OR YEHUDA, Israël – Quelque chose qui ressemble à une canette de soda pourrait être la réponse israélienne high-tech au réseau de tunnels que le Hamas a créé à Gaza.

Un capteur connu comme un « géophone » peut détecter des mouvements souterrains basés sur des bruits, a fait savoir la société Elpam Electronics. Celle-ci affirme que le géophone est capable de trouver l’emplacement d’une personne pouvant ramper aussi profondément que 32 pieds (soit plus de 900 mètres sous terre).

Israël s’est attaqué au danger des tunnels de Gaza depuis des années, mais la menace a augmenté depuis l’opération militaire lancée le mois dernier. L’invasion terrestre de Gaza qui a commencé il y a cinq semaines avait pour but déclaré de neutraliser les tunnels, dont 32 ont ensuite été détruits, selon l’armée israélienne.

Maintenant, la mission se poursuit dans des laboratoires de recherche d’entreprises de défense israéliennes. Rafael Advanced Defense Systems et Elbit Systems, deux géants de la défense, travaillent sur des systèmes de détection des tunnels. Mais aucune des sociétés n’a commenté ses recherches.

Elpam Electronics a accepté de fournir à JTA un regard sur sa technologie. Elle y a travaillé pendant des décennies et elle est désormais en mesure de s’adapter pour contrer la menace actuelle.

Iky Koenig, directeur général d’Elpam, souhaite qu’Israël enterre des centaines de capteurs tout autour de la frontière de Gaza. L’an prochain, la compagnie espère avoir mis au point un système de surveillance qui permettra de localiser l’activité des tunnels et de les différencier des autres bruits souterrains.

« Nous mettons ces capteurs sous terre et si quelqu’un entend des foreuses, il peut les entendre comme s’il s’agissait d’un bulldozer » a expliqué Koenig.

En 1988, Elpam a créé ses capteurs pour aider aux opérations de recherche et de sauvetage. Les capteurs ont été conçus pour détecter les fréquences sonores dans les ruines des bâtiments détruits. Les secouristes peuvent ainsi entendre des gens pris au piège sous les décombres. Des dizaines de kits, qui peuvent tenir dans un gilet léger, ont déjà été vendus aux forces de défense israéliennes.

Elpam a également développé et vendu deux systèmes de détection de tunnels à l’armée israélienne en 2005 et 2006, l’un était destiné à détecter les tunnels le long du corridor de Philadelphie, à la frontière entre l’Egypte et la bande de Gaza, mais la société ne pouvait pas dire si le système avait vraiment été déployé.

Dans une déclaration à JTA, la semaine dernière, l’armée israélienne a déclaré qu’elle avait examiné deux systèmes de détection de tunnel en 2005 et 2006 qui ne se sont pas avérés efficaces.

Tsahal prévoit que le déploiement du nouveau système pourrait prendre un an et coûterait entre 425 et 565 millions de dollars. Mais elle n’a pas voulu confirmer si ces systèmes sont bien ceux développés par Elpam.

Mais le concept de capteur a aussi quelques détracteurs. Yiftah Shapir, un expert militaire de la technologie à l’Institut des études de sécurité nationale de l’Université de Tel Aviv a déclaré que les rangées de capteurs ne peuvent ne pas détecter certains types de tunnels ni les intersections entre plusieurs tunnels.

Shapir a également confié que les capteurs n’ont pas la capacité de détecter les ouvertures de tunnels, ce qui a été un des principaux objectifs de l’invasion terrestre.

« Vous pensez qu’un tunnel commence à un endroit et se termine à un autre », a-t-il expliqué. «Il y a trois ou quatre entrées. Au milieu il y a des jonctions. Il n’y a jamais un seul endroit. On regarde essentiellement là où les ouvertures se trouvent ».

Atai Shelach, PDG de la société de défense Engineering Solutions Group, a déclaré que les capteurs auront du mal à repérer les tunnels qui ont seulement quelques mètres de large. Au mieux, dit-il, la technologie ne fera que compléter les opérations de renseignement de l’armée, mais ne pourra pas les remplacer.

« Le capteur ne résout qu’une petite partie du problème », a déclaré Shelach, qui est aussi un ancien commandant du Corps de génie de Tsahal.

« Sans une solution plus large, il n’y aura pas d’autre choix que de compter sur le renseignement ».