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« Avion mystère » vénézuélien en Argentine: cinq membres de l’équipage entendus

Le juge chargé de l'enquête a pris les dépositions écrites de trois Iraniens, qui nient un quelconque lien avec une organisation terroriste

Un Boeing 747 appartenant au Venezuela roule sur la piste après avoir atterri à l'aéroport Ambrosio Taravella de Cordoba, en Argentine, lundi 6 juin 2022. (Crédit : AP Photo/Sebastian Borsero)
Un Boeing 747 appartenant au Venezuela roule sur la piste après avoir atterri à l'aéroport Ambrosio Taravella de Cordoba, en Argentine, lundi 6 juin 2022. (Crédit : AP Photo/Sebastian Borsero)

Un juge argentin a entendu cinq membres d’équipage, iraniens et vénézueliens, d’un avion cargo retenu depuis quatre mois à Buenos Aires, dans le cadre d’une enquête sur un éventuel lien avec l’organisation iranienne Al-Qods, selon des sources judiciaires citées dans la presse vendredi.

Le juge chargé de l’enquête a pris jeudi les dépositions écrites de trois Iraniens, dans lesquelles ils nient un quelconque lien avec une organisation terroriste. Ils n’ont en revanche répondu à aucune question, selon des sources judiciaires citées par l’agence officielle Telam.

Le magistrat avait les jours précédents pris les dépositions de deux membres vénézuéliens de l’équipage qui, eux, avaient répondu aux questions. Tous ont comparu libres.

Quatorze autres membres de l’équipage, -12 Iraniens et deux Vénézuéliens, ont fait l’objet d’un non-lieu définitif formel, qui les autorise à rentrer chez eux. Ce qu’en réalité la plupart ont déjà fait mi-septembre, autorisés par une Cour d’appel.

Les cinq membres restants de l’équipage sont libres d’aller et venir, mais ils ont interdiction de quitter l’Argentine, et sont techniquement sous le coup d’une inculpation préliminaire, en partie liée aux délais de procédure.

En raison de cette lenteur, la Cour d’appel avait récemment enjoint le juge Villena à statuer d’urgence sur « les situations et les restrictions » de l’équipage. D’où les restrictions maintenues pour certains et les non-lieux pour d’autres, décision « prématurée », a regretté le juge cité dans la presse cette semaine.

Le 747 cargo vénézuélien d’Emstrasur, filiale de la compagnie Conviasa visée par des sanctions américaines, est immobilisé depuis début juin en Argentine, où il était arrivé du Mexique, transportant des pièces automobiles.

Son équipage s’était vu interdire de quitter le pays, tandis que la justice enquêtait sur leur profil, notamment un éventuel lien avec les Gardiens de la révolution islamique d’Iran et son unité Al-Qods, classée organisation terroriste par les Etats-Unis.

Le doute porte en particulier sur le pilote de l’appareil, Gholmareza Ghasemi, et ses liens actuels ou passés avec al-Qods. Le ministre argentin de la Sécurité avait écarté tout lien du pilote avec l’organisation, mais le ministre des Renseignement du Paraguay voisin -par où l’avion avait transité- avait au contraire assuré qu’il existait bien un lien « confirmé par des agences (de renseignement) alliées ».

Caracas a protesté contre l’immobilisation de l’avion, et réclamé comme Teheran que l’équipage puisse quitter l’Argentine. L’Iran assurait que l’avion est « complètement légal » et que son immobilisation relève d’une « opération de propagande » liée aux tensions entre l’Occident et l’Iran sur le nucléaire.

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