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3 œuvres d’art apparemment volées par les nazis saisies dans des musées américains

Des tableaux d'Egon Schiele sont recherchés par les héritiers d'un collectionneur d'art juif mort dans la Shoah

Une personne regardant sur un écran d'ordinateur des œuvres d'art de l'expressionniste autrichien Egon Schiele intitulées "Prisonnier de guerre russe", à gauche, "Portrait d'un homme", à droite, et "Fille aux cheveux noirs" en haut, qui ont été saisies par les enquêteurs après que le bureau du procureur de Manhattan a émis des mandats, à Los Angeles, en Californie, le 13 septembre 2023. (Crédit : Chris Delmas/AFP)
Une personne regardant sur un écran d'ordinateur des œuvres d'art de l'expressionniste autrichien Egon Schiele intitulées "Prisonnier de guerre russe", à gauche, "Portrait d'un homme", à droite, et "Fille aux cheveux noirs" en haut, qui ont été saisies par les enquêteurs après que le bureau du procureur de Manhattan a émis des mandats, à Los Angeles, en Californie, le 13 septembre 2023. (Crédit : Chris Delmas/AFP)

Trois œuvres de l’artiste autrichien Egon Schiele réclamées par les héritiers de leur ancien propriétaire, un collectionneur et artiste juif victime des nazis, ont été saisies par la justice américaine dans de grands musées des États-Unis, a-t-on appris jeudi de source judiciaire, confirmant une information du New York Times.

Dans des ordonnances de saisie datées de mardi, et dont l’AFP a eu connaissance, la Cour suprême de l’État de New York estime qu’il « existe des motifs raisonnables de croire » que ces dessins de l’artiste expressionniste autrichien « sont volés » et « détenus illégalement ».

« Prisonnier de guerre russe » (1916), une aquarelle et crayon sur papier d’une valeur de 1,25 million de dollars, a été saisie à l’Art Institute de Chicago ; « Portrait d’un homme » (1917), un dessin au crayon sur papier d’une valeur d’un million de dollars, a été saisi au Carnegie Museum of Art de Pittsburgh (Pennsylvanie, nord-est) tandis que « Fille aux cheveux noirs » (1911), une aquarelle et crayon sur papier d’une valeur de 1,5 million de dollars, a été saisie à l’Allen Memorial Art Museum de l’Université Oberlin (nord-est, Ohio).

Les ordonnances précisent que les œuvres peuvent demeurer « sur place » pendant une période de 60 jours.

« Nous sommes convaincus que l’université Oberlin a acquis légalement ‘Fille aux cheveux noirs’ d’Egon Schiele en 1958, et que nous la possédons de manière légale », a réagi l’Université Oberlin dans un communiqué transmis à l’AFP, ajoutant coopérer avec l’enquête.

L’oeuvre « Prisonnier de guerre russe » « reste sous notre garde dans le musée pour le moment », a dit le musée de Chicago. « Nous sommes convaincus d’avoir acquis légalement cette œuvre et de la posséder légalement », a ajouté le musée, en disant vouloir se défendre dans le cadre « d’un litige civil (ouvert) devant un tribunal fédéral ».

L’autoportrait de l’artiste autrichien Egon Schiele avec Physalis . (Crédit : Domaine public/Institut culturel Google/Wikipédia)

Les musées Carnegie de Pittsburgh ont assuré vouloir coopérer avec les autorités.

Tué à Dachau 

La propriété des œuvres est réclamée par les héritiers de Fritz Grünbaum, un artiste de cabaret juif autrichien, grand collectionneur d’art et critique du régime nazi, tué dans le camp de concentration de Dachau en 1941.

Selon le New York Times, l’enquête en cours porte sur une douzaine d’œuvres d’Egon Schiele spoliéées par les nazis.

Les héritiers de Grünbaum agissent en justice depuis des années pour récupérer des œuvres d’art lui ayant appartenu. Ils s’appuient sur le fait qu’il avait signé un document officiel au profit du régime nazi en 1938, alors qu’il était prisonnier dans le camp de Dachau.

La justice américaine leur avait donné tort en 2005, estimant qu’ils agissaient trop tard, mais ils ont finalement obtenu gain de cause à propos de deux œuvres en 2018. Entre-temps, le Congrès américain avait adopté la loi « Hear » de 2016 prolongeant le délai pour réclamer la restitution d’une œuvre.

Le sujet reste d’actualité dans d’autres pays. En France, le Parlement a adopté en juillet une loi-cadre pour faciliter la restitution par les collections publiques des biens culturels dont les Juifs furent spoliés sous l’Allemagne nazie.

Selon les chiffres publiés lors d’une conférence internationale à Terezin en République tchèque en 2009, environ 100 000 œuvres sur 650 000 spoliées n’avaient à l’époque toujours pas été restituées.

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