À la découverte de Pisgat Zeev, entre mémoriaux modernes et vestiges épars
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À la découverte de Pisgat Zeev, entre mémoriaux modernes et vestiges épars

Les recoins cachés de ce quartier de Jérusalem révèlent son illustre passé, entre monuments aux anciens combattants et ruines remontant aux Grecs anciens et aux Byzantins

  • Le parc Duchifat dédié à la mémoire d'anciens soldats israéliens, dans le quartier de Pisgat Zeev à Jérusalem. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Le parc Duchifat dédié à la mémoire d'anciens soldats israéliens, dans le quartier de Pisgat Zeev à Jérusalem. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Le mémorial Duchifat dédié aux soldats israélien morts au combat situé à Pisgat Zeev, à Jérusalem. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Le mémorial Duchifat dédié aux soldats israélien morts au combat situé à Pisgat Zeev, à Jérusalem. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Un site archéologique ayant accueilli jadis une exploitation agricole à Pisgat Zeev, Jérusalem. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Un site archéologique ayant accueilli jadis une exploitation agricole à Pisgat Zeev, Jérusalem. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Le site archéologique de Gan Hayeda à Pisgat Zeev, où les archéologues ont découvert des vestiges de plusieurs bains rituels juifs (mikveh) accompagnés de marches remontant à l'époque de la fin du Second Temple, il y a deux millénaires. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Le site archéologique de Gan Hayeda à Pisgat Zeev, où les archéologues ont découvert des vestiges de plusieurs bains rituels juifs (mikveh) accompagnés de marches remontant à l'époque de la fin du Second Temple, il y a deux millénaires. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • L'entrée d'un site archéologique dans le quartier de Pisgat Zeev à Jérusalem. Ce quartier en plein développement est ponctué de petits sites remontant à plus de 1 500 ans. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    L'entrée d'un site archéologique dans le quartier de Pisgat Zeev à Jérusalem. Ce quartier en plein développement est ponctué de petits sites remontant à plus de 1 500 ans. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Un site archéologique près de Gan Hayeda à Pisgat Zeev, Jérusalem. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Un site archéologique près de Gan Hayeda à Pisgat Zeev, Jérusalem. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Un ancien pressoir à olives et raisins dans un site archéologique à Pisgat Zeev, Jérusalem. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Un ancien pressoir à olives et raisins dans un site archéologique à Pisgat Zeev, Jérusalem. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Au début des années 1920, deux villages juifs ont été établis au nord de Jérusalem-même. Établis sur des terrains achetés par des banquiers juifs, Neve Yaakov et Atarot étaient complétement isolés de tout autre communauté juive.

À force de travail acharné, les pionniers ont accueilli des personnes convalescentes et des gens de passage, vendu des fruits et des légumes, ouvert une école prestigieuse, accueilli des colonies de vacances et exploité une laiterie populaire.

Au fil des ans, Neve Yaakov et Atarot a subi plusieurs assauts arabes sporadiques. Après la présentation du plan de partition des Nations unies le 29 novembre 1947, la situation a empiré : en plus de ces attaques, les Arabes ont établi des barrages routiers autour des deux communautés et harcelé tous les véhicules qui tentaient de déposer des visiteurs ou de livrer des approvisionnements. Néanmoins, malgré l’audace croissante et la multiplication de ces hostilités, les hommes, femmes et enfants — aidés de membres de la Hagana — sont parvenus à repousser l’ennemi.

Trois jours après la déclaration d’indépendance d’Israël (le 14 mai 1948), les Arabes ont attaqué pendant 14 heures sans relâche, épuisant les munitions de leurs adversaires. L’évacuation des deux communautés fut ensuite décidée, et les habitants se retrouvèrent seuls au milieu de la nuit, à transporter leurs camarades blessés sur leurs épaules. La Jordanie s’empara des villages, détruisit tout sur son passage et établit un camp militaire pour la légion jordanienne sur les terres que les pionniers avaient cultivées.

La barrière de sécurité séparant le quartier juif de Jérusalem-Est de Pisgat Zeev (au premier plan) du quartier palestinien d’Anata (au fond). (AFP Photo/Ahmad Gharabli)

Lors de la guerre des Six Jours de 1967, cette même terre fut capturée par l’armée israélienne et l’ensemble du quartier fut incorporé à la municipalité de Jérusalem. Aujourd’hui une immense banlieue de Jérusalem — appelée Neve Yaakov — se développe près du site d’origine ; Atarot fut déplacé non loin de l’aéroport Ben Gurion.

L’histoire des tentatives des premiers habitants de défendre leur maison est commémorée dans un parc iconoclaste appelé Gan HaG’vura (Jardin de l’héroïsme). Installé sur une colline de Pisgat Zeev, une banlieue à forte croissance et située entre Neve Yaakov et Jérusalem, il est composé de jeux pour les enfants, de pelouses et d’un chemin jalonné de photographies et de panneaux (en hébreu).

Gan HaG’vura est un mémorial dédié à ceux tombés à Neve Yaakov et Atarot, des victimes des attaques arabes à la fin des années 1930 à ceux présents dans les convois destinés à approvisionner les villages. Il a également été érigé en l’honneur des soldats ayant aidé les pionniers à se défendre.

