Le ministre du Renseignement, Yuval Steinitz, a affirmé mardi que l’armée israélienne n’aura en définitive guère d’autre choix que de réoccuper la bande de Gaza pour une durée limitée, afin de dissuader les groupes terroristes palestiniens de tirer des roquettes contre le territoire israélien.

Au cours d’une visite dans la ville de Sderot, Steinitz a suggéré que la vitesse à laquelle les groupes terroristes de Gaza s’armaient rappelait l’organisation terroriste libanaise du Hezbollah.

Selon lui, une opération militaire reste nécessaire pour assurer la sécurité des civils israéliens résidant dans le sud du pays.

« À un moment, nous devrons prendre le contrôle de la bande de Gaza pour une durée limitée afin de stopper l’armement du Hamas et du Jihad islamique en missiles et roquettes de longue portée, épisode qui nous rappelle le stockage [des roquettes] du Hezbollah au Liban », a-t-il déclaré.

Une réoccupation militaire de la bande de Gaza, poursuit-il, pourrait intervenir selon un mode opératoire similaire à l’opération Bouclier défensif de 2002, au cours de laquelle l’armée israélienne a pris temporairement le contrôle de villes palestiniennes dans l’objectif d’anéantir les bastions terroristes de Cisjordanie, suite à la recrudescence des attentats suicides.

Selon Steinitz, eu égard à l’échec cuisant de l’Autorité palestinienne à gérer efficacement la bande de Gaza et à empêcher les groupes terroristes de cibler des civils israéliens, Israël doit « rester très vigilante » face à la décision de confier au président Mahmoud Abbas d’autres responsabilités en matière de sécurité.

Ces propos de Steinitz font écho aux déclarations du ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman qui a appelé la semaine dernière l’armée israélienne à réoccuper la bande de Gaza, en réponse aux tirs massifs de roquettes contre le sud du pays.

Selon le chef de la diplomatie israélienne, le gouvernement doit défendre ses citoyens, quitte à mettre en péril les pourparlers de paix avec les Palestiniens.

« Il n’y a pas d’autre alternative qu’une réoccupation complète de la bande de Gaza afin d’éviter que ces scènes ne se reproduisent », a affirmé Liberman. « Nous ne pouvons ignorer une telle attaque, un barrage de 50 roquettes et obus de mortier. »

Des dizaines de roquettes et d’obus de mortier ont été tirés depuis la bande de Gaza contre le sud du pays la semaine dernière. En représailles, l’armée israélienne a bombardé une trentaine de cibles terroristes dans l’enclave palestinienne.

Aucune victime israélienne n’est à déplorer mais cette escalade des violences à la frontière gazaouie reste la plus importante signalée depuis l’opération Pilier de la défense en 2012.

Jeudi après-midi, le Jihad islamique a annoncé la mise en place d’une nouvelle trêve avec l’Etat hébreu.