Avant un vote de l’UNESCO sur Hébron, Israël en interdit l’entrée à une mission d’enquête
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Avant un vote de l’UNESCO sur Hébron, Israël en interdit l’entrée à une mission d’enquête

Jérusalem affirme que la commission d’experts est une perte de temps, puisqu’il semble peu probable que les Palestiniens se voient refuser de placer le Tombeau des Patriarches sur la liste des sites en péril

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Un Juif devant le Tombeau des Patriarches, à Hébron, en Cisjordanie. Illustration. (Crédit : Kobi Gideon/Flash90)
Un Juif devant le Tombeau des Patriarches, à Hébron, en Cisjordanie. Illustration. (Crédit : Kobi Gideon/Flash90)

Israël a refusé vendredi l’entrée dans la ville de Hébron, en Cisjordanie, à une mission d’information, avant une tentative palestinienne de faire inscrire le Tombeau des Patriarches sur la liste des sites menacés des Nations unies.

Un groupe d’universitaires indépendants du Conseil international des monuments et des sites voulait accéder au lieu saint contesté depuis que l’Autorité palestinienne (AP) a annoncé en avril son projet de le faire ajouter à la liste des sites du patrimoine mondial en péril de l’UNESCO.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a cependant refusé de leur accorder les autorisations demandées.

« Par stratégie et par principe, l’Etat d’Israël ne prendra pas part et ne légitimera aucun geste politique palestinien sous prétexte de culture et de patrimoine », a déclaré Carmel Shama-Hacohen, l’ambassadeur d’Israël à l’UNESCO.

Le Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO devrait se prononcer sur le sujet le 2 juillet, pendant sa 41e session à Cracovie, en Pologne. Etant donné la majorité automatique des états arabes dans les forums internationaux, la proposition palestinienne sera probablement acceptée. Le Tombeau des Patriarches serait le troisième site culturel de « l’Etat de Palestine » à figurer sur la « Liste du patrimoine mondial en péril » de l’UNESCO. Les deux autres sont le lieu de naissance de Jésus à Bethléem et le « paysage culturel du sud de Jérusalem », autour de Battir.

Carmel Shama-Hacohen, à gauche, ambassadeur d'Israël auprès de l'UNESCO, avec le drapeau israélien, au siège de l'agence culturelle des Nations unies, à Paris, le 2 mai 2017. (Crédit : Erez Lichtfeld)
Carmel Shama-Hacohen, à gauche, ambassadeur d’Israël auprès de l’UNESCO, avec le drapeau israélien, au siège de l’agence culturelle des Nations unies, à Paris, le 2 mai 2017. (Crédit : Erez Lichtfeld)

Avant que ces sites ne soient ajoutés à la liste, des missions d’enquête ont été déployées qui ont conseillé de ne pas les ajouter, a indiqué Carmel-Hacohen. Cela n’a cependant pas empêché les états membres du Comité du patrimoine mondial de voter « oui », a-t-il ajouté.

« C’est donc une perte de temps et d’argent pour tout le monde d’envoyer des professionnels pour faire des recommandations. Parce que, contrairement aux demandes des autres pays, où les opinions des experts ont un impact important, les Palestiniens se sont créés une position de VIP pour inscrire un site parmi les plus importants du judaïsme, par une campagne fondée sur des mensonges contre les Juifs et contre leur état », a-t-il dit.

Les Palestiniens n’ont jamais perdu un vote à l’UNESCO, a ajouté l’envoyé israélien, « mais il y a toujours une première fois, et nous nous en rapprochons. »

Les diplomates israéliens affirment que, malgré une longue liste de doléances des Palestiniens, qui citent des « violations » israéliennes présumées dans la vieille ville de Hébron, les responsables israéliens et les dirigeants musulmans locaux s’entendent bien.

« L’inscription de la vieille ville de Hébron en tant que site palestinien du patrimoine mondial en péril va attiser le ressentiment et une vive réaction en Israël et dans tout le monde juif », a écrit ce mois-ci Shama-Hacohen dans une lettre adressée à Mechtild Rossler, directeur du Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Un garde-frontière israélien au Tombeau des Patriarches, à Hébron, en Cisjordanie, le 13 septembre 2015. Illustration. (Crédit : Flash90)
Un garde-frontière israélien au Tombeau des Patriarches, à Hébron, en Cisjordanie, le 13 septembre 2015. Illustration. (Crédit : Flash90)

Plusieurs associations juives ont déjà protesté contre le vote.

« Ce n’est que la dernière action cynique des Palestiniens pour effacer l’histoire juive en transformant les lieux les plus saints du judaïsme, dont le mur Occidental, le Tombeau de Rachel et le Tombeau des Patriarches en lieux musulmans », a déclaré le Centre Simon Wiesenthal dans un communiqué la semaine dernière.

Dans une lettre adressée à la directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, la Conférence des présidents des organisations juives américaines majeures a déclaré que les revendications palestiniennes sur Hébron « regorgent de fausses informations et d’accusations infondées », et l’a appelée à empêcher l’organisation du vote.

« C’est la dernière d’une série d’accusations infondées visant à dénigrer et déformer la gestion par Israël des lieux saints », a déclaré l’organisation dans un communiqué.

The Tomb of the Patriarchs is a central feature of the controversial school trips to Hebron. (photo credit: Abir Sultan/Flash 90)
Le Tombeau des Patriarches, à Hébron, en Cisjordanie. Illustration. (Crédit : Abir Sultan/Flash90)

1 502 sites sont actuellement inscrits sur la liste du patrimoine mondial, dont neuf en Israël. Ajouter un site prend généralement des années, mais les Palestiniens cherchent à accélérer leur dossier en affirmant que le site est en péril.

Les 21 pays membres du Comité du patrimoine mondial vont probablement voter contre Israël. Aucun des dix états qui ont voté en mai contre une résolution palestinienne au comité exécutif de l’UNESCO sur Jérusalem n’est membre de ce comité.

Comme tous les ans, le Comité du patrimoine mondial devrait également adopter une résolution sur la Vieille Ville de Jérusalem, qui a dans le passé ignoré la relation du peuple juif à la ville. En 2016, dix pays ont voté la résolution anti-Israël, huit se sont abstenus et deux s’y sont opposés.

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