Blinken soutient la présence d’Israël au Golan, mais pas sa souveraineté
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Blinken soutient la présence d’Israël au Golan, mais pas sa souveraineté

Le diplomate US met en doute la légalité du plateau stratégique que Trump considère comme faisant partie d'Israël, mais affirme qu'il n'y a rien à discuter avec Assad et l'Iran

Une photo prise à partir des restes d'un char datant de la guerre de 1973, montre la ville syrienne de Quneitra, vue depuis le plateau du Golan, le 23 décembre 2019. (JALAA MAREY / AFP)
Une photo prise à partir des restes d'un char datant de la guerre de 1973, montre la ville syrienne de Quneitra, vue depuis le plateau du Golan, le 23 décembre 2019. (JALAA MAREY / AFP)

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a déclaré lundi que dans les conditions actuelles, il soutient le contrôle d’Israël sur le plateau du Golan, mais qu’il met en doute la légalité de la décision de l’administration Trump de reconnaître la souveraineté israélienne sur le plateau stratégique.

Lors d’un entretien avec CNN, il a été demandé à Blinken si l’administration Biden continuerait à « voir le plateau du Golan comme faisant partie d’Israël ».

« Ecoutez, en laissant de côté les aspects juridiques de cette question, en pratique, le Golan est très important pour la sécurité d’Israël », a déclaré M. Blinken.

« Tant que le dictateur Bashar el-Assad sera au pouvoir en Syrie, tant que l’Iran sera présent en Syrie, les milices soutenues par l’Iran, le régime Assad lui-même – tous ces éléments constituent une menace significative pour la sécurité d’Israël, et d’un point de vue pratique, le contrôle du Golan dans cette situation reste, je pense, d’une réelle importance pour la sécurité d’Israël », a-t-il déclaré.

Toutefois, il a indiqué qu’à l’avenir, les États-Unis pourraient être disposés à réexaminer cette position.

« Les questions juridiques, c’est autre chose. Et avec le temps, si la situation devait changer en Syrie, c’est quelque chose que nous examinerions. Mais nous sommes loin du compte », a déclaré M. Blinken.

En 2019, Trump a reconnu la souveraineté israélienne sur le plateau stratégique, qu’Israël a pris à la Syrie lors de la guerre des Six Jours de 1967 et qu’il a ensuite annexé dans une démarche non reconnue par la communauté internationale au sens large.

Les observations de Blinken contrastent fortement avec celles de son prédécesseur Mike Pompeo, qui a effectué une rare visite sur le plateau du Golan en novembre.

« Vous ne pouvez pas vous contenter de regarder ce qui se passe de l’autre côté de la frontière et nier la chose essentielle que le président Donald Trump a reconnue, ce que les présidents précédents ont refusé de faire », a déclaré M. Pompeo. « C’est une partie d’Israël et une partie essentielle d’Israël. »

Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo, (à droite), visite le plateau du Golan aux côtés du ministre des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi à bord d’un hélicoptère Blackhawk, le 19 novembre 2020. (Autorisation)

Il a condamné ce qu’il a décrit comme des appels des « salons en Europe et dans les institutions d’élite en Amérique », pour qu’Israël rende le Golan à la Syrie.

« Imaginez, si Assad contrôle cet endroit, le risque de nuire à l’Occident et à Israël », a déclaré Pompeo.

Bien que Blinken ait pris ses distances par rapport à la position de l’administration Trump sur le plateau du Golan, il a réitéré qu’il n’y aurait aucun changement concernant Jérusalem.

En 2017, M. Trump a reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël et y a installé l’ambassade des États-Unis, une autre décision qui a rompu avec la communauté internationale.

M. Blinken a déclaré que le président américain Joe Biden et lui-même considéraient Jérusalem comme la capitale d’Israël et n’avaient pas l’intention de déplacer l’ambassade à Tel Aviv.

Le Sénat américain a voté à une écrasante majorité jeudi en faveur du maintien de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem, seuls trois sénateurs ayant voté contre l’établissement d’un financement pour maintenir la mission diplomatique.

Le site de l’ambassade américaine à Jérusalem avant son inauguration, le 13 mai 2018. (Yonatan Sindel / Flash90)

L’amendement approuvé par 97 sénateurs rend effectivement permanente la relocalisation de l’ambassade.

M. Blinken a réitéré le soutien de l’administration Biden à une solution à deux États au conflit israélo-palestinien.

« Ce que nous devons voir se produire, c’est que les parties se réunissent directement et négocient ces questions dites de statut final », a-t-il déclaré. « C’est l’objectif. Et comme je l’ai dit, nous en sommes malheureusement très loin à l’heure actuelle ».

Il a également rejeté les inquiétudes en Israël concernant le fait que Biden n’ait pas encore parlé au Premier ministre Benjamin Netanyahu depuis son entrée en fonction.

M. Blinken a noté que les deux hommes s’étaient entretenus pendant la transition et que lui et d’autres hauts fonctionnaires avaient parlé à leurs homologues israéliens.

Pressé de dire s’il y avait une raison pour laquelle ils ne s’étaient pas parlé malgré le fait que Biden s’était adressé à tant d’autres dirigeants mondiaux, tout ce que Blinken a dit, c’est : « Oh, je suis sûr qu’ils auront l’occasion de se parler dans un avenir proche ».

Netanyahu a également balayé l’affaire d’un revers de main lundi dernier, en déclarant aux journalistes lors d’une conférence de presse qu’il s’attendait à recevoir bientôt un appel de Biden.

Le Premier ministre a déclaré que le président américain téléphonait aux dirigeants du monde « comme il l’entend » et qu’ils se parleront probablement lorsque M. Biden commencera à contacter les dirigeants du Moyen-Orient.

« Notre alliance est forte », a déclaré M. Netanyahu, tout en reconnaissant certaines différences d’opinion.

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