Les enseignants devront désormais y réfléchir à deux fois avant de réprimander les élèves qui s’adonnent à la rêverie pendant les cours.

Une nouvelle étude israélienne a en effet constaté que laisser son esprit vagabonder améliore la performance du cerveau et prépare l’esprit à effectuer des tâches complexes.

Dans une étude publiée en février dernier dans la revue scientifique américaine Proceedings of the National Academy of Sciences, des chercheurs de l’Université Bar-Ilan ont pu démontrer que, contrairement à ce que l’on pense, un esprit errant n’est en rien entravé dans sa capacité à accomplir une tâche. Au contraire, sa performance en est améliorée.

Ce surprenant résultat peut se produire en raison de la convergence des deux activités, celle de la « libération de la pensée » et celle des « mécanismes de contrôle », qui se fait dans une seule région du cerveau, comme l’explique le professeur Moshe Bar, directeur du Centre multidisciplinaire de recherche sur le cerveau de l’université.

« Au cours des 15 ou 20 dernières années, les scientifiques ont montré que – contrairement à l’activité neuronale localisée associée à des tâches spécifiques – le vagabondage de l’esprit implique l’activation d’un réseau gigantesque de nombreuses parties du cerveau, » détaille Bar.

« Cette participation croisée dans le cerveau peut être impliquée dans différents résultats comportementaux, tels que la créativité et l’humeur, et peut également contribuer à la capacité de continuer à effectuer la tâche avec succès pendant que l’esprit s’échappe sur un chemin mental agréable, » complète-t-il.

Les chercheurs israéliens ont également pu montrer qu’un stimulus externe peut augmenter considérablement la vitesse à laquelle se produit la rêverie, ce qui à son tour influence positivement la performance dans l’accomplissement d’une tâche.

Selon Bar, l’étude met en évidence le fait que nous n’avons pas nécessairement une durée d’attention cognitive limitée.

« Plutôt que de réduire la capacité des sujets pour finir la tâche, la distraction a légèrement amélioré l’exécution de la tâche, affirme Bar. La stimulation externe a en effet amélioré la capacité cognitive des sujets. »

Pendant l’expérience, les participants ont été sujets à une stimulation transcrânienne à courant continu (STCC), une procédure indolore qui utilise l’électricité de basse intensité pour stimuler des régions spécifiques du cerveau.

On leur a demandé de suivre et de répondre à des chiffres clignotants sur un écran d’ordinateur, puis de rapporter régulièrement la fréquence à laquelle des pensées spontanées, sans rapport avec la tâche donnée, surgissaient.

Selon Bar, les résultats vont bien au-delà de ce qui avait déjà été réalisé en utilisant des études fondées sur l’IRMF (imagerie par résonance magnétique fonctionnelle), et démontrent le rôle des lobes frontaux dans le développement de la rêvasserie.