Cancer : Une nouvelle nanopuce israélienne pour tester de nouveaux traitements
Rechercher

Cancer : Une nouvelle nanopuce israélienne pour tester de nouveaux traitements

Une minuscule puce en silicone agissant comme un "cancer artificiel" est placée dans une boîte de Pétri pour vérifier l'efficacité des immunothérapies contre la maladie

Un lymphocyte sur la nouvelle puce de l'Université Ben Gurion inventée pour la recherche sur le cancer . (Crédit : Esti Toledo et Dr. Guillaume Le Saux)
Un lymphocyte sur la nouvelle puce de l'Université Ben Gurion inventée pour la recherche sur le cancer . (Crédit : Esti Toledo et Dr. Guillaume Le Saux)

Une nouvelle nanopuce israélienne, agissant comme un « cancer artificiel » pour les tests de laboratoire, permet aux scientifiques de juger de l’efficacité des nouveaux traitements d’immunothérapie pour combattre la vraie maladie.

Dans le monde entier, la course est lancée pour mettre au point de nouvelles immunothérapies, mais un défi majeur consiste à prédire leur efficacité pendant leur développement. Le laboratoire du professeur Mark Schvartzman, de l’université Ben-Gurion du Néguev, a décidé de déployer les nanotechnologies et de construire la première puce au monde qui imite la disposition de différentes molécules dans une cellule cancéreuse.

Les scientifiques peuvent laisser libre cours à de nouveaux traitements d’immunothérapie sur la puce et obtenir une image détaillée de leur efficacité dans la lutte contre le cancer. La puce est spécifiquement destinée à évaluer les nouveaux traitements d’immunothérapie composés de lymphocytes – des globules blancs qui jouent un rôle clé dans les réponses immunitaires.

« Notre nouvelle puce est comme un cancer artificiel, qui peut être mise dans une boîte de Pétri avec des lymphocytes qui ont été génétiquement modifiés et comprennent un traitement d’immunothérapie », a déclaré Schvartzman au Times of Israel. « Nous l’observons au microscope, et voyons si le traitement fonctionne face au ‘cancer’, et si oui, à quel point il fonctionne. »

Le professeur Mark Schvartzman (Crédit : Dani Machlis/Université Ben Gurion)

Il a ajouté : « C’est comme un kit de test qui place des lymphocytes spécifiques dans un environnement cancéreux et les surveille. »

Pour expliquer les avantages de la puce par rapport aux vraies cellules cancéreuses, M. Schvartzman a expliqué que les traitements nécessitent de nombreux tests et que la puce est toujours constante alors que les cellules prélevées chez les vrais patients cancéreux varient. Il a ajouté que la nouvelle technologie présente également l’avantage de libérer les patients du processus invasif de prélèvement de cellules et d’éviter la procédure compliquée de leur collecte.

La percée de Schvartzman a été rapportée dans un article évalué par les pairs qui vient d’être publié dans la revue Science Advances. Le professeur Schvartzman a expliqué qu’il y était parvenu en réorientant vers la santé des techniques de fabrication de puces développées dans le domaine de la haute technologie.

« Le domaine des nanotechnologies a pris son essor il y a une vingtaine d’années, principalement en raison de la nécessité de réduire la taille des composants des puces de traitement informatique », a-t-il déclaré. « Aujourd’hui, ce domaine offre des outils uniques qui servent aux scientifiques de nombreux domaines différents. Ces outils nous permettent de créer, de visualiser et de contrôler des objets d’une taille de 10 nanomètres ou moins. »

Cela ouvre des possibilités dans le domaine de la santé, car la taille de la puce correspond à celle d’une seule biomolécule dans le corps, a-t-il ajouté.

Le co-auteur de Schvartzman, le professeur Angel Porgador, doyen de la faculté des sciences de la santé de l’université Ben-Gourion, a déclaré qu’il pensait que la puce était « d’une grande importance pour le développement de traitements d’immunothérapie contre le cancer. »

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...