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Allemagne : Échec aux élections d’un ancien soldat de Tsahal sur la liste AfD

Marcel Y. Goldhammer, un mannequin juif, n'a pas fait le poids dans les urnes alors que le soutien à l'AfD, parti d'extrême droite, est tombé à 10,3 %, en baisse par rapport à 2017

Marcel Goldhammer visite l'Acorpolis à Athènes, en Grèce, en 2015. (Crédit : avec l'aimable autorisation de Goldhammer)
Marcel Goldhammer visite l'Acorpolis à Athènes, en Grèce, en 2015. (Crédit : avec l'aimable autorisation de Goldhammer)

Marcel Yaron Goldhammer, ancien soldat de l’armée israélienne qui possède la double nationalité allemande et israélienne, s’est présenté sous la bannière du parti d’extrême droite AfD, ou Alternative pour l’Allemagne, aux élections d’hier. Il n’est pas parvenu à obtenir un siège au Parlement allemand.

L’AfD est arrivé en cinquième position lors des élections allemandes de dimanche, en baisse par rapport à ses résultats précédents, après avoir échoué à inscrire son thème principal – l’immigration – à l’ordre du jour de la campagne cette année.

Goldhammer, 34 ans, était le candidat numéro 6 du parti à Berlin. Le parti y a obtenu trois sièges, contre quatre lors des élections précédentes.

Goldhammer, un mannequin, appartient à une minorité croissante de Juifs d’Europe occidentale qui ont rejoint les rangs de la droite populiste pour leurs idéaux nationalistes et leur opposition à l’immigration musulmane. Ils estiment que les mouvements de gauche menacent l’avenir de la culture européenne, ainsi que celui de la minorité juive du continent.

Ancien partisan du parti de centre-droit de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) de la chancelière allemande sortante Angela Merkel, Goldhammer a grandi en Allemagne dans un « foyer culturellement chrétien », comme il l’a défini dans une interview accordée à la Jewish Telegraphic Agency.

Mais sa vie a pris un tournant inattendu lorsqu’il a révélé son homosexualité à l’âge de 15 ans.

« Ma mère a eu du mal à le supporter. Il est devenu difficile de continuer à vivre à la maison », a-t-il déclaré.

Marcel Goldhammer (à gauche), Julian Potthast et Robert Eschricht lors d’un événement de l’Alternative pour l’Allemagne à Berlin, le 14 juin 2021. (Autorisation de Goldhammer)

Il est donc parti pour Berlin, où il a terminé ses études secondaires tout en vivant dans une résidence pour adolescents dans des situations similaires. Il poursuivait une carrière d’acteur lorsque son intérêt pour la religion l’a mis en contact avec une communauté juive réformée.

Il a décidé de se convertir, achevant le processus de deux ans en 2005. En visitant Israël pour la première fois, Goldhammer est « tombé amoureux » du pays, a-t-il déclaré dans une interview au journal israélien Israel Hayom. « Je savais que je voulais y vivre. »

Il a immigré en Israël en 2013, peu avant la guerre de Gaza de 2014 entre le Hamas et Israël.

Achevant son service militaire dans l’unité du porte-parole de Tsahal, Goldhammer a déménagé à Tel Aviv. Mais son compagnon, de nationalité chinoise, souhaitait vivre en Europe, alors ils sont retournés en Allemagne, où il travaille désormais comme acteur et mannequin.

Les Sociaux-démocrates de centre-gauche allemands ont remporté les élections nationales de dimanche, battant de peu le bloc de l’Union de centre-droit de la chancelière sortante Angela Merkel dans une course très serrée qui déterminera qui succédera à la dirigeante de longue date à la tête de la plus grande économie d’Europe.

Le candidat des Sociaux-démocrates, Olaf Scholz, vice-chancelier et ministre des Finances qui a sorti son parti d’un marasme de plusieurs années, a déclaré que le résultat était « un mandat très clair pour s’assurer maintenant que nous mettons en place un bon gouvernement pragmatique pour l’Allemagne ».

Un partisan du parti d’extrême droite allemand Alternative pour l’Allemagne (AfD) porte une pancarte sur laquelle on peut lire « Dieu aime l’AfD et l’AfD aime Dieu » lors du dernier événement de la campagne électorale du parti à Berlin, le 24 septembre 2021, deux jours avant les élections générales du 26 septembre. (Crédit : Tobias Schwarz/AFP)

Bien qu’il ait obtenu le pire résultat de son histoire lors d’un scrutin fédéral, le bloc de l’Union a déclaré qu’il tendrait également la main aux petits partis pour discuter de la formation d’un gouvernement, tandis que Mme Merkel conservera un rôle d’intérimaire jusqu’à la prise de pouvoir de son successeur.

Les responsables électoraux ont déclaré tôt lundi qu’après le décompte des 299 circonscriptions, les Sociaux-démocrates avaient obtenu 25,9 % des voix, contre 24,1 % pour le bloc de l’Union. Aucun parti gagnant dans une élection nationale allemande n’avait auparavant obtenu moins de 31 % des voix. Les Verts, écologistes, sont arrivés en troisième position avec 14,8 % des voix, et les Démocrates libres, favorables aux entreprises, ont obtenu 11,5 % des voix.

Le Parti de la gauche ne devait remporter que 4,9 % des voix et risquait d’être complètement exclu du Parlement. Le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne a obtenu 10,3 %, soit environ 2 points de pourcentage de moins qu’en 2017, année de sa première entrée au parlement.

Malgré le résultat, le codirigeant du parti AfD, Tino Chrupalla, s’est dit « très satisfait » et a salué les lourdes pertes pour le bloc de l’Union de Merkel.

L’AfD a déclaré il y a quatre ans qu’il « chasserait » Merkel, qui a déclaré en 2018 qu’elle ne se présenterait pas pour un cinquième mandat. D’autres partis ont exclu toute coopération avec l’AfD.

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