées par les Nations unies.

Le fonctionnaire du Hamas basé à Gaza, Mahmoud Al-Zahar, a qualifié le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, de « politique hypocrite» car ce dernier avait condamné les tunnels terroristes du Hamas dans la région mi-octobre.

Au moment de la publication de cet article, les membres du bureau de Serry n’étaient pas disponibles pour faire de commentaires.

Cependant, le ministre palestinien des Affaires civiles a affirmé au quotidien Al-Ayyam lundi qu’Israël avait accepté d’augmenter les quantités autorisées des matériaux de construction qui entreront à Gaza au début de la semaine prochaine.

Une source anonyme du ministère indique qu’Israël doublera la quantité de ciment autorisée à entrer à Gaza par rapport à la quantité livrée le 14 octobre dernier pour approvisionner les usines de briques.

Dimanche, Israël a fermé les deux passages transfrontaliers avec Gaza, dont le point de passage de Kerem Shalom par lequel les camions de construction entrent dans Gaza, en réponse à une roquette tombée en territoire israélien vendredi soir.

Avi Issacharoff a contribué à cet article.