Palestiniens et Israéliens ont donné jeudi à partir de la même autopsie deux versions opposées des causes de la mort de Ziad Abou Eïn, mort mercredi en Cisjordanie.

Pour les Palestiniens, Ziad Abou Eïn est décédé à cause des coups portés par des soldats israéliens et des gaz lacrymogènes qu’il a inhalés. Pour les Israéliens, la victime, déjà malade du coeur, a succombé à un accident cardiaque.

Des médecins palestiniens, jordaniens et israéliens ont pris part à l’examen de la dépouille pratiqué à l’institut médicolégal d’Abu Dis, en Cisjordanie.

« Sa mort a été causée par les coups reçus de la part des occupants israéliens et par l’usage intensif qu’ils ont fait de gaz lacrymogène », a déclaré Hussein al-Cheikh, ministre des Affaires civiles, à l’AFP.

L’autopsie a aussi montré que Ziad Abou Eïn avait succombé parce que « les occupants avaient empêché qu’il soit transporté à l’hôpital à temps pour être sauvé », a-t-il précisé.

Selon Hussein al-Cheikh, l’autopsie « coupe court aux fables véhiculées par les Israéliens dans la presse ».

En revanche, selon un communiqué du ministère israélien de la Santé, la mort « a été causée par l’obturation de l’artère coronaire », l’une des artères qui alimentent le coeur en sang, due à une hémorragie peut-être causée par le stress.

Ziad Abou Eïn était déjà malade du coeur, dit le communiqué : les vaisseaux de son coeur étaient bloqués à plus de 80 % par de la plaque d’athérome; d’anciennes cicatrices indiquent qu’il avait déjà souffert par le passé d’infarctus du myocarde.

« Le mauvais état (du) coeur peut l’avoir rendu plus vulnérable au stress », dit le communiqué.

Emprisonné à de nombreuses reprises par Israël, M. Abou Zeïn est mort au cours d’une manifestation, près de Ramallah, qui se voulait pacifique contre la confiscation des terres palestiniennes au profit de la colonisation israélienne.

Les manifestants ont été arrêtés par un barrage de soldats israéliens dont certains ont repoussé brutalement Ziad Abou Eïn en l’empoignant au col et à la gorge. Des images de la scène montrent une empoignade confuse et véhémente, et sur une vidéo on peut voir une bombe lacrymogène exploser au pied du responsable palestinien, qui semble ensuite respirer à grand peine. Quelque minutes après, il s’affaisse en se tenant la poitrine.