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Blinken offre de l’aide aux proches de Shireen Abu Akleh, tuée à Jénine

Le plus haut diplomate américain rappelle « l’importance d’une presse libre et indépendante » en adressant ses condoléances aux proches de la journaliste américano-palestinienne

Le secrétaire d'État américain Anthony Blinken prend la parole lors d'une audition de la commission des affaires étrangères du Sénat au Capitole américain, le 26 avril 2022, à Washington. (Crédit: Bonnie Cash-Pool/Getty Images/AFP)
Le secrétaire d'État américain Anthony Blinken prend la parole lors d'une audition de la commission des affaires étrangères du Sénat au Capitole américain, le 26 avril 2022, à Washington. (Crédit: Bonnie Cash-Pool/Getty Images/AFP)

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken s’est entretenu avec la famille de la journaliste palestinienne décédée, Shireen Abu Akleh, après avoir condamné l’emploi de la force par Israël lors de ses obsèques, a déclaré dimanche un responsable.

Lors de son vol, samedi, à destination de Berlin pour une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’OTAN, Blinken a présenté par téléphone ses « sincères condoléances » aux membres de la famille de Shireen Abu Akleh, a déclaré un responsable du Département d’État.

Le chef de la diplomatie américaine « a souligné le travail journalistique d’Abu Akleh et l’importance d’une presse libre et indépendante », a déclaré le responsable.

Blinken a offert le soutien de diplomates américains, en poste à Jérusalem, à la famille d’Abu Akleh, qui détenait également la citoyenneté américaine.

Âgée de 51 ans, Abu Akleh a été tué par balle mercredi matin alors qu’elle couvrait des affrontements armés entre soldats israéliens et hommes armés palestiniens lors d’une opération militaire israélienne dans la ville de Jénine, en Cisjordanie.

Le chef de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a accusé Israël de l’avoir « exécutée ». Les autorités israéliennes ont dans un premier temps déclaré qu’il était probable que des hommes armés palestiniens lui avaient tiré dessus par erreur, avant d’indiquer qu’une balle perdue d’un sniper israélien aurait également pu causer sa mort.

Israël a répété qu’il ne serait pas possible de déterminer avec certitude la responsabilité du tir mortel sans un examen de la balle retirée de son cou, a rapporté vendredi la Douzième chaîne, ajoutant qu’Israël avait demandé l’aide des États-Unis pour persuader l’Autorité palestinienne de coopérer.

Les procureurs palestiniens ont déclaré vendredi que, selon l’enquête initiale, seuls les soldats de Tsahal auraient pu tirer la balle qui a tué Abu Akleh. Samedi, l’Autorité palestinienne expliquait que si les organismes internationaux pouvaient « participer » à son enquête, Israël en était exclu.

Collègues et amis réagissent alors que la dépouille de la journaliste palestinienne chevronnée Shireen Abu Akleh est conduite au siège de la chaîne d’information à Ramallah, en Cisjordanie, le 11 mai 2022. (Crédit : Abbas Momani/Pool via AP)

Lors des obsèques [de Shireen Abu Akleh] vendredi, des policiers ont chargé les Palestiniens qui portaient et entouraient le cercueil et les ont frappés avec des matraques, manquant de renverser le cercueil.

La police a affirmé que le cercueil avait été saisi par la foule, contre la volonté de la famille, devant l’hôpital Saint-Joseph de Jérusalem, ce qui les avait incités à intervenir.

Le frère d’Abu Akleh a déclaré que la famille et les proches, qui souhaitaient organiser un « petit cortège funèbre », avaient été « bombardés » par des officiers à la sortie de l’hôpital.

Blinken s’est dit « profondément troublé » par l’attitude de la police israélienne, et le Département d’État a appelé à une enquête transparente sur les circonstances de sa mort.

Réagissant aux images des funérailles, la secrétaire de presse de la Maison Blanche, Jen Psaki, a déclaré qu’elles étaient « profondément troublantes ».

Le président américain Joe Biden a déclaré ignorer les circonstances précises de l’incident, tout en soulignant qu’il « devait faire l’objet d’une enquête ».

Un rapport préliminaire publié par Tsahal, vendredi, présente deux explications possibles qui ont en commun de conclure qu’Abu Akleh n’a pas été prise pour cible. Dans le premier scénario, il s’agirait de tirs de terroristes palestiniens, dans le second, de tireurs d’élite israéliens .

Le chef de Tsahal, Aviv Kohavi, a tenu une réunion à huis clos avec plusieurs généraux jeudi, avant la publication de ce rapport d’enquête, au cours de laquelle la possibilité qu’Abu Akleh ait été touché par une balle israélienne a été évoquée.

Deux sources proches de la réunion disent que cette possibilité est « très probable », assure la Douzième chaîne. Certains des participants à la réunion auraient estimé qu’il n’était pas moins probable et peut-être plus probable qu’elle ait été touchée par une balle perdue de Tsahal que par des tirs palestiniens à l’aveugle.

Le chef de Tsahal a également déclaré lors de la réunion de jeudi « qu’il est certainement possible » qu’elle ait été touchée par des tirs de Tsahal, ajoutant que seul l’examen de la balle apporterait des réponses certaines.

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