Le suicide a été la première cause de mortalité des soldats israéliens en 2016, devant les attaques terroristes, les accidents d’entraînement, les accidents de voiture ou la maladie, a annoncé l’armée israélienne dimanche.

Quinze soldats israéliens, tous des garçons, se sont suicidés en 2016, comme en 2015 et en 2014, selon un responsable de la Branche des Ressources humaines de Tsahal.

Au total, 41 soldats sont morts en 2016, selon les données de fin d’année publiées par l’armée. Ce nombre représente une légère hausse par rapport à 2015, où 36 soldats avaient été tués, mais représente une légère amélioration par rapport à la décennie précédente.

Entre 2007 et 2011, le nombre de soldats tués chaque année était d’environ 64. En ne comptant pas 2014, année pendant laquelle a eu lieu l’opération Bordure protectrice dans la bande de Gaza, entre 2012 et 2016, le nombre de soldats tués chaque année a baissé à son niveau actuel d’environ 40 personnes.

Selon l’armée israélienne, en plus des 15 soldats qui se sont suicidés, quatre soldats ont été tués pendant des opérations militaires, neuf dans des accidents sur des bases de l’armée, sept dans des accidents de voiture pendant une permission, et six sont morts de maladie ou pour d’autres raisons médicales.

Le tank du sergent Ido Ben-Ari, qui s'est renversé pendant un exercice sur le plateau du Golan, tuant le sergent et blessant trois autres soldats le 24 novembre 2016. (Crédit : Twitter)

Le tank du sergent Ido Ben-Ari, qui s’est renversé pendant un exercice sur le plateau du Golan, tuant le sergent et blessant trois autres soldats le 24 novembre 2016. (Crédit : Twitter)

Quarante-trois soldats ont également été grièvement blessés en 2016.

La plupart des soldats blessés ou tués effectuaient leur service militaire obligatoire. Une faible part d’entre eux étaient des soldats de métier, et une poignée d’entre eux étaient des réservistes en service au moment de leur mort, a annoncé l’armée.

Sur les soldats qui se sont suicidés, 12 étaient des conscrits, deux des militaires de carrière, et un était réserviste.

Comme en 2016, où tous les soldats qui se sont suicidés étaient des hommes, tous les ans, la majorité des suicides sont menés par des hommes (environ 90 %), mais il est rare qu’aucune soldate ne se suicide, selon le responsable des Ressources humaines.

Selon l’armée, aucune population particulièrement « à risque », comme les nouveaux immigrants ou les membres de la communauté éthiopienne, n’était surreprésentée parmi les 15 soldats qui se sont suicidés, ce qui constitue un autre changement par rapport aux années précédentes.

Le responsable a attribué la baisse du nombre de suicides dans ces groupes à plusieurs nouveaux programmes de l’armée, notamment l’un intitulé Moledet (patrie, ou nation), qui aide les soldats à se préparer à la culture de l’armée.

Maintenir le même taux de suicide de soldats pour 2016 n’était pas évident, étant donné qu’il existait des raisons de penser que les suicides augmenteraient cette année-là au sein de l’armée israélienne.

Tuvia Yanai Weissman, sa femme Yael et leur fille de quatre mois. Weissman a été poignardé à mort par des terroristes palestiniens dans un supermarché en Cisjordanie, le 18 février 2016 (Crédit : Facebook)

Tuvia Yanai Weissman, sa femme Yael et leur fille de quatre mois. Weissman a été poignardé à mort par des terroristes palestiniens dans un supermarché en Cisjordanie, le 18 février 2016 (Crédit : Facebook)

Suite à une attaque terroriste en février, dans laquelle le soldat Tuvia Yanai Weissman, qui n’avait pas eu le droit d’emporter son arme de service chez lui pendant une longue permission, avait été tué, l’armée avait adoucit ses règles sur cette pratique.

L’interdiction faite aux soldats d’emporter chez eux leurs armes de service pendant une longue permission (plus longue qu’un week-end) avait été mise en place en 2006 afin d’empêcher les soldats d’utiliser ces armes pour se suicider, ce qui était bien plus fréquent à l’époque qu’aujourd’hui.

