Accusé de harcèlement sexuel, un nouvel adjoint d’Anne Hidalgo démissionne
Rechercher

Accusé de harcèlement sexuel, un nouvel adjoint d’Anne Hidalgo démissionne

L'ex-chef de la LICRA devient, dans le cadre du mouvement MeToo, la plus récente personnalité du monde politique à essuyer des accusations publiques de violences sexuelles

Le maire socialiste du 3è arrondissement  Pierre Aidenbaum pose au Carreau du Temple, à Paris, le 20 février 2014 (Crédit :   Joël SAGET / AFP)
Le maire socialiste du 3è arrondissement Pierre Aidenbaum pose au Carreau du Temple, à Paris, le 20 février 2014 (Crédit : Joël SAGET / AFP)

L’exécutif parisien confronté à une nouvelle démission sur fond de scandale sexuel : après Christophe Girard, l’adjoint d’Anne Hidalgo chargé de la Seine, Pierre Aidenbaum a quitté à son tour ses fonctions lundi, après des accusations de harcèlement sexuel.

La mairie de Paris a annoncé avoir « immédiatement » signalé ces faits au parquet de Paris qui, dans la foulée, a confirmé l’ouverture d’une enquête pour « agression sexuelle » confiée à la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) de la PJ parisienne.

Maire PS du 3e arrondissement de la capitale pendant 25 ans, puis depuis juillet nouvel adjoint à la mairie de Paris, M. Aidenbaum fait l’objet d’accusations de harcèlement sexuel de la part d’une proche collaboratrice.

« Je suis abasourdi et effondré. Je n’ai pas de commentaire à faire », a réagi auprès de l’AFP, Pierre Aidenbaum, 78 ans, qui fut par ailleurs président de la ligue contre le racisme et l’antisémitisme (Licra).

Selon un communiqué de ses avocates, Louise Bouchain et Valentine Rebérioux, M. Aidenbaum « affirme néanmoins avec force que cette relation n’avait strictement rien de délictuel et souhaite être entendu le plus rapidement possible pour faire parfaite démonstration de son innocence ».

Les deux conseils précisent en outre que M. Aidenbaum a préféré remettre « sans délai » sa démission à la maire PS de Paris Anne Hidalgo car « son maintien en poste ne ferait que créer un tumulte politique inutile ».

C’est la deuxième démission sur fond de scandale sexuel auquel est confronté l’exécutif parisien depuis la mise en place de la nouvelle équipe municipale, début juillet.

« Intraitable »

Adjoint emblématique à la culture d’Anne Hidalgo, Christophe Girard avait été poussé à la démission le 23 juillet en raison de ses liens avec l’écrivain Gabriel Matzneff accusé de pédophilie.

Des élus écologistes et des féministes avaient mis la pression sur Mme Hidalgo en réclamant sa suspension et l’ouverture d’une enquête interne à la Ville de Paris, estimant que M. Girard devait s’expliquer sur ses liens et agissements auprès de Gabriel Matzneff soupçonné de pédophilie dans une enquête où M. Girard a par ailleurs été auditionné par la police.

Mairie de Paris. (Crédit : Luc Viatour / www.Lucnix.be)

La campagne anti-Girard et sa démission avaient provoqué des tensions dans la majorité municipale.

« La municipalité demeurera intraitable avec tous types de faits de harcèlement moral ou sexuel, quelle que soit la qualité de leur auteur », a souligné la mairie de Paris après la démission de M. Aidenbaum.

« Depuis 2016, la Ville s’est dotée d’un service d’accueil et d’accompagnement des victimes qui a démontré sa pleine efficacité en permettant une réaction immédiate dès le signalement des faits incriminés », a-t-on ajouté de même source.

Depuis la libération de la parole des femmes dans le cadre du mouvement MeToo, d’autres personnalités du monde politique font l’objet d’accusations publiques de violences sexuelles, à l’instar de l’ex-député écologiste Denis Baupin ou Gérard Darmanin dont la récente nomination comme ministre de l’Intérieur a provoqué la polémique.

Celui-ci est visé par des accusations de viol. Des faits qui sont vigoureusement niés par M. Darmanin.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...