Drapeau incendié, soldats menacés devant une école juive, « menaces » sur les réseaux sociaux : une série d’incidents témoignent d’une tension toujours vive en France après les attentats djihadistes qui ont endeuillé le pays.

Dans la nuit de samedi à dimanche, deux soldats en faction devant un collège juif du Raincy, dans la banlieue parisienne, été menacés par un homme qui avait tiré la culasse de son arme à leur vue, a-t-on appris lundi.

Les soldats, déployés dans la foulée de l’attaque contre un supermarché casher qui a fait quatre morts le 9 janvier à Paris, ont armé leur fusil d’assaut et fait fuir l’auteur des menaces qui n’a pas été interpellé.

A Ajaccio en Corse, un drapeau français accroché au fronton d’une école maternelle dans un quartier à forte population d’origine maghrébine a été brûlé et remplacé par un drapeau marocain durant le week-end, un acte ni signé ni revendiqué.

Les restes du drapeau profané et le drapeau marocain installé à sa place ont été découverts lundi matin lors de la rentrée des classes.

Des drapeaux français ont été brûlés lundi et durant le week-end dans plusieurs pays musulmans, notamment au Niger et au Pakistan, lors de manifestations anti-françaises et anti-chrétiennes pour dénoncer la nouvelle caricature de Mahomet dans le journal satirique Charlie Hebdo, dont la rédaction a été décimée lors d’une tuerie qui a fait 12 morts le 7 janvier.

Des islamistes radicaux en chemin pour aller manifester devant le Centre culturel français à Gaza le 19 janvier 2015 (MOHAMMED ABED / AFP)

Des islamistes radicaux en chemin pour aller manifester devant le Centre culturel français à Gaza le 19 janvier 2015 (MOHAMMED ABED / AFP)

Par ailleurs, une lycéenne de 19 ans a été placée lundi en garde à vue à Pontoise, près de Paris, pour des « menaces » postées sur la page Facebook de la mère d’une victime du djihadiste français Mohamed Merah, qui avait tué des juifs et des militaires à Toulouse (sud-ouest) en 2012. Cette mère de soldat, de confession musulmane, fait la tournée des établissement scolaires pour prôner un islam de tolérance.

La jeune fille est aussi soupçonnée d’avoir posté la semaine dernière un message cautionnant les attentats, marquant une apologie du terrorisme.

Depuis les attaques, plusieurs condamnations pour « apologie du terrorisme » ont été prononcées par la justice.

Dans ce contexte de tension, la Grande Mosquée de Paris a demandé lundi aux autorités d’interdire d’exercice tout gestionnaire de lieu de culte musulman ou imam prônant « un discours allant à l’encontre des valeurs de la République ».

L’Observatoire national contre l’islamophobie, a quant à lui recensé 116 actes, menaces et inscriptions antimusulmans depuis les attentats, soit 110 % de plus que pour l’ensemble du mois de janvier 2014.

Ce décompte publié lundi est établi sur la base des plaintes recensées par le ministère de l’Intérieur. Il se répartit en 28 actions contre des lieux de culte et 88 menaces, selon cette instance dépendant du Conseil français du culte musulman (CFCM).

Le président de l’observatoire « dénonce ces actes de haine à l’égard des Français de confession musulmane qui, dans leur immense majorité, respectent les valeurs de la République et la laïcité ».

Le président François Hollande et le Premier ministre Manuel Valls ont assuré la semaine dernière que les musulmans avaient droit à la « même protection », à « la même protection de leurs lieux de culte », que les autres confessions religieuses.