Une étude militaire de 2010 avait montré que cette mesure seule avait permis une baisse de 40 % du nombre de suicides des soldats israéliens. Une autre étude avait conclu que la directive avait entraîné une baisse de 57 %.

Par exemple, en 2005, 36 soldats s’étaient suicidés, et 28 en 2006. Depuis, les nombres ont constamment baissé. En 2013, il n’y avait eu que sept suicides.

Même si l’armée pensait que ses autres programmes suffiraient à empêcher les soldats de se suicider, la décision d’annuler la directive avait soulevé la possibilité d’une hausse du nombre de suicides.

Un officier spécialiste en santé mentale avec une soldate. Illustration. (Crédit : Branche Technologique et Logistique de l'armée israélienne)

Un officier spécialiste en santé mentale avec une soldate. Illustration. (Crédit : Branche Technologique et Logistique de l’armée israélienne)

Selon l’officier, plusieurs programmes d’information sur le suicide, en plus de Moledet, ont été mis en place depuis l’interdiction d’apporter son arme à la maison pendant une longue permission.

Les commandants sont également mieux formés aux signaux d’alerte de dépression et de pensées suicidaires. Ils se rendent également chez les soldats à risque, a déclaré l’officier.

Des officiers spécialistes de la santé mentale, connus dans l’armée par leur acronyme en hébreu kaban, sont en contact avec les commandants de chaque niveau de l’armée, a déclaré le responsable.

L’officier des Ressources humaines a également souligné que même si les soldats ont le droit d’emporter leurs armes avec eux pendant leur permission, ceci ne se fait pas sans supervision.

« Nous avons été stricts sur qui emporte son arme. Ce n’était pas tous ceux qui le souhaitaient », a déclaré l’officier.

Bien que les suicides soient restés au même niveau qu’en 2015 et 2014, le nombre d’accidents arrivés sur des bases militaires a augmenté en 2016, a annoncé l’armée.

Récemment, en novembre 2016, le sergent Ido Ben-Ari a été tué quand le tank dans lequel il était s’est retourné. Trois autres soldats avaient été blessés.

Le sergent Ido Ben-Ari. Photographie non datée. (Crédit : Facebook)

Le sergent Ido Ben-Ari. Photographie non datée. (Crédit : Facebook)

En juillet dernier, deux soldats, Shlomo Rindenow et Hussam Tafesh, ont été tués quand la grenade avec laquelle jouait Tafesh avait explosé sur le plateau du Golan.

Le responsable n’a donné d’explication précise à cette hausse du nombre d’accidents en 2016, mais a déclaré qu’il s’agissait d’une « hausse mineure au sein d’une tendance générale à la baisse. »

Les chiffres fournis par l’armée soutiennent cette affirmation pour les accidents d’entraînement, qui avaient lieu au moins une ou deux fois par an entre 2005 et 2010, mais a largement chuté depuis. (Les statistiques ne remontent pas avant 2005.)

Ohad Cohen Nov, 34 ans, pilote de l'armée de l'air israélienne, tué dans un accident d'avion le 5 octobre 2016. (Crédit : autorisation)

Ohad Cohen Nov, 34 ans, pilote de l’armée de l’air israélienne, tué dans un accident d’avion le 5 octobre 2016. (Crédit : autorisation)

Le nombre d’accidents impliquant l’aviation a lui aussi baissé ces dernières années, à l’exception notable du major Ohad Cohen Nov, tué en octobre quand son F-16 s’est écrasé.

L’un des progrès les plus spectaculaires de l’armée a été fait dans le domaine des accidents de la route des soldats en permission. Entre 2005 et 2011, le nombre de tués dans ces accidents oscillait autour de 15, avec un pic à 24 et un minimum à 11. Ces trois dernières années, le nombre est resté entre sept et huit, selon les données de l’armée.

Ces progrès ont été faits en exigeant que les soldats dorment suffisamment avant de quitter la base, et en menant des campagnes contre l’alcool au volant, a déclaré le responsable.