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Cavusoglu se rendrait en Israël en mai en vue d’une réinstallation des ambassadeurs

Le voyage de Mevlut Cavusoglu n'a pas été confirmé ; l'envoyé d'Ankara a déclaré que le gazoduc Israël-Turquie n'arriverait pas de si tôt

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu à gauche, et le ministre israélien des Affaires étrangères Yair Lapid à droite. (Crédit : Hussein Malla/AP ; Oliver Fitoussi/Flash90)
Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu à gauche, et le ministre israélien des Affaires étrangères Yair Lapid à droite. (Crédit : Hussein Malla/AP ; Oliver Fitoussi/Flash90)

Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a déclaré jeudi qu’il se rendrait en Israël et dans les Territoires palestiniens à la mi-mai. S’adressant à la chaîne de télévision turque A Haber, Cavusoglu a déclaré qu’il discuterait du retour des ambassadeurs en Turquie et en Israël pendant le voyage, a communiqué Reuters.

Le ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré au Times of Israël qu’il ne pouvait pas confirmer la visite pour le moment.

Autrefois de solides alliés régionaux, Israël et la Turquie ont vu leurs liens s’étioler pendant le mandat du président Recep Tayyip Erdogan, virulent critique de la politique d’Israël envers les Palestiniens.

Israël a été contrarié par les relations chaleureuses entre Erdogan et le Hamas, groupe terroriste qui contrôle la bande de Gaza.

Les pays ont rappelé leurs ambassadeurs respectifs en 2010 après que les forces israéliennes ont pris d’assaut une flottille à destination de Gaza transportant de l’aide humanitaire pour les Palestiniens, en violation du blocus israélien. L’incident avait entraîné la mort de 10 militants turcs.

Les relations se sont ensuite améliorées avant de se dégrader de nouveau en 2018 lorsque la Turquie, irritée par le transfert à Jérusalem de l’ambassade américaine en Israël, a une nouvelle fois rappelé son ambassadeur, incitant Israël à répondre de la même manière.

Le président Isaac Herzog à gauche, et le président turc Recep Tayyip Erdoğan au complexe présidentiel d’Ankara le 9 mars 2022. (Crédit : Haim Zach/GPO)

La visite du président Isaac Herzog à Ankara, au début du mois pour une visite historique de 24 heures – visite de plus haut niveau d’un responsable israélien depuis le déplacement de l’ex-Premier ministre Ehud Olmert, en 2008 – est le dernier signe en date de tentative de rétablissement des liens.

Lors d’un incident qui a semé la confusion, Herzog et Erdogan ont annoncé que le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu se rendrait en Israël le mois prochain – mais cela a apparemment pris le ministère israélien des Affaires étrangères au dépourvu.

Le porte-parole de Lapid a déclaré aux journalistes que Cavusoglu avait exprimé son intérêt pour une visite, mais qu’aucune visite n’était encore prévue.

Le président turc avait déclaré que « cette visite historique marquera un tournant dans les relations entre la Turquie et Israël », tandis que Herzog avait salué le voyage comme « un moment très important dans les relations entre [leurs] deux pays ».

Il a noté que sa rencontre avec Herzog comprenait une discussion sur les événements en Ukraine et en Méditerranée orientale et a déclaré qu’il pensait que « la période à venir apportera de nouvelles opportunités pour la coopération régionale et bilatérale ».

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’exprime lors d’une conférence de presse après un sommet extraordinaire de l’OTAN au siège de l’OTAN à Bruxelles, le 24 mars 2022. (Crédit : AP Photo/Markus Schreiber)

« C’est un moment très important dans les relations entre nos pays, et je pense que c’est un grand privilège pour nous deux de reprendre les bases de la culture de relations amicales entre nos États et nos peuples, et de construire des ponts qui sont essentiels pour nous tous », a déclaré Herzog.

Diplomatie du gaz

Cavusoglu a également déclaré jeudi qu’un gazoduc entre Israël et la Turquie ne verrait pas le jour dans un proche avenir.

L’invasion russe de l’Ukraine a clairement montré aux dirigeants européens à quel point il était urgent de développer des alternatives au gaz naturel russe. Israël et ses partenaires méditerranéens espèrent faire partie de la solution pour l’Europe, mais on ne sait toujours pas comment le gaz atteindra le continent.

Après que l’administration Biden a abandonné son soutien au gazoduc EastMed en janvier, Erdogan a indiqué qu’il souhaitait que la Turquie soit impliquée dans l’importation de gaz israélien vers l’Europe, affirmant qu’il y avait eu « quelques progrès » sur la question dans le passé, et suggérant une nouveau projet qui impliquerait Ankara.

De droite à gauche : Au premier rang, le ministre de l’Énergie Yuval Steinitz, le ministre grec de l’Énergie Kostis Hatzidakis et le ministre chypriote de l’Énergie Yiorgos Lakkotrypis signent l’accord de gazoduc EastMed dans la capitale grecque Athènes le 2 janvier 2020, tandis qu’au dernier rang, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis et le président chypriote Nicos Anastasiades regardent. (Crédit : Haim Zach/GPO)

Le ministre de l’Énergie de l’époque, Yuval Steinitz a fait parler de lui en mars 2021 lorsqu’il a mentionné, lors d’une conférence de presse à Chypre, qu’Israël serait ouvert à une coopération avec la Turquie dans le domaine du gaz naturel.

Mais les déclarations d’Ankara ne suffiront pas à faire coopérer Israël et ses partenaires EastMed avec la Turquie sur l’exploration énergétique méditerranéenne.

Si Ankara continue d’insister pour maintenir l’accord frontalier maritime de 2019 avec la Libye qui revendique des droits économiques sur des zones que la Grèce et Chypre considèrent comme leurs zones économiques exclusives, les alliés d’Israël continueront de traiter la Turquie comme un adversaire. La Grèce affirme que l’accord Turquie-Libye ne tient pas compte de l’île de Crète, tandis que la Turquie a déjà bouleversé Chypre en envoyant des navires pour rechercher du pétrole et du gaz au large de l’île divisée.

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