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Chaim Walder, célèbre auteur haredi pour enfants accusé d’abus sexuel, s’est suicidé

Trois jeunes filles avaient déclaré le mois dernier au quotidien Haaretz que le cinquantenaire avait abusé d'elles sexuellement

Chaim Walder in 2011 (Crédit : CC BY-SA Yoninah/Wikimedia Commons)
Chaim Walder in 2011 (Crédit : CC BY-SA Yoninah/Wikimedia Commons)

Chaim Walder, un auteur populaire ultra-orthodoxe pour enfants de 52 ans, accusé d’avoir abusé sexuellement d’adolescentes, a été identifié comme l’homme retrouvé mort dans un cimetière de Petah Tikva.

Selon la police, un homme a été retrouvé lundi dans le cimetière peu avant 13 heures, avec des blessures par balle. Des informations de presse indiquent que la dépouille a été retrouvée à côté de la tombe de son fils Meir Zvi, décédé d’un cancer en 2019 à l’âge de 28 ans.

Selon les premières informations, Walder se serait suicidé. Il était apparemment porté disparu depuis dimanche.

La nouvelle de sa mort a envoyé des ondes de choc dans le monde haredi. Ses livres de la série Kids Speak étaient un pilier pratique pour de nombreux enfants ultra-orthodoxes.

Le mois dernier, trois jeunes filles ont déclaré au quotidien Haaretz qu’il avait abusé d’elles sexuellement.

Dimanche, un tribunal rabbinique de Safed avait entendu 22 témoignages de personnes alléguant des abus sexuels de la part de Walder à l’encontre de filles qui étaient venues le consulter au fil des ans, élargissant considérablement les allégations déjà portées à son encontre.

Chaim Walder en 2009 (Crédit : CC BY-SA 3.0)

Selon l’une de ces accusatrices, Walder, qui était aussi rabbin et éducateur, aurait commencé à la séduire lorsqu’elle a lui avait été confiée dans le cadre de son travail social, à l’âge de douze ans, il y a environ 20 ans. Il avait d’abord complimenté la pré-adolescente avant d’abuser sexuellement d’elle. Lorsqu’elle avait eu ses premières règles, à l’âge de 13 ans, Walder lui avait dit qu’un tel événement devait être célébré et il avait eu des relations sexuelles avec elle dans un hôtel de Ramat Gan. Elle avait déclaré au journal avoir été traumatisée et avoir pleuré.

Ces relations sexuelles étaient hebdomadaires, avait dit la femme, et elles avaient même parfois lieu plusieurs fois par semaine. Ressentant un fort dégoût à l’égard du thérapeute, soucieuse que ces relations sexuelles se finissent au plus vite, le statut de ce prédateur présumé et leurs conversations – il la traitait en adulte durant leurs discussions – avaient néanmoins placé la jeune fille sous son emprise. Elle avait finalement rompu tout lien à l’âge de 16 ans. Plusieurs proches de la victime présumée ont confirmé à Haaretz qu’elle leur avait fait part des détails de ce qui était arrivé dans le passé.

Une autre femme a indiqué au même journal que Walder avait commencé à avoir des relations sexuelles non-désirées avec elle à l’âge de 15 ans, il y a également environ vingt ans, à de multiples occasions.

Une troisième a affirmé avoir été sexuellement abusée alors qu’elle suivait une thérapie lorsqu’elle avait une vingtaine d’années. Elle avait ultérieurement porté plainte mais le dossier avait été clos en raison d’un manque de preuves.

Les avocats de Walder avaient alors indiqué que ce dernier rejetait les accusations proférées à son encontre « avec écœurement ».

Ils ont évoqué « des accusations mensongères ancrées dans des contre-vérités éhontées » qui s’apparenteraient à une « diffamation de sang », ajoutant : « Elles ne méritent pas de réponse et elles ne représentent en rien la réalité ».

Ils ont affirmé que Walder était pris pour cible en raison de son travail d’aide aux enfants ayant subi des violences et d’autres abus, disant « qu’en résultat, certains s’unissent aujourd’hui pour lui porter préjudice ».

Ils ont précisé que leur client avait été soumis au détecteur de mensonges et que cet examen avait joué en sa faveur, l’appareil ayant établi qu’il était sincère.

Yehuda Meshi-Zahav, co-fondateur de la ZAKA, s’exprime lors d’une conférence à Jérusalem, le 7 mars 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Ces accusations proférées contre Walder suivent la disgrâce précipitée d’une autre personnalité ultra-orthodoxe saluée, Yehuda Meshi-Zahav, qui a tenté de mettre fin à ses jours suite à de nombreuses accusations de viol et d’abus sexuels. Meshi-Zahav, fondateur des services d’urgences de ZAKA et connu pour son travail social, avait laissé une note dans laquelle il niait toutes ces accusations.

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