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Bordeaux : 10 mois de prison avec sursis pour avoir vandalisé un cimetière juif

La justice a néanmoins estimé que l’acte ne relevait pas de l’antisémitisme, mais qu’il était la seule conséquence d’une nuit d’ivresse d’un étudiant

Le Cimetière des Juifs portugais, situé sur le Cours de l’Yser, à Bordeaux. (Crédit : Lisaxelle / CC BY-SA 4.0)
Le Cimetière des Juifs portugais, situé sur le Cours de l’Yser, à Bordeaux. (Crédit : Lisaxelle / CC BY-SA 4.0)

Dans la nuit du 24 mai 2019, à Bordeaux, treize sépultures du cimetière des Juifs portugais avaient été profanées par un étudiant en état d’ivresse. Le jeune homme a été condamné, ce mardi 7 juin, par le tribunal, a rapporté le journal Sud Ouest. Il a écopé de dix mois de prison avec sursis, et il devra également suivre un stage de citoyenneté ainsi que payer des dommages et intérêts aux parties civiles.

La justice a néanmoins estimé que l’acte ne relevait pas de l’antisémitisme, mais qu’il était la seule conséquence d’une nuit d’ivresse d’un étudiant. Celui-ci dit ne plus se souvenir de rien et raconte « que d’autres personnes étaient présentes dans le cimetière » en même temps que lui.

Cette version semble néanmoins peu crédible : le 24 mai, vers 6 heures du matin, les voisins du cimetière avaient été réveillés par les cris de l’étudiant, dont la jambe était restée bloquée sous une stèle – ses comparses seraient ainsi partis sans l’aider, selon sa version des faits. Après avoir été finalement secouru au petit matin, l’étudiant avait été placé en garde à vue.

Alors que treize tombes avaient été dégradées, avec des pierres qui avaient été bougées, des urnes et des pots de fleurs qui avaient été renversés, aucune inscription antisémite n’avait été relevée par la police.

Malgré son nom, le Cimetière des Juifs portugais, situé sur le Cours de l’Yser, abrite différentes communautés juives, et de nombreux Juifs ashkénazes y sont enterrés. Il a été acheté en 1764. On y trouve les restes d’un certain nombre de personnalités juives, notamment Hans et Pauline Herzl, enfants de Theodor Herzl, fondateur du sionisme moderne, ou encore ceux du grand rabbin Joseph Cohen. On y trouve aussi un certain nombre de descendants de l’armateur et homme de lettres français David Gradis. Le cimetière est inscrit aux monuments historiques, et il est le seul cimetière juif de la ville encore fonctionnel et régulièrement ouvert au public.

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