Avec B. Gueudin, la « dissidence » est-elle entrée au conseil municipal du Havre ?
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Avec B. Gueudin, la « dissidence » est-elle entrée au conseil municipal du Havre ?

Un micro-mouvement d'extreme-droite identitaire antisémite revendique l'adhésion de son premier élu à son parti nouvellement créé, La Dissidence française

Journaliste Société-Reportage

Vincent Vauclin de la Dissidence France lors de la XIème journée Nationale et Identitaire, organisée par Synthèse Nationale à Rungis le dimanche 1er octobre 2017 (Crédit: capture d'écran TV Patriotes/Youtube)
Vincent Vauclin de la Dissidence France lors de la XIème journée Nationale et Identitaire, organisée par Synthèse Nationale à Rungis le dimanche 1er octobre 2017 (Crédit: capture d'écran TV Patriotes/Youtube)

Avec pour devises « l’alternative nationale et sociale » ou « Les nôtres avant les autres » et un emblème à l’esthétique néo-fascisante (un fer de lance), le tout jeune micro-parti politique fascisant La Dissidence française pourrait bien avoir recruté son premier élu.

Il s’agit de Baptiste Gueudin, conseiller municipal au Havre qui aurait quitté le mouvement Bleu Marine, constitué par le Front national (aujourd’hui Rassemblement national) pour élargir sa base de candidats lors des élections législatives de 2012.

Selon le site de La Dissidence française (DF), qui semble centré autour de la personnalité de son fondateur Vincent Vauclin, « Baptiste Gueudin, conseiller municipal du Havre et conseiller communautaire de la Communauté d’Agglomération Havraise (CODAH), a décidé de quitter le Rassemblement National pour rejoindre la Dissidence Française. Il devient ainsi le premier élu de notre nouveau parti ».

Contacté par le Times of Israel, Baptiste Gueudin n’a pas encore confirmé cette information, mais on le trouve posant aux côtés de Vauclin sur une photographie illustrant cette annonce sur Twitter, carte à l’emblème du nouveau parti en main.

Le terme « dissidence » a été popularisé aux débuts des années 2000 par des personnalités racistes, antisémites, complotistes, comme les extrémistes Dieudonné et Alain Soral. S’opposant au mondialisme, associé à une « manipulation sioniste », la Dissidence française à l’instar du FN, promeut de « la préférence nationale ».

Lors de la XIème journée Nationale et Identitaire, organisée par Synthèse Nationale à Rungis le dimanche 1er octobre 2017, Vauclin a tenu à marquer un « triste anniversaire : le procès de Nuremberg, » explique-t-il.

« A l’issue d’une procédure inique et expéditive, la justice des vainqueurs condamnait les dignitaires du Reich déchu. Plus que des hommes, plus que des Allemands, c’est une civilisation qu’il a condamnée. Plus précisément, c’est une vision de l’homme, de la nation, de l’ordre social qui a été frappée du sceau de l’infamie et condamné par le tribunal de l’humanité ».

Le site militant anti-fasciste La Rotative, rappelle qu’en janvier 2014, le chef de la Dissidence Française, Vincent Vauclin, défilait avec ses troupes à l’occasion du « Jour de Colère ».

« Slogans antisémites (comme « mort aux juifs »), négationnistes et quenelles avaient émaillé le défilé, rappelle La Rotative. Ce jour-là, Vauclin déclarait devant une caméra : ‘Vous prenez le gouvernement Hollande, vous allez avoir que des juifs ou des franc-maçons. (…) Cette domination communautaire sur le peuple français est absolument inacceptable’ « .

Ailleurs, dans une interview accordée au site Nous sommes partout (sic), Vauclin explique que son parti est celui « de la reconquête nationale, sociale et identitaire, le parti où les mots ‘Grand Remplacement’ ou ‘Remigration’ ne sont pas tabous ».

S’il ne parle pas des « juifs », des « sionistes » ou des « francs-maçons » pour désigner les responsables de l’actuelle « crise identitaire » française, Vauclin les évoque à mots – à peine – couverts :

« Il ne faudrait pas se méprendre sur les responsables de cette crise, et nous n’hésitons pas, nous, à accuser ce ‘régime des partis, des loges et des lobbies’ qui s’appuie sur des minorités agissantes, encourage la sédition communautariste et livre notre pays à la prédation d’intérêts étrangers ».

Il figure d’ailleurs au programme de la DF d’établir « la souveraineté intégrale de la France, en libérant l’État des tutelles étrangères mais aussi de l’influence des minorités et des lobbies communautaires ».

Dans la veine des camps survivalistes, un des centres d’intérêt de la « dissidence », où l’on compte de nombreux croyants d’une prochaine guerre civile apocalyptique, la DF organise des camps d’été avec encadrants en treillis, et où l’on se tient en rang.

Au programme : « sport, ateliers de média-training, formations à la stratégie militante, aux premiers secours, à la topographie et aux transmissions, discipline, chants et camaraderie ».

On ne sait pas combien de membres compte ce parti confidentiel, mais il s’inscrit dans un mouvement plus général, la mouvance identitaire et anti-mondialiste.

Elle connaît aujourd’hui en France plusieurs nouveaux émanations, telles Génération identitaire, qui s’est fait connaitre via son action contre le passage des migrants dans les Alpes, et plus récemment pour l’occupation des locaux de SOS Méditerranée à Marseille.

Au niveau européen, les partis populistes remettant au gout du jour ces idées connaissent de nombreux succès électoraux en Hongrie, en Italie, en Slovaquie, en Autriche, en Pologne ou en République tchèque.

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