Israël en guerre - Jour 255

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Avec les soldats du front nord, dans la guerre de « dissuasion » contre le Hezbollah

Pour la première fois de son histoire, tous les civils des localités de la ligne frontalière ont été évacués par l'armée - mais certains ont décidé de rester

Des obus tirés depuis le nord d'Israël tombent à proximité du village libanais de Yarine, près de la frontière entre le Liban et Israël, le 10 novembre 2023. (Crédit : AFP)
Des obus tirés depuis le nord d'Israël tombent à proximité du village libanais de Yarine, près de la frontière entre le Liban et Israël, le 10 novembre 2023. (Crédit : AFP)

Un drone libanais vient de faire son apparition de l’autre côté de la colline. La radio crache l’information en code militaire mais un bourdonnement suspect a déjà alerté les soldats israéliens. Deux d’entre eux en camouflage complet se tapissent au sol, M-16 pointé vers le ciel.

Les canons des chars israéliens ainsi que des systèmes d’interception, dont l’armée refuse de donner le détail, entrent en action. Les tirs durent une heure, pendant laquelle tout le bataillon a ordre de rester strictement à couvert.

« C’est comme ça ici, on passe de zéro à cent en quelques secondes », décrit Kamal Saad, 33 ans, commandant du bataillon 299 de l’armée israélienne.

Cette position, où l’AFP a été autorisée, sert de base arrière au bataillon, célèbre dans tout le pays pour être à 70 % composé de combattants d’infanterie druze, une minorité arabophone d’Israël réputée pour son patriotisme et son sens du combat.

« Nous avons grandi ici, c’est chez nous, on connaît chaque pierre », ajoute-t-il.

« Notre mission est de protéger les forces de sécurité qui opèrent ici et les civils restants », dit à l’AFP le commandant, dont le frère Alim Abdallah Saad a été tué dans le secteur, le 9 octobre, par un terroriste du Hezbollah.

Le lieutenant-colonel Alim Abdallah. (Crédit : Armée israélienne)

Samedi, une partie des hommes du commandant Saad regardent en direct et dans leur langue maternelle, l’arabe, le discours du chef du groupe terroriste chiite libanais, Hassan Nasrallah.

L’unité a été mise en état d’alerte maximale. « La menace peut venir de partout, de la mer, du ciel et des unités terrestres », explique le commandant israélien.

L’artillerie de Tsahal stationnée près de la frontière avec le Liban, au nord d’Israël, le 2 novembre 2023. (Crédit : Ayal Margolin/Flash90)

« Dernière ligne »

Loin des pluies de roquettes de 2006 lors de la guerre du Liban, l’affrontement est ici fait d’échanges sporadiques mais quotidiens.

Et, pour la première fois de son histoire, tous les civils des localités de la ligne frontalière ont été évacués par l’armée.

Dans un autre secteur de la frontière, vendredi, trois soldats ont été blessés dans une attaque sur la position de Margaliot, près de Kiryat Shmona.

Samedi, la position, clé dans la bataille, était de nouveau visée à la même heure, 10H00, a constaté l’AFP, menée par le panache de fumée blanche, montant à côté de l’antenne israélienne.

A ses pieds, le kibboutz de Kfar Giladi et ses gardiens « de la dernière ligne avant le Hezbollah ». Tom Cohen, 28 ans, est revenu d’Australie pour remettre l’uniforme et rejoindre le groupe d’autodéfense de ce village collectiviste agricole où il a grandi.

Le soldat de l’armée israélienne Tom Cohen, 28 ans, en service avec son unité de première intervention armée dans le kibboutz Kfar Giladi dans le nord d’Israël près de la frontière avec le Liban, le 11 novembre 2023. (Crédit : Jalaa MAREY / AFP)

« Les gens pensaient que le Hezbollah allait tenter de s’infiltrer ici, comme au sud (lors de l’attaque du Hamas le 7 octobre, ndlr) et ils vont peut-être essayer », avance-t-il.

« Mais la menace principale, ce sont les roquettes et les drones d’attaque, comme ce qu’il y a sûrement eu ici ce matin ». Il espère qu' »à la seconde » où le Hezbollah ne sera « plus là », la frontière s’ouvrira et qu’il pourra enfin découvrir le pays face auquel il a grandi.

« Déclaration de guerre »

De son côté, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, répète qu’il ne rentrera dans une guerre que si le Hezbollah le lui impose. Vendredi, lors d’une revue aux troupes près de Gaza, il a déclaré que la mission des troupes déployées en masse au nord se résumait à un mot : « la dissuasion ».

Un soldat israélien regarde un discours télévisé du chef du groupe terroriste chiite du Hezbollah, Hassan Nasrallah, près de la frontière israélienne avec le Liban, le 11 novembre 2023. (Crédit : Jalaa marey / AFP)

Tous les combattants israéliens rencontrés redoutent un affrontement massif.

« Le Hezbollah essaye depuis le deuxième jour de rentrer dans cette guerre et de nous attaquer. Pour moi ces roquettes qu’ils envoient sur les civils, c’est déjà un acte de déclaration de guerre », explique le volontaire Tom Cohen, montrant la stèle qui commémore la mort de 12 soldats en 2006, tués par une roquette au portail du kibboutz.

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