4,7 millions de Palestiniens en Cisjordanie et à Gaza – dernier recensement
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4,7 millions de Palestiniens en Cisjordanie et à Gaza – dernier recensement

Les chiffres s'accordent avec l'évaluation de l'armée israélienne, qui a estimé qu’une parité entre les populations juive et arabe en terre sainte était imminente

Khaled Abu Toameh est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Des femmes palestiniennes participent à un cours de yoga au premier centre de yoga pour femmes de la ville de Gaza, le 28 mars 2018 (AFP / Mohammed Abed)
Des femmes palestiniennes participent à un cours de yoga au premier centre de yoga pour femmes de la ville de Gaza, le 28 mars 2018 (AFP / Mohammed Abed)

Le nombre de Palestiniens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza est passé de 2 895 683 en 1997 à 4 780 978 en 2017, a annoncé mercredi le Bureau central palestinien des statistiques (BCPS).

Les chiffres sont basés sur un recensement effectué par l’organisme au cours des trois dernières années, à l’aide d’un financement du gouvernement de l’Autorité palestinienne, du Bureau de représentation norvégien à Ramallah, de l’Agence suédoise de développement international, du Bureau de représentation néerlandais à Ramallah, de l’Agence espagnole de développement international, de l’Union européenne et du gouvernement japonais.

La présidente du BCPS, Ola Awad, qui a annoncé les résultats préliminaires du recensement lors d’une conférence de presse à Ramallah, a déclaré que le nombre total de Palestiniens qui vivent dans la bande de Gaza était de 1 899 291.

En Cisjordanie, on comptait 2 881 687 Palestiniens à la fin de 2017, a-t-elle dit.

Selon Awad, le nombre total de réfugiés palestiniens vivant en Cisjordanie et dans la bande de Gaza était de 1 980 490, selon les résultats du recensement.

Le recensement, a-t-elle dit, a été mené dans 613 communautés en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Elle a déclaré que le recensement avait révélé qu’il y avait 435 000 Palestiniens à Jérusalem-Est.

Les autorités israéliennes avaient interdit au BCPS de mener son recensement dans les quartiers arabes et dans les villages situés au sein des limites municipales de Jérusalem.

L’Autorité palestinienne considère plusieurs villages et quartiers situés en dehors des limites municipales de Jérusalem de la zone B comme faisant partie de son « district de Jérusalem ».

Awad n’a pas expliqué comment le BCPS avait obtenu les chiffres relatifs aux Palestiniens vivant à l’intérieur des limites municipales de Jérusalem.

Elle a souligné que le taux de natalité parmi les femmes palestiniennes était tombé de sept en 1997 à moins de cinq en 2017.

Le recensement, a-t-elle dit, a révélé que 97,9 % des Palestiniens étaient musulmans, alors que la population chrétienne était estimée à moins de 1 %. Awad a attribué la diminution continue de la population chrétienne à l’émigration. En 1948, a-t-elle noté, les chrétiens constituaient le tiers de la population palestinienne.

Le recensement a révélé que le nombre de Palestiniens vivant dans la zone C de Cisjordanie, sous contrôle israélien exclusif, était de 393 163.

Selon les premiers résultats du recensement, le taux de chômage dans la bande de Gaza est estimé à 48 % contre 13 % en Cisjordanie. La moitié des chômeurs sont des diplômés universitaires, ont montré les résultats.

Awad a déclaré que le recensement était le fruit de trois années de travail du BCPS auquel plus de 11 000 Palestiniens ont participé. Environ 85 % des personnes employées par le BCPS pour mener le recensement étaient des femmes, a-t-elle ajouté.

Ola Awad, dirigeante de l’Autorité des statistiques de l’AP, présente les résultats préliminaires du recensement général de la population, du logement et des établissements, à Ramallah, en Cisjordanie, le 28 mars 2018 (Abbas Momani / AFP)

Plus tôt cette semaine, une querelle a éclaté lors d’une réunion d’urgence du Comité des affaires étrangères et de la défense de la Knesset lorsque le vice-président du Bureau coordonnateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT), Uri Mendes, a déclaré qu’environ 3 millions de Palestiniens vivaient en Cisjordanie, en plus des plus de 2 millions d’habitants de la bande de Gaza.

Son évaluation se basait sur le registre de la population palestinienne, a indiqué M. Mendes, notant que le chiffre ne comprenait pas les Arabes israéliens ou les résidents palestiniens de Jérusalem-Est.

Les membres du Comité ont rapidement ajouté les quelque 5 millions de Palestiniens aux 1,5 million d’Arabes vivant en Israël et ont noté que les populations juives et arabes/palestiniennes étaient presque paritaires et que les juifs vivant entre la Méditerranée et le Jourdain étaient seulement majoritaires de peu.

Le député Moti Yogev, du parti de droite HaBayit HaYehudi, a accusé l’Autorité palestinienne de mentir au sujet des chiffres. « Le rapport selon lequel cinq millions de Palestiniens vivent entre la Méditerranée et le Jourdain est pour le moins inexact », a-t-il dit, accusant l’AP d’avoir enregistré « dix fois plus » d’enregistrements de naissances en Cisjordanie que de morts.

La députée centriste Tzipi Livni (Union sioniste) a elle utilisé les chiffres pour affirmer sur Twitter qu’il était temps que les Israéliens comprennent les implications de la parité démographique. « Si nous ne nous remettons pas des illusions de l’annexion [de la Cisjordanie, comme préconisé par la droite israélienne], nous perdrons la majorité juive. C’est simple. »

Le principal expert en démographie d’Israël a défendu les chiffres militaires indiquant que le nombre d’Arabes serait bientôt égal à celui des juifs en Israël et dans les territoires palestiniens.

Sergio DellaPergola, un démographe de l’Université hébraïque de Jérusalem, a déclaré que le nombre d’Arabes et de Juifs était à peu près égal quand on prenait en compte la population de la Cisjordanie, de la bande de Gaza et de Jérusalem-Est.

DellaPergola a déclaré qu’il y avait actuellement environ 6,9 millions de juifs en terre sainte – en Israël et dans les territoires palestiniens –, à comparer aux 6,5 millions d’arabes. Il a affirmé que le fossé serait probablement complètement absorbé d’ici 15-20 ans.

« Ce sont les chiffres. Vous pouvez les accepter ou non », a-t-il déclaré à l’Associated Press. « Pour certains pour qui cela peut être inconfortable, ils sont inexacts – honnêtement, penser cela est assez puéril. »

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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