Les responsables iraniens ont menacé, mardi, de mener de sévères représailles contre Israël en raison de la frappe aérienne survenue deux jours plus tôt. Le chef suprême du pays a révélé les liens personnels qu’il entretenait avec Jihad Mughniyeh, un commandant du Hezbollah qui a été tué lors de l’attaque.

Le chef des Gardiens de la Révolution, Mohammad Ali Jafari, prévient qu’Israël devrait anticiper « la foudre destructrice » qui s’abattra prochainement sur le pays, selon l’agence de presse iranienne Tasnim. Il a également souhaité que l’Iran renforce son soutien aux combattants musulmans du Moyen-Orient, « jusqu’à l’effondrement final du régime sioniste ».

Plusieurs agents du Hezbollah et de l’Iran ont été tués lors d’une attaque contre un convoi en Syrie, dimanche, près de la frontière avec Israël. Le Hezbollah indique que Mughniyeh a été tué avec cinq autres personnes, et l’Iran a confirmé que le commandant des Gardiens de la Révolution, Mohamed Allahdadi est aussi mort suite à la frappe aérienne.

Une source a indiqué à l’AFP que six Iraniens avaient été tués lors du bombardement.

Le président du Parlement iranien, Ali Larijani, a accusé Israël d’être derrière « tous ces actes de terreur au Moyen-Orient », particulièrement en Syrie, selon un article de PressTV. Il a ajouté que les « mesures nécessaires devraient être prises pour ces cas ».

Israël a refusé de commenter cette opération militaire, mais a augmenté son niveau d’alerte le long de sa frontière au nord. L’État a déployé une batterie anti-missile du Dôme de fer et a annulé les permissions de certains soldats. Le pays anticipe des représailles du Hezbollah.

L’Ayatollah Ali Khamenei s’est aussi joint aux voix des responsables iraniens qui accusent Israël d’être l’auteur de cette frappe aérienne. Un compte Twitter associé à l’ayatollah Khamenei a partagé des photos de lui et de Mughniyeh.

Ces photos publiées sur le compte Twitter @khameinei_ir sont décrites comme étant des « photos non vues » qui sembleraient être prises lors d’un entretien entre Mugniyeh et Khamenei en 2013.

Sur l’une des photos, l’on peut voir Khamenei et Mughniyeh s’étreignant, tandis qu’une autre montre Mughniyeh en train d’embrasser le chef suprême sur la joue.

Mughniyeh avait participé aux funérailles de la mère du commandant des forces al-Quds des Gardiens de la Révolution, Qassem Soleimani à Téhéran, le 14 septembre 2013.

Selon un reportage semi-officiel de l’agence de presse Fars News, Soleimani et Mughniyeh, les fils du terroriste du Hezbollah Imad Mughniyeh, entretenaient une relation « plus profonde qu’une relation que pouvaient entretenir un jeune homme et l’ami d’un père, et ceux qui ne les connaissaient pas pensaient qu’il était vraiment son fils ».

Imad Mughniyeh a été tué en 2008 lors d’une opération, que de nombreuses personnes imputent à Israël.

Le compte Instagram du chef suprême a également partagé des photos d’Imam Mughniyeh, embrassant l’ayatollah, publiées à côté d’une image presque identique de son fils embrassant Khamenei.

« Dans la guerre contre #ISIS en Syrie, il a été ‘martyrisé’ par #Israel », indique le chef suprême sur son compte Twitter.

Jihad Mughiniyeh, tué dimanche, avait environ 25 ans.

Dans la description de la photo que Khamenei a postée mardi, il a inclus une citation de l’oraison funèbre d’Imad Mughniyeh : « Les martyrs les plus importants du monde islamique, dont celui qui a été tué en martyr il y a quelques jours par les sionistes, se considéraient comme les enfants d’Imam (R.A). Hajj Emad Mughniyed se considérait lui-même comme le fils d’Imam (R.A). »