Canada : Des gens bravent le froid pour les funérailles d’un rescapé de la Shoah
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Canada : Des gens bravent le froid pour les funérailles d’un rescapé de la Shoah

Le rabbin Zale Newman a dit que 150 personnes sont venues par un temps glacial pour l'inhumation à Toronto d'Eddie Ford après un appel sur Facebook pour la constitution d'un quorum

Des dizaines de personnes assistent aux funérailles du survivant de la Shoah Eddie Ford à Toronto, Canada, le 31 janvier 2019 (Capture d'écran via Ynet News)
Des dizaines de personnes assistent aux funérailles du survivant de la Shoah Eddie Ford à Toronto, Canada, le 31 janvier 2019 (Capture d'écran via Ynet News)

Des douzaines de personnes se sont rendues à des températures de -20 degrés Celsius pour les funérailles d’un survivant de la Shoah qui devait être enterré avec la seule présence de son frère la semaine dernière, au Canada.

Le rabbin Zale Newman a lancé un appel sur Facebook lorsqu’il a eu connaissance qu’Eddie Ford, un survivant de la Shoah de 90 ans originaire de Budapest et vivant à Toronto, devait être enterré sans un minyan (quorum juif pour la prière).

Selon le site d’information Ynet, Ford n’était pas lié à une communauté juive de la ville, mais a demandé à rencontrer un rabbin à la fin de sa vie dans un service d’oncologie de l’hôpital Sunnybrook de la ville.

Deux jours avant la mort de Ford, Newman l’a rencontré et lui a promis un enterrement juif digne de ce nom. Après avoir appris le décès de Ford, Newman a publié les détails des funérailles sur Facebook, mais il avait peu d’espoir que les gens se présentent, car le post a reçu peu de réponses et le Canada traversait une période particulièrement froide.

Mais à son insu, le post a été largement partagé et des dizaines de personnes se sont rendues au cimetière de Pardes Chaim pour enterrer un homme qu’elles n’avaient jamais rencontré.

« Quand j’ai vu le message sur Facebook, j’ai réalisé la gravité de la situation. C’était un survivant de la Shoah qui devait être enterré. Donc je n’y ai pas réfléchi à deux fois. J’ai tout laissé et je suis arrivé dès que j’ai pu », a déclaré le cinéaste Ronen Israelski, qui a documenté l’événement, à CBC News du Canada.

« Ce survivant isolé a reçu un témoignage d’affection de la communauté juive de Toronto et de notre cœur juif. Je connais bien la Shoah parce que mon père est un survivant de la Shoah, et je ne pouvais pas supporter l’idée que cette personne soit enterrée dans la solitude », a expliqué Israëliski.

M. Newman s’est dit étonné par le fait que tant de gens avaient tout abandonné pour pouvoir assister à l’enterrement.

« Quand je suis arrivé au cimetière, je n’ai pas pu entrer à cause d’un embouteillage. Je pensais qu’il y avait un autre enterrement en même temps et je me demandais comment trouver le lieu de repos d’Eddie. J’ai demandé aux gens et ils m’ont dit qu’ils allaient aux funérailles de M. Ford », a raconté M. Newman, selon Ynet.

« J’ai marché dans le vent glacial et quand j’ai atteint la tombe, j’ai découvert 150 personnes dans une immense communion d’amour », a-t-il ajouté.

« Je me suis mis à pleurer et à me dire combien c’est difficile et prodigieux de faire partie du peuple juif qui, en un rien de temps, va tout quitter, faire une longue route et rester dans un champ ouvert, dans un vent glacial pour accompagner un juif de Budapest dans son dernier voyage. »

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