Adoption d’une loi pour un traçage GPS des cas de coronavirus par le Shin Bet
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Adoption d’une loi pour un traçage GPS des cas de coronavirus par le Shin Bet

La loi limite toutefois l’utilisation des technologies de surveillance du Shin Bet à trois semaines et aux cas "qui ne peuvent être surveillés autrement"

La police arrête voitures et piétons à l'entrer de l'implantation ultra-orthodoxe de Beitar Illit, le 6 avril 2020, après l'entrée en vigueur d'un confinement partiel pour endiguer la pandémie de coronavirus. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)
La police arrête voitures et piétons à l'entrer de l'implantation ultra-orthodoxe de Beitar Illit, le 6 avril 2020, après l'entrée en vigueur d'un confinement partiel pour endiguer la pandémie de coronavirus. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Le Parlement israélien a adopté mercredi une loi permettant au gouvernement d’utiliser son agence de sécurité intérieure pour le traçage des personnes infectées par le nouveau coronavirus, dont le nombre ne cesse d’augmenter.

La loi, adoptée en troisième et dernière lecture (53 pour, 38 contre), limite toutefois l’utilisation des technologies de surveillance du Shin Bet à trois semaines et aux cas « qui ne peuvent être surveillés autrement », selon le texte.

Le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, avait autorisé mi-mars le Shin Bet, d’ordinaire focalisé sur les activités antiterroristes, à collecter des données sur les citoyens et à géolocaliser leur portable dans le cadre de la « guerre » contre la pandémie de Covid-19.

Ce programme de surveillance controversé, dénoncé comme une atteinte à la vie privée par des associations de défense des droits humains, a été bloqué par la Cour suprême d’Israël qui a demandé fin avril au gouvernement de l’encadrer par une loi. Le gouvernement n’avait pas insisté et le recours au Shin Bet pour le traçage avait pris fin le 10 juin.

Face au nombre croissant d’Israéliens infectés par le virus, Benjamin Netanyahu a déposé un projet de loi la semaine dernière, avec une équipe de ministres nommés pour superviser la mesure et évaluer sa nécessité. 

Zvi Hauser, président de la commission des Affaires étrangères et de la défense au sein du Parlement qui a préparé le projet de loi pour sa deuxième et troisième lecture, a déclaré avant le vote final qu’il n’y avait actuellement « aucune alternative civile » aux capacités du Shin Bet. 

Israël, qui a une population d’environ neuf millions d’habitants, a annoncé son premier cas de nouveau coronavirus le 21 février. 

Depuis, le pays a confirmé 26 257 cas et 322 décès. 

La loi utilisant les capacités de suivi des téléphones portables du Shin Bet a été critiquée par les ONG comme une violation injustifiée de la vie privée.

Le chef du Shin Bet, Nadav Argaman, s’est plusieurs fois dit en faveur d’une alternative lors de réunions du gouvernement.

Selon une intervention qui a fuité dans les médias, il a déclaré devant les ministres être contre une législation liant son organisation au traçage des personnes contaminées.

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