Bennett se dit « convaincu » que Netanyahu n’ira pas jusqu’au bout de l’annexion
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Bennett se dit « convaincu » que Netanyahu n’ira pas jusqu’au bout de l’annexion

Le chef de Yamina, qui a de nouveau exprimé son opposition ferme à la création d'un Etat palestinien, a accusé celui du Likud d'avoir fait traîner inutilement le processus

Le chef du parti Yamina Naftali Bennett lors d'une conférence de presse à Jérusalem, le 14 mai 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le chef du parti Yamina Naftali Bennett lors d'une conférence de presse à Jérusalem, le 14 mai 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Mercredi, le président de Yamina Naftali Bennett a déclaré qu’il ne pensait pas que le Premier ministre Benjamin Netanyahu procéderait à l’annexion de plusieurs zones de Cisjordanie comme il l’a promis de le faire ces derniers mois.

Le dirigeant de droite, siégeant désormais dans l’opposition, a accusé Netanyahu d’avoir fait traîner inutilement le processus. Il a aussi de nouveau exprimé son opposition ferme à la création d’un Etat palestinien.

« Quand je vois Netanyahu parler de cela aussi souvent, je suis de plus en plus convaincu qu’il ne va pas le faire. Si vous voulez le faire, vous le faites. Vous avez dit que vous aller appliquer la souveraineté sur l’ensemble de la Judée-Samarie, toutes les communautés, et vous ne créerez pas d’Etat palestinien, a déclaré Bennett, en faisant référence à la Cisjordanie avec ses noms bibliques. « ‘Quand tu vas tirer, tu tires, tu ne parles pas’, et faites le tout de suite. Qu’attend-il ? »

« Je suis en faveur de la souveraineté. Je suis fermement opposé à la création d’un Etat terroriste palestinien au coeur d’Israël. Si c’est l’objectif de Netanyahu, avec Gantz à ses côtés – nous combattrons contre un Etat palestinien de toute notre force », a déclaré Bennett à la Douzième chaîne dans un entretien, son premier depuis qu’il a rejoint l’opposition.

« Nous avons besoin d’appliquer la souveraineté, cesser d’avoir peur, et le faire tout de suite, mais pas de créer un Etat palestinien ».

Il a aussi affirmé dans l’entretien qu’il considère le président Donald Trump comme un « grand ami » d’Israël.

Avigdor Liberman, le chef du parti de droite laïc Yisrael Beytenu, a également accusé Netanyahu d’avoir fait durer le processus d’annexion au profit de son intérêt personnel dans un entretien publié jeudi par le
New York Times.

Le chef de l’opposition à la Knesset Yair Lapid a affirmé que la promesse d’annexion de Netanyahu était un « tour de passe-passe » visant à détourner l’attention du public de son procès en corruption et de la crise provoquée par l’épidémie. Lapid a déclaré qu’il soutient le plan de paix de Trump tout en s’opposant à l’annexion unilatérale.

Bennett a accusé Netanyahu d’avoir « utilisé et balancé » la droite israélienne alors qu’il cherchait à devenir Premier ministre.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, droite, parle au ministre de la Défense Benny Gantz, alors que les deux hommes portent un masque de protection à cause de l’épidémie du COVID-19 lors de la rencontre hebdomadaire du cabinet à Jérusalem, le dimanche 7 juin 2020. (Menahem Kahana/Pool Photo via AP)

« Il ne s’est pas contenté de nous jeter sur le côté, mais il a jeté l’ensemble du public idéologique de droite. Il a pris les voix et a dit ‘nous limiterons le système judiciaire, mettrons en place une économie libre et appliquerons la souveraineté’. Au final, il a transféré le ministère de la Justice au [député de Kakhol lavan Avi] Nissenkorn », a déclaré Bennett.

En réponse à l’entretien, le parti du Likud de Netanyahu a déclaré : « Bennett a refusé chaque offre [pour rejoindre le gouvernement] ».

Bennett a maintenu que Netanyahu ne voulait pas de parti nationaliste- religieux dans le gouvernement.

« Netanyahu ne nous voulait pas. Il n’y a pas eu un moment de négociation, a déclaré Bennett, qui n’a pas rendu l’animosité personnelle entre lui-même et Netanyahu responsable de l’échec des négociations.

L’accord de coalition signé entre le parti du Likud et Kakhol lavan de Benny Gantz permet au Premier ministre de procéder à l’annexion le 1er juillet. Il a promis d’annexer l’ensemble des implantations et la vallée du Jourdain – environ 30 % de la Cisjordanie au total. Les zones de la Cisjordanie qu’Israël souhaiterait annexer sont presque entièrement réservées à Israël, selon le plan de paix du président américain Donald Trump.

Actuellement, une commission américano-israélienne travailler à tracer les contours exacts d’une potentielle annexion. Washington a déclaré que l’annexion ne devrait pas avoir lieu avant que le travail ne soit achevé.

Un ministre du parti du Likud de Netanyahu a déclaré la semaine dernière que la date du 1er juillet pour l’annexion pourrait être repoussée de quelques semaines, alors qu’une source a déclaré au Times of Israël qu’il était « très peu probable » que les Etats-Unis soutiennent l’annexion israélienne à cette date.

Un ministre de Kakhol lavan a déclaré mardi que le parti centriste avait conclu un accord avec le Likud sur l’annexion de la vallée du Jourdain, mais que le président du parti et ministre de la Défense Gantz soutiendrait uniquement le plan s’il était soutenu par les Etats-Unis et certains pays arabes, surtout la Jordanie.

Vue de maisons dans l’implantation d’Efrat, le 27 novembre 2018. (Gershon Elinson/Flash90)

Ces dernières semaines, des responsables d’implantations ont formulé des critiques du plan Trump, certains représentants d’implantations y sont opposés parce qu’il entraînerait la création d’un Etat palestinien. Ils affirment que le plan ne permet pas d’annexer une partie suffisamment grande de la Cisjordanie en plus des implantations et de la vallée du Jourdain. Ils ont également déclaré que le plan transformerait plusieurs implantations en enclaves très vulnérables.

Le plan d’annexion a entraîné une pluie de condamnations régionales et internationales.

Des officiels jordaniens, notamment le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères du Royaume, ont menacé de revenir sur les traités et accords avec Israël en cas d’annexion. Le Premier ministre de Jordanie a prévenu que si Israël appliquait le plan, le royaume reverra ses accords de paix avec Israël. Des sources palestiniennes ont déclaré que le royaume pourrait décider d’annuler son accord de paix avec l’Etat juif.

En visite mercredi, le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas a réitéré l’opposition de son pays à l’annexion. Il n’a pas annoncé de possibles mesures de sanction de la part de Berlin si Jérusalem appliquait son plan controversé.

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