Aryeh Deri qualifié de raciste après sa tirade contre les immigrés russophones
Rechercher

Aryeh Deri qualifié de raciste après sa tirade contre les immigrés russophones

Le dirigeant du parti Shas a reproché aux ‘olim’ d'ex-URSS de ne pas être juifs et a regretté qu'ils soient en Israël, promettant également de changer la Loi du retour

Aryeh Deri pendant une conférence du parti Shas à Ashdod, au sud d'Israël, le 5 mars 2019 (Crédit : Flash90)
Aryeh Deri pendant une conférence du parti Shas à Ashdod, au sud d'Israël, le 5 mars 2019 (Crédit : Flash90)

Le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri a été accusé de racisme mardi après une tirade contre les immigrés arrivés d’ex-URSS, au cours de laquelle il a accusé la plupart d’entre eux de ne pas être Juifs. Il a aussi regretté qu’ils soient venus en Israël.

Le chef du parti ultra-orthodoxe Shas a assuré qu’il demanderait à devenir ministre de l’Immigration dans le prochain gouvernement et il a promis de changer ce qu’il a dit être la « situation actuelle » – dans laquelle, selon lui, il serait impossible d’être dans le ministère « à moins de parler russe ».

« Aujourd’hui, on ne peut pas circuler dans les couloirs du ministère de l’Alyah et de l’intégration à moins de parler russe, » a déclaré Aryeh Deri. « Ça suffit. Ces gens devraient plutôt se mettre à parler français et l’amharique et d’autres langues. »

S’exprimant lors d’un meeting de campagne à Ashdod, Deri s’en est également pris au responsable du parti Yisrael Beytenu Avigdor Liberman, un immigrant de Moldavie, dans l’ancienne URSS, dont la formation politique contrôle le ministère en question depuis des années.

« Le ministère ne sera plus là pour servir les immigrants d’Union soviétique, » a juré Deri. « Il sera destiné à ceux qui font leur alyah depuis la France et sera le foyer des Juifs d’Éthiopie.”

Avigdor Liberman, chef du parti Yisrael Beytenu, prend la parole à la Globes Business Conference à Jérusalem le 19 décembre 2018. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Aryeh Deri a menacé de modifier la Loi du retour, selon laquelle tout individu disposant d’au moins un grand-parent juif ou s’étant converti devant un tribunal compétent en dehors de l’État d’Israël peut prétendre à la citoyenneté israélienne.

« Malheureusement, des centaines de milliers d’Israéliens venus d’ex-URSS conformément à la Loi du retour ne sont pas juifs selon la halakha [la loi juive orthodoxe] et ils sont là. Et ce, à mon plus grand regret, » a-t-il déploré.

Le Grand-Rabbinat d’Israël ne reconnaît comme Juifs que les immigrants de mère juive ou s’étant convertis au judaïsme auprès des autorités orthodoxes reconnus par le Grand-Rabbinat.

« Ça les dérange que le ministère de l’Intérieur réalise des tests ADN sur les immigrants d’ex-URSS et rende difficile leur alyah. Je plaide coupable, » a clamé Deri, faisant référence aux propos de Liberman, prononcés plus tôt dans la journée de mardi, qui accusaient le ministère de réaliser de tels tests.

Le ministre de l’Intérieur a par la suite précisé que ces tests n’étaient, en fait, pas mis en vigueur et qu’il ne comptait pas les mettre en place.

Environ 400 000 personnes, la plupart d’ex-URSS, qui vivent en Israël ne sont pas considérés comme Juifs par le Grand-Rabbinat. Ces immigrants et leurs enfants sont souvent en proie à un vide bureaucratique, qui les empêche d’accéder au mariage reconnu par l’Etat et de jouir d’autres droits élémentaires.

Oded Forer, député de Yisrael Beytenu, à la Knesset, à Jérusalem, le 28 décembre 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Liberman — dont le parti, comme celui de Deri, pourrait ne pas entrer à la Knesset d’après les sondages — a réagi en indiquant qu’il deviendrait ministre de l’Intérieur et « mettrait fin au racisme et à la discrimination de l’establishment ultra-orthodoxe à l’encontre des immigrants d’ancienne Union soviétique. »

Le député Oded Forer, du parti de Liberman, s’est montré plus véhément, faisant savoir qu’il avait eu « honte d’entendre le racisme vénéneux [de Deri] à l’égard de personnes qui réalisent l’idéal sioniste et s’établissent en Terre d’Israël. »

Le député a appelé Deri à « s’excuser auprès des millions de citoyens israéliens qui ont fait leur Alyah en provenance de l’ancienne URSS, à ceux qui ont rejoint l’armée et sont morts en service, aux médecins et aux infirmiers qui sauvent des vies chaque jour dans les hôpitaux. »

Le député Yoel Razvozov du parti Kakhol lavan faisait également partie des personnalités publiques à critiquer le ministre et à le qualifier de raciste.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...