Le parc Gan HaG’vura à Pisgat Zeev, dédiés aux Juifs décédés dans des combats survenues dans les années 1930 et 1940 dans les environs. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Il existe un autre site mémoriel à Pisgat Zeev. Situé entre les maisons, un petit parc archéologique présente un monument aux soldats de la patrouille Duchifat (hupe) tombés au combat, établie en 1966 et dérivée de la brigade de parachutistes. Ses soldats ont participé à plusieurs batailles pendant la guerre des Six Jours et à la bataille de Karameh en 1968. Duchifat a été démantelée un an plus tard et ses soldats ont été incorporés dans d’autres unités. Ses membres tués pendant la guerre de Kippour de 1973 et la paix de 1982 dans la guerre de Galilée sont également commémorés ici.

Le mémorial de Duchifat dédié aux soldats morts au combat à Pisgat Zeev, Jérusalem. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Lors de notre première visite de l’andarta (le mot hébreu désignant les mémoriaux de guerre répartis dans tout Israël), nous avons remarqué certaines mosaïques cassées à proximité, ainsi que des preuves de gonds de portes autrefois présentes sur le site. Nous nous y sommes rendus il y a sept ans au printemps lorsque l’endroit regorge de fleurs sauvages en éclosion.

Le mémorial de Duchifat se situe dans le parc archéologique Ras a Tawil, qui signifie en arabe « l’extrémité du sommet ». Celui-ci constitue un refuge pour de nombreux damans des rochers, une espèce de mammifères trapue légèrement plus grosse que les cochons d’Inde et appartenant à la famille des éléphants. On les trouve régulièrement sur des murets et des rochers puisqu’ils adorent lézarder au soleil.

Bien que mal entretenus et non signalés, les artefacts présents sur le site remontent à environ 1 500 ans et comprennent des grottes — dont l’une pourvue d’escaliers — et les restes d’une chapelle byzantine. Peut-être parce qu’il s’agit d’un site désolé, il est amusant de se balader au milieu de ces excavations à la recherche de seuils de porte et d’autres antiquités. Un terrain de jeu pour enfants se trouve non loin.

Un daman des rochers à Pisgat Zeev, à Jérusalem. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Depuis cette première visite nous avons « découvert » toutes sortes de vestiges archéologiques à Pisgat Zeev, des endroits excavés dans les années 1980 et 1990. Plusieurs d’entre eux se situent près de jardins paysagers, de monticules herbeux et de terrains de jeu innovants.

Bien mieux préservées que Ras a Tawil, et même dotées de quelques panneaux : les ruines de Gan HaYeda (Parc de la connaissance). Ici, les archéologues ont découvert plusieurs vestiges de bains rituels juifs (mikveh) dotés de marches et remontant à l’époque du Second Temple, il y a 2 000 ans. Également découverts dans les environs, un pressoir à huile et une presse à vin recouverte de mosaïque et d’un réceptacle.

Dans le même parc mais séparé par une rue et un parking, figure un troisième vestige situé près d’un charmant parc juste en dessous du château d’eau de Pisgat Zeev. Un chemin sinueux mène au toit du château, qui garantit des vues spectaculaires dans toutes les directions. Les visiteurs pourront notamment découvrir sur le site une salle, un pressoir à et des citernes.

Un site archéologique à Pisgat Zeev à Jérusalem abritant des pressoirs d’époque et d’autres reconstitués. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Nous avons été surpris lorsque nous sommes allés visiter ce qui semblait être un site profondément intéressant. Il remonte à l’époque grecque (4e siècle avant l’ère commune) et était encore utilisé lorsque les Mameloukes, puis les Turcs, ont gouverné sur la terre d’Israël. Il est entouré aujourd’hui d’immeubles.

Des dizaines de marches nous ont menés à un chemin de pierres rouges autour d’une colline clôturée. Nous nous trouvions visiblement dans un parc puisqu’il y avait des bancs, des lampadaires et une vaste pelouse. Mais les artefacts — dont des bains rituels, une maison de sept pièces et un columbarium en forme de cloche — sont présents sur la colline au-dessus du chemin et sont inaccessibles au public. On jouit néanmoins tout au long du parcours d’une vue magnifique.

Un autre site historique sans nom est facilement reconnaissable comme étant un parc. Pourvu d’un vaste terrain de jeux, de bancs, de pelouses et de belles plantes que nous n’avons pas pu identifier, il abrite des presses à huile d’époque et reconstitués.

Un site archéologique près de Gan Hayeda à Pisgat Zeev, Jérusalem. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Le centre Habad situé juste à côté fait un peu tâche. Il s’agit d’une réplique du siège de la communauté à New York, qui fut construit en 1920 dans un style médiéval et reproduit dans le monde entier. Cette présence s’explique par le fait que Menachem Mendel Schneerson, le rabbin qui a fait du Habad un influent mouvement juif et dont de nombreux adeptes pensent qu’il est le messie, a vécu ici de 1941 jusqu’à sa mort en 1994. L’édifice new-yorkais, considéré comme un lieu saint par les membres Habad, attire des milliers de visiteurs chaque année.

Ceux qui souhaiteraient visiter les différents sites archéologiques et mémoriels de Pisgat Zeev peuvent nous contacter ici par e-mail pour obtenir des itinéraires : israeltravels@gmail.com.

Aviva Bar-Am est l’auteure de sept guides en langue anglaise sur Israël. Shmuel Bar-Am est un guide touristique agréé qui propose des visites privées et personnalisées en Israël pour les particuliers, les familles et les petits groupes.

 

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