Israël en guerre - Jour 150

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Appel à l’Intifada et hommage aux Houthis lors d’une manifestation à Columbia

En plus des slogans meurtriers et des hommages au groupe soutenu par l'Iran qui attaque des navires en mer Rouge, un autocollant antisémite disait : « Donateurs et administrateurs sionistes, ne touchez pas à nos universités »

Des étudiants pro-palestiniens se rassemblent à l'université Columbia à New York, le 19 janvier 2024. (Capture d'écran/YouTube)
Des étudiants pro-palestiniens se rassemblent à l'université Columbia à New York, le 19 janvier 2024. (Capture d'écran/YouTube)

Des centaines de personnes se sont rassemblées, vendredi, sur le campus de l’Université Columbia à New York, autour de slogans anti-israéliens.

La manifestation aurait été organisée par Students for Justice in Palestine, organisation qui a pourtant officiellement été suspendue du campus pour le reste de l’année universitaire – à moins de respecter les règlements de Columbia.

On pouvait entendre les manifestants scander « Une seule solution, la révolution Intifada », allusion aux soulèvements palestiniens meurtriers et attentats-suicides qui ont été commis par des terroristes contre des Israéliens.

Un autre slogan, abondamment repris, disait : « Yémen, Yémen, nous voulons être fiers de vous, coulez d’autres bateaux » – un message de soutien aux rebelles houthis soutenus par l’Iran, considérés par les États-Unis comme une organisation terroriste et qui attaquent des navires en mer Rouge depuis quelques semaines.

Les manifestants ont également scandé « Du fleuve à la mer, la Palestine sera libre », ce qui, selon les critiques, est un appel à la disparition de l’État d’Israël.

Un autocollant photographié sur une poubelle de l’université comportait un message antisémite : « Donateurs et administrateurs sionistes, ne touchez pas à nos universités. »

Dans une autre vidéo, des étudiants apparaissent en train de crier aux policiers venus assurer le maintien de l’ordre lors de la manifestation « NYPD, KKK, TSAHAL, tous pareils ».

On ignore si tous les manifestants étaient des étudiants de l’Université Columbia.

Un rassemblement au moins a eu lieu à l’intérieur d’un bâtiment, manifestement sans que les autorités du campus ou la sécurité n’aient pris de mesures.

L’Université de Columbia a suspendu les sections étudiantes de Students for Justice in Palestine et Jewish Voice for Peace en novembre dernier, en précisant qu’elles pourraient être de nouveau autorisées au second semestre sous réserve « de s’engager à respecter les règlements de l’université ».

Un responsable de l’université a déclaré que ces groupes n’avaient pas encore accepté de respecter les règlements de l’université, sésame pourtant nécessaire à leur réintégration. Il a ajouté que les services administratifs de l’université s’étaient entretenus avec des représentants de ces groupes pour évoquer les mesures à prendre afin de mettre fin à leur suspension.

Ces suspensions font que ces groupes ne perçoivent pas de subventions universitaires et ne peuvent pas organiser d’événements sur le campus.

Les deux clubs ont été suspendus au moment où les activités pro-palestiniennes et anti-israéliennes ont enflammé le campus et les universités de tout le pays, après l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre et la guerre qui s’en est suivie à Gaza.

L’université a déclaré que les deux clubs avaient enfreint les règlements de l’université et porté « un discours menaçant et intimidants ».

Columbia a été l’épicentre de la polémique dans les semaines qui ont suivi le 7 octobre, théâtre d’affrontements entre manifestations pour ou contre Israël et lieu de l’agression présumée d’un étudiant israélien.

Le campus a retrouvé un semblant de calme depuis que les doyennes de trois autres universités d’élite – Harvard, l’Université de Pennsylvanie et le Massachusetts Institute of Technology – ont témoigné devant le Congrès le mois dernier, des témoignages qui avaient provoqué l’indignation de certains observateurs, Juifs ou non. Les doyennes avaient en effet déclaré aux Représentants et Sénateurs que l’appel au génocide des Juifs ne constituait pas nécessairement une infraction aux règlements de leurs établissements, ce qui n’avait pas manqué de déchainer une polémique qui a finalement abouti à la démission des doyennes de Penn et Harvard.

Egalement invitée à comparaître devant le Congrès lors de cette même audience, la doyenne de Columbia, Minouche Shafik, avait refusé, invoquant un problème de disponibilité. Shafik assistait en effet à une conférence des Nations Unies sur le changement climatique à Dubaï ce jour-là.

Students for Justice in Palestine, dont l’organisation-mère s’est réjouie du massacre, le 7 octobre dernier, par le Hamas de 1 200 personnes en Israël, pour la plupart des civils, et de l’enlèvement de 240 otages sur fond d’actes d’une extrême brutalité et d’agressions sexuelles, a été suspendu dans plusieurs établissements – notamment d’universités publiques de Floride, de George Washington et de Brandeis.

Des personnes se sont rassemblées pour manifester contre l’interdiction de Students For Justice in Palestine (SJP) et de Jewish Voice for Peace (JVP) à l’Université Columbia, le 20 novembre 2023 à New York. (Photo de Michael M. Santiago / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)

Par ailleurs, un site d’information conservateur a signalé vendredi que le professeur de Harvard Derek Penslar, choisi pour co-présider le groupe de travail sur l’antisémitisme nouvellement constitué par l’université, avait signé en août dernier une lettre dénonçant le « régime d’apartheid » d’Israël.

Cette lettre ouverte, qui s’intitule « L’éléphant dans la pièce » et compte près de 2 900 signataires, dénonce la très polémique refonte du système judiciaire qui avait été proposée par le gouvernement de la ligne dure du Premier ministre Benjamin Netanyahu et assure qu’elle a un « lien direct » avec « l’occupation illégale de millions de Palestiniens » par Israël.

« Les Juifs américains ont longtemps été à l’avant-garde des causes de justice sociale, de l’égalité raciale au droit à l’avortement, mais ils n’ont pas accordé suffisamment d’attention à l’éléphant dans la pièce : à savoir le régime – déjà ancien – d’occupation d’Israël qui, nous le répétons, aboutit à un apartheid », peut-on lire dans cette lettre, signalée par le Washington Free Beacon.

On pouvait également lire dans cette lettre qu’« au fur et à mesure qu’Israël a basculé à droite, séduit par les projets messianiques, homophobes et misogynes de l’actuel gouvernement, les jeunes Juifs américains ont pris leurs distances. Et pendant ce temps, les milliardaires juifs américains continuent de soutenir l’extrême droite israélienne. »

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